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Ce que l'on sait des négociations prévues aujourd'hui entre Israël et le Liban à Washington

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/14 - 14:41 501 مشاهدة

Lueur d'espoir ou une énième désillusion pour les Libanais ? Ce mardi s'ouvrent à Washington des discussions entre Beyrouth et Tel-Aviv alors que les bombardements israéliens sur le Liban ont fait plus de 2 000 morts depuis début mars. L'objectif affiché : trouver un terrain d'entente pour arrêter les combats, alors que Tsahal a lancé une vaste invasion dans le Sud-Liban ces derniers jours. Selon un responsable du département d'État américain, cité par Axios, ces discussions "s'inscrivent dans le cadre du dialogue en cours visant à garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d'Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique", estimant qu'"Israël est en guerre contre le Hezbollah, pas contre le Liban" et qu'"il n'y a donc aucune raison pour que ces deux pays voisins ne se parlent pas".

Sous la médiation américaine, représentée par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, son conseiller Michael Needham et l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, les deux ambassadeurs israéliens et libanais, Yechiel Leiter et Nada Hamadé Mouawad, seront présents pour trouver un terrain d'entente. Officiellement en guerre depuis le 15 mai 1948, quelques heures après la création d'Israël, les deux pays n'ont jamais fait redescendre la pression. Si un accord de paix a bien été signé en 1983, il n'a jamais été effectif. Depuis les accords d'Oslo en 1993, cette rencontre à Washington est la plus élevée à avoir lieu entre Israël et le Liban.

Des négociations qui ne font pas l'unanimité

L'organisation de ces discussions à Washington a été compliquée à mettre en place. De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a catégoriquement refusé la mise en place de négociations directes. Cette réunion entre les deux ambassadeurs est donc une première étape dans ces potentiels pourparlers de paix. Côté libanais, le président Joseph Aoun et son Premier ministre Nawaf Salam espèrent la conclusion d'un cessez-le-feu avec Israël, afin d'entamer un processus de négociations de paix plus large.

Mais le Hezbollah, soutenu par le président du parlement Nabih Berry, s'est fermement opposé à la tenue de la réunion, qu'il qualifie de "futile" par la voix de son chef Naïm Qassem. Samedi, un rassemblement pro-Hezbollah à Beyrouth a demandé l'annulation de cette rencontre, ciblant particulièrement le Premier ministre libanais. L'homme de 72 ans a même reçu des menaces du régime iranien. Dans un message posté sur X, le conseiller principal du chef suprême iranien, Ali Akbar Velayati, a prévenu qu'"ignorer le rôle de la résistance et du Hezbollah exposerait le Liban à des risques irréparables pour la sécurité".

"Nous sommes complètement coincés"

Si la tenue de ces négociations marque une première étape symbolique, rien ne permet de garantir qu'un terrain d'entente soit trouvé. Benyamin Netanyahou conditionne la signature d'un accord au désarmement complet du Hezbollah. S'il est affaibli depuis les affrontements avec Israël qui ont débuté le 2 mars, son poids politique et militaire au Liban reste conséquent et le Liban n'a pas les moyens, aujourd'hui, de le forcer à poser les armes. D'ailleurs, l'accord signé entre les deux pays en novembre 2024, pour mettre fin aux combats à la frontière entre les deux pays, le prévoyait déjà, sans succès. Autre exigence israélienne, l'installation d'une zone tampon dans le sud du Liban, où l'armée israélienne s'est installée pour combattre la milice chiite.

L'issue de cette rencontre à Washington est intimement liée à la situation en Iran. Alors que le pays est engagé dans de fragiles négociations avec les États-Unis, il a fait de l'arrêt des combats au Liban l'une de ses conditions pour signer un accord. Mais le soutien iranien au Hezbollah bloque la situation libanaise. "Puisque le Hezbollah ne remettra jamais ses armes par le biais d'un dialogue national, à moins que le régime iranien ne chute, nous sommes complètement coincés", estime, dans son édito publié dimanche, le rédacteur en chef du quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour, Anthony Samrani, pessimiste. Coincé entre Israël, le Hezbollah et l'Iran, le Liban peine à trouver le pouvoir de négocier une paix durable.

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