Badminton : «Il y a plein de choses qui ne vont pas»… Quand Thom Gicquel et Delphine Delrue tirent à boulet rouge sur la Fédération internationale Par Cédric Callier Publié le 14/08/2026 à 08h00 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Thom Gicquel Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 6 min 5 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Thom Gicquel et Delphine Delrue Abaca / Icon Sport Avant les Championnats du monde à New Delhi (17-23 août), le double mixte français, médaillé de bronze il y a un à Paris, évoque les futures évolutions de leur sport, loin d’aller dans le bon sens selon lui. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Sur ces Championnats du monde à New Delhi, comment pouvez-vous faire mieux que la médaille de bronze décrochée il y a un an à Paris ? Delphine Delrue : (Elle réfléchit) Comment on peut faire mieux que médaille de bronze… Thom Gicquel : C’est compliqué de faire mieux parce qu’évidemment, faire mieux, cela revient à atteindre la finale. Donc il faudra être prêt à franchir le cap de la demi-finale, mais il y a quand même trois matches avant. Or, dans notre manière de fonctionner, on est beaucoup plus match par match. Maintenant, si on atteint cette très hypothétique demi-finale, je pense qu’on y aura plus de clés. On avait peut-être été un peu timides l’année dernière. Je pense que si cela se reproduit, on va vouloir plus et ça, c’est important à mon avis. Mais avant cela, il y a une longue semaine à franchir et c’est difficile de parler de cette demi-finale pour l’instant… Passer la publicité Publicité On avait beaucoup souligné à l’époque le côté historique de cette médaille de bronze. L’aviez-vous vécu de la même manière ? D. D. : Faire notre première médaille mondiale devant la famille et le public français, c’était un moment assez incroyable. Je pense qu’on n’en a pas assez profité sur le coup parce qu’on était repartis direct en tournoi. Je ne sais pas si on l’a vécu comme quelque chose historique, mais pour nous, c’était notre objectif et on était hyper fiers de l’avoir accompli. T. G. : Moi, j’ai vécu ça comme quelque chose d’historique, effectivement. Hongyan Pi était la première, mais nous, c’était 15 ans après, donc on avait un petit peu oublié ce qu’elle avait réalisé. C’était chouette et effectivement, le fait que ce soit à Paris, cela a décuplé le plaisir. C’était aussi une manière de boucler les JO 2024 qui avaient été plutôt une déception pour nous. Delphine Delrue Xinhua / Icon Sport Un an après, êtes-vous là où vous pensiez être, où vous vouliez être ? D. D. : Je ne sais pas si on est là où on voudrait être. D’un côté, j’ai envie de dire oui. Mais de l’autre, en vrai, notre objectif cette année était de rentrer dans le top 4 mondial. L’année n’est pas finie, donc on a encore une chance d’y arriver (ils sont 5es avant ces Championnats du monde). De même, on n’a pas encore gagné un gros tournoi cette année, ce que nous voulions faire. Pourquoi pas le faire à l’occasion de ces Championnats du monde ? T. G. : Je pense qu’on est bien plus stable en termes de niveau de jeu. Sur les trois derniers tournois Super 1000, on fait une finale et deux demies. On est plus calme aussi après une contre-performance, au sens où elles sont plus rares et on sait que ça n’impacte pas forcément la semaine ou le jour d’après. C’est une vraie satisfaction d’être plus mature par rapport aux résultats qu’on a. Avant, on avait vraiment un style de jeu et on n’arrivait pas trop à switcher sur d’autres, alors que maintenant, on arrive à en jouer plusieurs à un très bon niveau. Delphine Delrue Qu’est-ce qui évolue encore dans votre association, qui a débuté il y a dix ans ? D. D. : Je pense qu’on progresse encore tous les deux. Déjà techniquement, on arrive à amener de nouveaux coups dans notre jeu. Du coup, ça entraîne des nouveaux enchaînements à deux. J’estime que nous avons aussi plus de cordes à notre arc. Avant, on avait vraiment un style de jeu et on n’arrivait pas trop à switcher sur d’autres, alors que maintenant, on arrive à en jouer plusieurs à un très bon niveau. Et comme l’a dit Thom, je pense qu’on est quand même plus serein mentalement, on sait plus ce qu’on veut et on arrive à l’assumer davantage. Passer la publicité Publicité Sentez-vous qu’aujourd’hui, le badminton français est plus reconnu au niveau international, qu’il pèse davantage ? T. G. : Oui, lors de l’Open de Chine, ils connaissaient notre prénom ! (rires) D. D. : Ils arrivent avec nos photos. T. G. : Plus sérieusement, je pense que les contrats ne sont plus du tout les mêmes. Ça, c’est chouette et je pense que les jeunes arrivent à prendre beaucoup plus d’argent. Les marques sont derrière nous. Au niveau des instances, en revanche, je pense qu’on n’y est pas encore. Sans compter que le joueur de bad n’a aucun poids auprès des instances. Mais ça, ce n’est pas valable que pour les joueurs français. Il y a bien une association des joueurs, mais elle est complètement inutile. En fait, comme notre sport est dominé par une culture asiatique, et que ce n’est pas dans leur culture de se plaindre ou de dire les choses qui ne vont pas, on suit le mouvement. Souvent, ce sont nous ou les Danois qui nous plaignons en cas de problème. Mais tant que les joueurs asiatiques ne se révoltent pas, et ils ne vont jamais se révolter, nous n’exercerons aucune influence sur les décisions prises par les instances. Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas d’histoire autour des joueurs, qu’on ne les connaît pas, qu’il n’y a rien si on compare au storytelling du tennis. Thom Gicquel Vous pensez à quoi, au calendrier par exemple ? T. G. : Il y a plein de choses. Le changement de règle par exemple. En 2027, on passera à des sets en 15 points gagnants. Si on avait demandé l’avis global des joueurs, cela aurait été non, très clairement. Je pense qu’ils se posent des mauvaises questions. En Europe, si on leur demande pourquoi il n’y a pas une meilleure exposition du bad’, leur réponse est que c’est trop long des sets en 21 points. Alors que ce n’est pas du tout ça la raison. Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas d’histoire autour des joueurs, qu’on ne les connaît pas, qu’il n’y a rien si on compare au storytelling du tennis. Sauf que ça, c’est juste qu’ils réfléchissent mal. Il y a plein de choses qui ne vont pas et on n’a pas du tout de voix. Par exemple, nous, on avait dit des choses par rapport à ce changement de scoring. Ils nous avaient filmés avant le vote. Et comme on avait été plutôt négatifs... D. D. : On n’était pas apparus. Ils n’avaient mis que ceux qui étaient en accord. Pourtant, on avait fait un long argumentaire. Thom Gicquel Xinhua / Icon Sport Passer la publicité Publicité Pour quelle raison n’êtes-vous pas d’accord avec cette règle de 15 points gagnants par set ? T. G. : Déjà, parce que c’est juste une mauvaise réponse. On perd du temps à changer ça. En plus, c’est une année avant les Jeux. D. D. : Oui, le timing est très mauvais. T. G. : De deux, il y a des salles qui sont très compliquées en Asie, où il est déjà très difficile de créer du jeu. Si en plus, on réduit les sets, il y aura des matchs de 20 minutes en double qui ne vont ressembler à rien. Et désolé, je change de sujet, mais si je prends les Super 1000 qui vont passer à une durée de 10 jours, sur le papier, cela pourrait être intéressant. Sauf que c’est seulement pour accueillir plus de joueurs de simple. D. D. : Nous, en double, on pourra se retrouver avec un match de 20 minutes en trois jours. T. G. : Contrairement au ping-pong et au tennis où il n’y a que le simple qui compte, tu peux raconter l’histoire du badminton en disant que c’est le seul sport où il y a cinq catégories qui ont autant de valeur. Et ce qu’ils font, en changeant les cinq plus gros tournois de la planète pour mettre plus de joueurs en simple, c’est d’affirmer que le simple est plus important. Donc la seule chose qu’on pouvait vendre en Europe, elle n’est plus vendable. Ce sont juste des choses comme ça que je ne comprends pas. Elles ne sont pas expliquées et elles ne sont pas soumises à nos avis. Mais peut-être que si on était chinois, on aurait plus d’importance. Sauf qu’en fait, on ne dirait rien (sourire).
المصدر: Le Figaro
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