Une mère ingénieure, «engagée» dans l'État islamique, condamnée à 12 ans de réclusion
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Une mère ingénieure, «engagée» dans l'État islamique, condamnée à 12 ans de réclusion Par Le Figaro avec AFP Le 10 juin 2026 à 21h23 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Etat islamique terrorisme Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Camille F., 45 ans, comparaissait depuis lundi pour «association de malfaiteurs terroriste» et soustraction à ses obligations légales «compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation» de ses enfants. sebra / ADOBE STOCK Cette docteure en épidémiologie, adepte de la gymnastique artistique, qui avait quitté un travail d’ingénieure pour vivre pleinement sa foi musulmane, a confessé sa «honte» et sa «culpabilité». Passer la publicité Passer la publicité Publicité Après une enfance «heureuse» et des études scientifiques brillantes, Camille F. a rejoint le groupe État islamique (EI) en 2013 et son mari combattant, avec leurs trois enfants. Mercredi, elle a été condamnée à une «peine lourde» de 12 ans de réclusion criminelle. Le président de la cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé en 2015, avaient «choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre». «La peine est lourde, j'en conviens, mais vous avez encore besoin de prise de conscience des faits que vous avez commis, et leurs conséquences pour la société et pour vos cinq enfants particulièrement», a argué le président, qui n'a pas trouvé «opportun de fixer une période de sûreté», car il n'y a «pas d'éléments de dangerosité». Il a en revanche relevé que Camille F. avait eu du mal à «reconnaître» devant la cour «son adhésion aux thèses salafo-djihadistes » de l'EI. Passer la publicité Publicité L'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion, assortis d'une période de sûreté des deux tiers. Après l'énoncé du verdict, Camille F., cheveux tirés et relevés par une pince, s'est assise et a pris sa tête entre ses mains sans retenir ses larmes, face à ses proches, eux aussi abattus: son père, sa mère, son frère, sa sœur et ses deux enfants aînés, venus la soutenir pendant les trois jours du procès. Camille F., 45 ans, comparaissait depuis lundi pour «association de malfaiteurs terroriste» et soustraction à ses obligations légales «compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation» de ses enfants. Son mari était poursuivi des mêmes crimes et délits connexes. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion. «Je souhaite demander pardon à mes cinq enfants de leur avoir fait vivre un enfer et (de les avoir) exposés à une mort certaine», avait dit, en pleurs, Camille F. à l'issue des plaidoiries. «Cadre intermédiaire» Au premier jour de son procès, cette docteure en épidémiologie, adepte de la gymnastique artistique et passionnée de flûte traversière, qui avait quitté un travail d'ingénieure à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire pour vivre pleinement sa foi musulmane, a confessé sa «honte» et sa «culpabilité». Les experts qui se sont succédé lors du procès ont tous évoqué une femme intelligente dans «la partie haute de la norme», au fort caractère. Après un grave accident de moto - «un point de bascule» ont relevé les experts -, elle rencontre en 1999 Sylvain M. qui comble ses «failles narcissiques» et avec qui elle développe une «dépendance affective et émotionnelle», d'après l'expert-psychiatre. À peine mariés en 2005 à l'église, Sylvain M., technicien chez Air France, est déjà en train de se convertir à l'islam, se radicalisant rapidement quand Camille F. découvre l'islam dans un «cheminement personnel». Le couple s'installe avec ses trois enfants en Jordanie à l'été 2012 puis en Égypte. Mère et fille portent le niqab (voile intégral), les enfants prennent des cours d'arabe, coraniques et de mathématiques. En septembre 2013, Sylvain M., part en Syrie dans un camp d'entraînement et Camille F., enceinte, le rejoint deux mois plus tard avec leurs enfants de 10, 7 et 2 ans. «Incapable de vivre» sans son mari, elle préférait être «à ses côtés même s'il avait envie de combattre». Il meurt au combat au printemps 2015. Passer la publicité Publicité «En mode survie», elle se remarie avec un haut fonctionnaire syrien avec qui elle a un fils en 2017. Elle travaille contre salaire dans une maternité où elle fait des statistiques, une fonction importante au sein de l'EI, affirme la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Dans son verdict, la cour n'a pas considéré qu'elle avait été «un haut cadre» mais simplement «un cadre intermédiaire», estimant toutefois qu'être rémunéré «au service de l'État islamique n'est pas anodin», et même constitue la preuve d'un «ancrage dans l'idéologie mortifère» du groupe. Avec son second mari et ses cinq enfants, Camille F. a fui les bombardements, jusqu'à la mort de son second époux, en février 2019. Selon la DGSI, ses enfants ont été confrontés quotidiennement à la violence, rappelant que «153 enfants français sont morts sous le règne du groupe Etat islamique». Aujourd'hui, les deux aînés, majeurs, vivent avec leurs grands-parents maternels, les trois plus jeunes, mineurs, ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance.




