Un million d’euros de fonds européens ont été dépensés pour affamer une espèce de fourmi en Guadeloupe
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Un million d’euros de fonds européens ont été dépensés pour affamer une espèce de fourmi en Guadeloupe Par Le Figaro avec AFP Le 22 mai 2026 à 14h21 Sujets Fourmis Guadeloupe Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Comment affamer une fourmi pour sauver des récoltes? En Guadeloupe, la Région et deux partenaires ont lancé une expérimentation inédite pour éradiquer la fourmi manioc, un ravageur invasif qui prolifère en l’absence de tout traitement chimique depuis plus de vingt ans. Passer la publicité Passer la publicité Publicité La fourmi manioc, de son nom scientifique Acromyrmex octospinosus, ne dévore pas les plantes : elle les découpe pour nourrir un champignon qu'elle cultive dans son nid. Ce champignon symbiotique est l'unique source de nourriture de la colonie, organisée autour d'une reine. C'est cette dépendance que cible le projet Pelao, pour «Projet expérimental de lutte contre l'Acromyrmex octospinosus», lancé par la Région Guadeloupe, la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) et le Centre technique de la canne à sucre. Passer la publicité Publicité L'expérimentation lancée sur 200 exploitations de Guadeloupe teste «une solution de biocontrôle, 100% naturelle, qui s'attaque uniquement au champignon cultivé par la fourmi et dont elle se nourrit», a détaillé lors d'une présentation du projet Thomas Cély, technicien de la Fredon. Inhibé, le champignon meurt en quatre mois et la colonie s'éteint par famine. Un insecte qui ravage tout sur son passage «Cette espèce exotique envahissante n'a pas de régulation naturelle, ni de produit chimique autorisé pour en venir à bout», explique Christina Jacoby-Koaly, directrice de la Fredon. Introduite accidentellement dans les années 1950, la fourmi prolifère sans entrave depuis l'interdiction des pesticides chimiques toxiques, au début des années 2000. Privés de solution, les agriculteurs assistaient impuissants à la destruction de leurs cultures. «Elle touche quelque 30 cultures destinées au marché local, avec une perte de rendement moyenne de 15%, jusqu'à 40% dans certaines exploitations», ajoute Mme Jacoby-Koaly. «On déclenche ce programme maintenant car le niveau de recherche sur le sujet est désormais mature», affirme Myriam Saint-Cirel, directrice du département «croissance verte» à la Région Guadeloupe. Passer la publicité Publicité De grandes attentes Un million d'euros, financés par des fonds européens, ont été engagés sur le projet. Les premiers résultats sont attendus d'ici la fin de l'année. Dans la profession, l'expérimentation suscite un vrai enthousiasme. «Je ne sais pas si ça va réussir mais il faut encourager ce projet», a confié à l'AFP Joël Nelson, président d'une association d'agriculteurs du Sud Basse-Terre, dont l'exploitation de cacao est décimée par l'insecte. Les attentes restent fortes malgré les incertitudes. La fourmi a, par le passé, montré de remarquables capacités d'adaptation, y compris à des changements de régime alimentaire.



