La plus grande colonie de phoques de France importunée par le sans-gêne des touristes : les bénévoles veillent au grain Par Le Figaro avec AFP Publié le 12/08/2026 à 10h15 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Hauts-de-France Phoque Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 4 min 10 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Une colonie de phoques communs. Carola Vahldiek - stock.adobe.com Observer les phoques, mais pas de trop près : à la belle saison sur les côtes des Hauts-de-France, agents et bénévoles sensibilisent les touristes au besoin de tranquillité de ces mammifères marins, une attraction majeure dans certaines stations balnéaires de la région. Passer la publicité Passer la publicité Publicité À quelques centaines de mètres des serviettes de plage et parasols, des dizaines de phoques se prélassent dans la baie d'Authie, près de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). Devant une langue rocheuse séparée des animaux par un petit bras de mer, des agents du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale patrouillent pour veiller à leur bien-être. Passer la publicité Publicité Les recommandations pour ne pas déranger les phoques «Si le phoque lève la tête et nous regarde, on le dérange», explique à quelques touristes attentifs Sophie Lebrun, inspectrice de l'environnement au sein du parc naturel. Elle distribue des marque-pages où sont découpées des œillères: «Il faut tendre le bras, et si on ne voit pas le phoque à travers le trou, on est trop près». Les phoques «vivent avec les marées», et «à marée haute, ils chassent, à marée basse, ils se reposent». Or, si l'un d'eux est dérangé à ce moment-là, «il va prendre peur et décider de repartir à l'eau», ce qui peut «perturber son cycle de repos», poursuit-elle. Au début de l'été, l'affluence touristique coïncide aussi avec la saison des naissances chez les phoques veaux marins, et leur dérangement peut donc «engendrer une séparation mère-petit», souligne encore Mme Lebrun. Les spécialistes préconisent donc de rester à 300 mètres à pied et à 100 mètres en bateau minimum, et d'utiliser des jumelles, longues-vues ou zooms pour les photos. Mettre en place des îlots de tranquillité Un peu plus loin, dans la baie de Somme, des bénévoles de l'association Picardie Nature ont délimité avec des cônes et des panneaux plantés dans le sable un périmètre pour garantir la tranquillité des phoques. Passer la publicité Publicité Cette partie du littoral en abrite la colonie la plus importante de France : 400 à 700 phoques veaux marins et jusqu'à 500 phoques gris, selon les estimations. Les mesures pour éviter de les déranger se multiplient. Cet été, Fort-Mahon-Plage est ainsi devenue la première commune picarde à adopter des «îlots de tranquillité» pour eux. Concrètement, dès lors qu'un phoque isolé est repéré, un périmètre est rapidement déployé afin de faciliter sa prise en charge, explique Chloé Druaux, chargée d'études sur les mammifères marins à Picardie Nature, qui espère que ce protocole puisse être élargi à d'autres communes. Une charte de bonnes pratiques a aussi été signée par «100% des professionnels du tourisme» qui proposent des tours de bateaux près des phoques, selon Nicolas Jannic, chargé de mission au parc naturel marin. «Il y a de plus en plus d'outils qui permettent aux professionnels de cadrer la manière dont ils travaillent», se félicite-t-il. L'enjeu est de taille, car le tourisme estival augmente dans les Hauts-de-France. En 2025, près de 11 millions de nuitées estivales ont été enregistrées, soit 6,7% de plus qu'en 2024. Passer la publicité Publicité Le réchauffement climatique pourrait aussi attirer davantage de vacanciers dans cette région où les chaleurs estivales sont généralement moins étouffantes qu'ailleurs. À lire aussi Sur cette île australienne, 13.000 petits d’éléphants de mer sont morts Beaucoup d’informations et de désinformation «On constate qu'il y a de plus en plus d'activités qui se développent autour des phoques», comme des sorties en baie, témoigne aussi Chloé Druaux. D'après elle, se diffusent en parallèle «beaucoup d'informations et de désinformation sur les réseaux sociaux avec, malheureusement, des images qui sont prises trop proches, et sans aucun contexte» et qui peuvent donner envie à certains de s'approcher des phoques. Cindy Potez, une touriste de 40 ans venue de Belgique avec ses enfants à Berck-sur-Mer, voit d'un bon œil les mesures de sensibilisation, «normales» selon elle car «il faut respecter le territoire de chaque bête». Les agents du parc naturel ont le pouvoir de verbaliser ceux qui dérangent les phoques. C'est «rare», mais cela peut arriver, notamment en cas de récidive, selon Mme Lebrun. Les agents du parc et de Picardie Nature ont par ailleurs lancé une analyse de terrain pour mieux comprendre les différentes sources de dérangement des phoques, dont les premiers chiffres doivent être dévoilés dans les prochains mois, selon Chloé Druaux. En parallèle sera scrutée l'ampleur de l'impact des grands chalutiers de pêche sur la tranquillité des mammifères, «avérée» mais difficile à mesurer, précise M. Jannic.
المصدر: Le Figaro
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