Pédocriminalité : « Pas de la justice, de la mise en scène »… Les méthodes de Finnyzyy critiquées par des associations
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
.alst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.ducls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en Ukraine01:58 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 15/05/2026 à 17h19 • Mis à jour le 15/05/2026 à 17h19 Après le buzz, le bad buzz. Finnyzyy, le streamer de 21 ans qui a piégé en direct Dominique B., un ancien cadre du sport scolaire à Vesoul (Haute-Saône), en se faisant passer pour une collégienne de 14 ans grâce à l’IA, voit son approche de plus en plus décriée. Ses lives viraux, suivis par des dizaines de milliers de personnes, sont critiqués par d’autres chasseurs de pédocriminels et par des associations de protection de l’enfance, qui jugent ses méthodes spectaculaires mais risquées pour les enquêtes en cours. Dans un communiqué, Homayra Sellier, présidente d’Innocence en Danger, dénonce son « irresponsabilité » : « Exposer publiquement le visage et le nom d’un individu avant toute procédure sérieuse ne relève pas de la justice, mais de la mise en scène. » Elle met en garde contre les risques de ces méthodes : un pédocriminel repéré « peut effacer des conversations, supprimer des fichiers ou même disparaître avant l’intervention des autorités. » Pour elle, il existe « une différence fondamentale entre agir avec rigueur et jouer au justicier devant une caméra. » Et d’insister : « La discrétion, la patience et la coopération avec les enquêteurs sont des principes essentiels. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est efficace. » D’autres associations, qui travaillent dans l’ombre depuis des années, partagent ces réserves. Neila Moore, présidente de Team Moore, association qui se définit comme pionnière en France dans la lutte contre la pédocriminalité en ligne depuis 2019 et forte d’une cinquantaine de bénévoles, préfère ne pas commenter directement l’action de Finnyzyy. Elle insiste en revanche sur l’approche rigoureuse mise en place par son équipe. « On va utiliser une démarche qui respecte la législation française. Le but est de ne pas créer des vices de procédure qui pourraient nuire à des enquêtes », explique-t-elle. Les membres de l’association créent des profils d’enfants virtuels âgés de 11 à 13 ans, en utilisant des photos générées par IA à partir de leurs propres visages rajeunis. « On ne fait jamais de provocation ni d’incitation, poursuit Neila Moore. C’est le prédateur qui entame la conversation et qui fait les propositions sexuelles. Jamais on n’acquiesce à ses demandes, car cela pourrait être considéré comme une provocation à l’infraction. » « Nous ne sommes pas aux États-Unis ni en Angleterre, les lois en France sont différentes », poursuit la présidente de Team Moore. « En aucun cas nous ne diffusons les contenus de la conversation ni l’identité du prédateur, pour ne pas être attaqués pour atteinte à la vie privée. C’est un point très important dans notre législation. » Florian, président fondateur de Team Eunomie, une autre association qui lutte contre la cyber-pédocriminalité, insiste lui aussi sur la nécessité d’un cadre strictement légal. « On agit selon ce que la loi impose : pas d’incitation au délit, pas de divulgation d’informations personnelles, et une protection des données RGPD, même pour les pédocriminels. On est obligé, sinon on serait passible de sanctions », explique-t-il. L’association refuse catégoriquement de mener ses opérations en live. « C’est quelque chose qui peut amener à la destruction de preuves. Car la personne, si elle l’apprend, peut vouloir effacer ou faire disparaître des éléments », souligne Florian. Il met également en garde contre un risque plus grave : « C’est aussi mettre en danger la vie d’enfants », notamment si un prédateur s’en prend à une victime réelle avant d’être arrêté. Tous les bénévoles doivent signer une charte par laquelle l’association se réserve le droit de porter plainte contre quiconque outrepasserait les règles. Selon Florian, l’action de Team Eunomie a déjà permis d’obtenir 169 condamnations. De son côté, Neila Moore met elle aussi en avant les résultats concrets de son équipe : « En sept ans d’existence, nous avons transmis près de 700 dossiers dans 15 pays différents, principalement en France métropolitaine. Ces signalements ont permis l’ouverture de centaines d’enquêtes, d’arrestations et de condamnations, et surtout l’identification de nombreuses victimes. » L’association entretient de très bons rapports avec les magistrats, les policiers et les gendarmes. « Nous collaborons déjà avec les autorités, mais nous demandons une collaboration officielle et un agrément pour pouvoir aller plus vite », explique-t-elle. Elle cite l’exemple de l’Angleterre où « 50 % des arrestations de pédocriminels sont réalisées grâce à des citoyens ordinaires. » Face à ces critiques, l’association 211 Organisation, à laquelle appartient Finnyzyy, monte au créneau et défend l’usage de l’intelligence artificielle. Dans un communiqué, elle affirme que l’IA « ne crée pas l’intention, mais la révèle » : « Nous n’incitons à aucune infraction, nous documentons et nous transmettons les éléments aux autorités. » L’organisation n’évoque en revanche pas les critiques portant spécifiquement sur la diffusion en direct des opérations, point le plus contesté par les autres associations. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM



