« On n’a aucun problème d’insécurité ici, mais la peur est là » : dans les Landes, la gauche s’inquiète de l’essor silencieux du RN
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Le cinéma Art déco de Morcenx (Landes), en 2019 CORENTIN LE GALL/ALAMY/HEMIS Jean Jaurès, Aristide Briand, François Mitterrand : sur la place centrale de Morcenx-la-Nouvelle (Landes), les bâtiments communaux portent fièrement leurs racines socialistes. L’imposante Bourse du travail, qui côtoie le cinéma et la mairie, dans le même style post-Art déco, a longtemps abrité une très importante section CGT des mineurs et des électriciens. Dans ce bourg de 5 200 habitants, où la tradition ouvrière landaise est encore très présente, l’équipe municipale socialiste, réélue à 61,8 % au premier tour en mars, est pourtant inquiète. Depuis la percée historique de ses candidats aux élections européennes et législatives de 2024, le discours du Rassemblement national (RN) s’insinue dans les discussions des administrés. Un constat unanime des élus dans tout le département. « C’est un vote qui n’est incarné par personne ici. Mais on sent une avancée silencieuse », assure Jérôme Baylac, président de la communauté de communes du Pays morcenais. Les résultats des municipales décrivent encore très partiellement la menace. Aucun maire RN n’a remporté le scrutin. Les listes ornées de la flamme n’ont été visibles que sur deux communes sur 327 où quatre conseillers municipaux ont été élus : à Mont-de-Marsan, la ville préfecture, et à Saint-Julien-d’Armagnac, petit village de l’est du département. « Le RN est en train de poser les premières briques », se félicitait, le 4 avril, dans Sud Ouest, Loïc Bacuet, le délégué départemental du parti de Marine Le Pen qui n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde. Il vous reste 80.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



