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Nice : deux policiers condamnés pour «violences en réunion» après le «lynchage» d’un jeune homme de 23 ans

سياسة
Le Figaro
2026/06/01 - 19:22 501 مشاهدة
Nice : deux policiers condamnés pour «violences en réunion» après le «lynchage» d’un jeune homme de 23 ans Par Jacques Paugam et Lise Tavelet, Le Figaro Nice Le 1 juin 2026 à 21h27 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Suivre Sujets violence policier CRS vol Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. 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Pendant chacune de ces durées, ils ont également l’interdiction de détenir une arme. Une condamnation vécue comme un «véritable soulagement» pour la jeune victime, 23 ans, sortie de la salle d’audience sous les applaudissements de ses proches venus le soutenir. Quelques heures plus tôt, le réquisitoire de la procureur de la République de Nice laissait déjà peu de doute quant à l’entrée en voie de condamnation du tribunal. Le visage fermé, les deux prévenus écoutent, immobiles, alors que la magistrate, ancienne commissaire de police, évoque d’emblée et avec force la « trahison » de l’uniforme reprochée aux deux fonctionnaires de police mobilisés au sein de l’unité CRS 81 en cette nuit du 18 avril, à Nice - bien qu’ils n’étaient pas en service ce soir-là. Coups de poing, tirage au sol par les cheveux… Le vingtenaire aura été l’objet d’un « véritable lynchage », dénonce la procureure qui fait état d’une « certaine colère » de sa part au moment du réquisitoire. Passer la publicité Publicité «Je ne comprenais pas ce qu’il se passait» Devant la présidente des débats, dans la moiteur d’une salle pleine à craquer du tribunal correctionnel de Nice, le plaignant, lui, acquiesce, cherche ses mots, se tourne sans cesse vers son avocat comme gêné d’être là. Âgé de 23 ans, chauffeur-livreur de son état et inconnu des services de police, le jeune homme dit « ne pas avoir compris ce qu’il se passait » cette nuit-là, alors qu’il rentrait chez lui, également en état d’ivresse, dans le quartier réputé sensible de l’Ariane. À lire aussi Mort d’Aboubacar Fofana à Nantes : l’ex-CRS auteur du tir mortel est sorti de prison La scène filmée par des caméras de sécurité puis par un témoin le montre successivement être sorti sans ménagement de son véhicule par les deux policiers, s’éloigner vers un trottoir avant d’être jeté au sol puis frappé à plusieurs reprises. Quelques mots sonnent dans la salle, captés par ce voisin qui a filmé la scène alors que la victime semble appeler à l’aide : « C’est nous la police ». Même silence sur les bancs des prévenus et de la défense. «Bagarre entre personnes alcoolisées» contre «lynchage» Interrogés minutieusement par la présidente, les deux fonctionnaires disent au contraire avoir été insultés, traités de « fachos » et finalement menacés d’agression physique, les poussant «à prendre les devants». C’est ce qui aurait motivé leur réaction sous l’influence de la boisson, reconnaissent-ils, malgré des dénégations en garde à vue. Ils maintiennent néanmoins ne pas avoir voulu en découdre. « Ce sont des violences comme le tribunal en a tous les jours à juger », plaide en ce sens l’avocate de l’un d’eux. « Vous avez devant vous un jeune homme (…) qui s’est dénoncé lui-même », insiste le conseil du second prévenu. Une affaire somme toute « banale de bagarre entre personnes alcoolisées », estime-t-elle : celle d’une rixe d’abord verbale qui aurait ensuite dégénérée avant d’être montée en épingle sous la pression de la presse nationale. «Mais forcément, quand ça concerne les policiers, il faut faire les choses en grand», renchérit la robe noire. Pour l’avocat du plaignant, Me Guez-Guez, les images «parlent d’elles-mêmes» et racontent une tout autre histoire, aggravée par le statut de policiers des prévenus. «Sentiment de toute-puissance» Debout au côté de son client dont il effleure parfois l’épaule, celui-ci rappelle les critères d’exigence physique demandés pour intégrer la compagnie CRS 81, spécialisée dans le maintien de l’ordre ainsi que le devoir d’exemplarité. «Est-ce qu’on laisse ces deux individus encore servir dans la police nationale ?», fait-il mine de s’interroger. «On a une victime au sol», enfoncera la procureure quelques minutes plus tard faisant état d’une «démonstration glaçante de sentiment de toute-puissance» de la part des deux fonctionnaires. La défense conteste, elle, vouloir se servir du statut de policiers comme d’une excuse, plaidant pour des actes commis hors de tout service. Passer la publicité Publicité Au-delà de la condamnation pour ces faits de violences, «commises en réunion et en état d’ivresse manifeste», les deux hommes étaient également poursuivis pour «vol», là aussi avec ces deux mentions supplémentaires. L’un d’eux est finalement relaxé pour ces faits. Tous deux sont condamnés «solidairement» à verser 5.000 euros de préjudice moral à la victime, 9.000 de préjudice matériel et devront régler les frais d’avocat du jeune homme de 23 ans, à hauteur de 800 euros. Quant à l’interdiction d’exercer leur profession pour une durée limitée, les conseils des prévenus ont annoncé qu’ils feraient «sûrement» appel de cette peine complémentaire. La procureure avait demandé une interdiction «à vie» d’exercice de fonctions dans les polices, municipale comme nationale.
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