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Négociations avec l’Iran : J.D. Vance, l’homme clé d’un accord incertain

سياسة
L'Express
2026/04/11 - 07:25 509 مشاهدة
تحليل ذكي | AI Editorial Analysis
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En posant le pied ce samedi à Islamabad pour s'entretenir avec des responsables iraniens, J.D. Vance exauce un souhait des dirigeants encore en place à Téhéran, dont certains ont discrètement sollicité le vice-président américain pour qu'il joue un rôle de premier plan dans les négociations visant à mettre fin à la guerre, selon plusieurs sources proches du dossier.

L'Iran considère J.D. Vance comme l'une des figures les plus opposées à la guerre au sein du cercle restreint du président Donald Trump, ont déclaré un responsable régional et quatre personnes au fait des discussions. Cette réputation, forgée par son opposition aux engagements militaires prolongés à l’étranger depuis son expérience en Irak dans les années 2000, a contribué à en faire un interlocuteur jugé plus pragmatique que d’autres membres de l’entourage présidentiel. Depuis le début des tensions liées à l’Iran, il s’était également montré, en coulisses, réservé sur l’option d’une escalade militaire.

Rien n'indique toutefois que J.D. Vance adopterait une position de négociation plus conciliante que n'importe quel autre représentant envoyé par Donald Trump, qui a menacé de relancer la campagne de bombardements américains si les pourparlers échouaient. Avant son départ, le vice-président a déclaré que les États-Unis seraient prêts à négocier "de bonne foi" si l’Iran en faisait de même, tout en avertissant que toute tentative de manipulation ne serait pas tolérée. "S’ils essaient de nous manipuler, ils vont découvrir que l’équipe de négociation n’est pas réceptive", a-t-il déclaré au moment de son départ.

Opportunité ou cadeau empoisonné

Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré que la décision d’envoyer J.D. Vance au Pakistan pour les pourparlers revenait uniquement à Donald Trump, qui conserve la décision finale sur tout accord acceptable. Mais la composition même de la délégation américaine – Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président Jared Kushner – est perçue comme un choix politique à double tranchant, susceptible d’avoir des conséquences directes sur la trajectoire du vice-président.

Car si J.D. Vance est mis en avant comme le visage principal des négociations, il devient mécaniquement celui sur lequel reposera l’évaluation publique de leur succès ou de leur échec. En cas de succès diplomatique, Vance pourrait renforcer son statut d’acteur incontournable au sein du camp républicain et s’imposer comme un négociateur crédible sur la scène internationale. Mais en cas d’échec, il risquerait au contraire d’être durablement associé à un "bourbier" s'il devait être identifié comme le principal responsable politique d’un conflit déjà impopulaire et coûteux, marqué par des milliers de victimes civiles et une pression économique croissante, notamment sur l’inflation américaine. "Il y a un risque pour Vance de devenir davantage le visage de la guerre" si le résultat des négociations est mal accueilli par l'opinion publique américaine, résume Stephen Wertheim, historien et chercheur senior à la Fondation Carnegie. Une exposition d’autant plus sensible que le vice-président est régulièrement cité parmi les figures républicaines susceptibles de jouer un rôle central dans l’ère post-Trump et dans la course présidentielle de 2028.

De hauts responsables de la Maison-Blanche se sont d'ailleurs empressés de présenter J.D. Vance comme un acteur central dans les négociations avec l'Iran. "Le vice-président Vance a joué un rôle très important et essentiel dans ce dossier depuis le tout début", a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d'une conférence de presse. "Il a participé à toutes ces discussions." Vance, lui, s'est montré plus prudent, affirmant que son rôle s’est limité à quelques échanges téléphoniques, sans confirmer ni infirmer les sollicitations iraniennes à son égard.

Les Iraniens, eux, voient dans sa présence un signal politique ambigu. S’ils le perçoivent comme la figure la moins belliqueuse du trio américain, aux côtés de Steve Witkoff et Jared Kushner, ils restent confrontés à une délégation qu’ils jugent globalement peu expérimentée et marquée par une méconnaissance du dossier nucléaire, un sujet technique et hautement sensible.

De nouveaux négociateurs, le même défi

Selon un haut diplomate régional, parmi ceux qui ont plaidé pour que J.D. Vance joue un rôle de premier plan, figurait le président du Parlement iranien, Mohammad Bager Qalibaf, qui représentera l’Iran à Islamabad aux côtés du ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi. Ces dernières semaines, certains responsables de la Maison-Blanche avaient eux-mêmes désigné Mohammad Bager Qalibaf comme interlocuteur privilégié, estimant que l’ancien maire de Téhéran avait un côté pragmatique qui pourrait le rendre disposé à rechercher un accord, ont indiqué deux sources proches des discussions au sein de l’administration.

Les deux parties traiteront donc avec leurs interlocuteurs préférés. Mais c'est peut-être l'une des seules raisons d'être optimiste à l'approche des pourparlers de samedi, selon les analystes, les positions publiques des États-Unis et de l'Iran étant diamétralement opposées. Washington a notamment déclaré que tout nouvel enrichissement d'uranium par l'Iran était hors de question, tandis que l'Iran n'a pas indiqué publiquement qu'il avait le moindre intérêt à abandonner son programme nucléaire.

L'ambiance à la Maison-Blanche est au scepticisme, a déclaré un autre haut responsable américain. Lors de récentes conversations avec ses conseillers, Donald Trump semble avoir admis que le détroit d'Ormuz, plaque tournante du commerce mondial qui reste de facto fermé malgré un cessez-le-feu fragile, a peu de chances de rouvrir complètement prochainement, a déclaré le responsable. Donald Trump a déclaré jeudi dans un message publié sur les réseaux sociaux que le pétrole reprendrait rapidement son cours, sans donner plus de détails. Un fossé profond entre les parties qui laisse à penser que J.D. Vance s'est vu confier, non pas une opportunité, mais un cadeau empoisonné.

المصدر: L'Express | Source: L'Express

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