«L’économie pour les nuls» : Pigasse et Bardella s’écharpent sur l’annulation de la dette proposée par Mélenchon Par Julien Da Sois Publié le 23/08/2026 à 16h19 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Jordan Bardella Matthieu Pigasse Jean-Luc Mélenchon Dette Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 3 min 10 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Matthieu Pigasse et Jordan Bardella ont débattu sur le sujet par posts sur X interposés. François Bouchon / Le Figaro / AFP / NICOLAS TUCAT En écho aux propos du candidat LFI à la présidentielle, Matthieu Pigasse a affirmé que la dette française détenue par la BCE pouvait être annulée. Le patron du RN lui a répondu sur X, estimant qu’il racontait «n’importe quoi». Passer la publicité Passer la publicité Publicité Jean-Luc Mélenchon a trouvé en la personne du banquier d’affaires Matthieu Pigasse un soutien, notamment à son programme économique. Lors d’un débat avec Manuel Bompard aux universités d’été de LFI samedi, celui qui est aussi propriétaire de Radio Nova a affirmé que «ce que vous dites à LFI c’est possible, économiquement». En particulier l’une des propositions controversées mise sur la table dernièrement par le candidat Insoumis à la présidentielle : l’annulation d’une partie de la dette publique française. «Il y a à peu près 20 % de la dette française qui est détenue par la BCE (Banque centrale européenne, NDLR). Cette dette, elle peut être annulée», a assuré Matthieu Pigasse. Et ce, «sans aucun impact économique et sans aucun impact financier», selon le banquier, homme de gauche revendiqué. «J’en tire la conclusion qu’on a des marges de manœuvre très importantes» sur le plan budgétaire, a-t-il ajouté, alors même que cette proposition est très loin de faire consensus parmi les économistes. Passer la publicité Publicité Idem de l’autre côté de l’échiquier politique. Sur le réseau social X, le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a jugé que Matthieu Pigasse «racont[ait] n’importe quoi». «Annuler la dette détenue par la Banque de France ne donnerait pas davantage de marge de manœuvre. La Banque de France est détenue par l’État. Les intérêts versés par l’État sur la dette détenue par la Banque de France sont ensuite reversés à l’État sous forme de dividendes. Cela ne soulagerait donc en rien les finances publiques, et encore moins le coût du financement de la dette», a développé l’eurodéputé. Il estime en revanche qu’«une telle annulation pourrait inquiéter les investisseurs, qui pourraient craindre que l’État soit tenté de faire la même chose avec les créanciers privés», ajoutant qu’«il n’y a pas d’argent magique». À lire aussi Dette : la France étranglée par la flambée des taux d’intérêt «Jordan Bardella découvre la Banque de France» Le début d’une passe d’armes entre les deux hommes, Matthieu Pigasse répondant à son tour au patron du RN. «Jordan Bardella découvre la Banque de France. Mais pas encore son bilan. L’économie pour les nuls...», a-t-il ironisé. Affirmant que «près de 700 milliards d’euros de dette publique française sont détenus par l’Eurosystème», le fondateur du groupe de presse Combat a jugé que «la question n’est donc pas : “y a-t-il de l’argent magique ?”». «Qui décide de ce que nous faisons de notre argent ? Nous», a-t-il poursuivi, disant être «prêt à en débattre» avec le responsable frontiste. Jordan Bardella n’est pas le seul à s’en prendre à l’annulation de la dette avancée par Jean-Luc Mélenchon - qu’il avait déjà proposée en 2020. Gabriel Attal, patron du parti Renaissance et candidat à la présidentielle, avait déclaré la semaine dernière que «cela nous condamnerait à la plus grave crise que la France a jamais connue, [...] à ne plus pouvoir nous financer sur les marchés et donc ne plus pouvoir financer nos services publics et notre modèle social». Dans les faits, une telle mesure se heurterait en effet à des obstacles juridiques, en plus d’avoir des effets délétères sur l’économie, avec un retour de l’inflation et une grave rupture de confiance avec les investisseurs. Malgré ces effets pervers, Jean-Luc Mélenchon a persisté et signé ce dimanche, lors de son discours de clôture des universités d’été de LFI à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence, dans la Drôme. «Oui, la Banque centrale européenne peut et doit mettre au congélateur les dettes des États, en commençant par celles de la période Covid. Elle l’a déjà fait dans le passé. C’est ce que viennent de faire les États-Unis d’Amérique avant-hier pour des milliards et des milliards», a clamé le leader Insoumis à la tribune, devant une foule de partisans.
المصدر: Le Figaro
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