« Le drag est là pour casser les codes et déranger. Je n’ai pas peur de déranger », assure Malawitte
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•J’étais sous le choc.
•Je pensais vraiment rester.
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J’étais sous le choc. Je pensais vraiment rester. Du moins, je l’espérais. Je ne me voyais pas partir si tôt de la compétition. Une fois rentrée chez moi, j’étais bouleversée. J’étais en mode "J’ai trop le seum, je suis trop triste". Je me disais que je n’avais pas fait assez bien. Avec le recul, je suis fière de ce que j’ai fait, d’avoir montré ce que j’ai pu montrer. Au final, partir deuxième m’a donné davantage la niaque. » C’est ainsi que Malawitte revient ce vendredi, pour 20 Minutes, sur son élimination à l’issue du deuxième épisode de la saison 4 de « Drag Race France », mis en ligne jeudi sur france.tv. L’artiste parisienne de 26 ans, qui a conquis un large public dès sa première apparition dans la compétition de drag queens, baigne ces derniers jours dans un océan d’amour et de bienveillance. Sa participation à l’émission a nourri sa détermination. Oui, parce que quand j’ai quitté mon taf dans la vente au moment où je candidatais, je n’avais rien mis de côté. Donc quand j’ai commencé le tournage, je n’avais pas beaucoup d’argent. Le constat, en sortant, c’était : je n’ai plus de travail, personne ne sait encore que j’ai fait « Drag Race », donc je ne vais pas être bookée pour l’instant… Cela a été un challenge qui m’a permis de faire des choses nouvelles, comme des bingos. Avant, je n’en aurais jamais fait parce que j’ai peur du micro. Mais je savais que si je voulais que ce soit mon job à plein temps, il fallait que je m’essaye à des trucs inédits. Cela m’a permis de pousser plus loin mes limites en matière de drag. Un peu (elle rit). Mais il y a une part de moi qui adore l’adrénaline. J’aime me mettre des challenges, mine de rien. Je n’envisageais que du positif, même en cas d’élimination. Je savais que les points positifs l’emporteraient. Et je dis souvent que je suis une introvertie qui cosplay une extravertie. J’aime incarner Malawitte, qui a confiance en elle, qui est prête à parler. J’imaginais que me mettre à nu comme ça à la télévision allait réveiller quelque chose en moi, que j’allais reprendre confiance. Justement, le fait que j’ai le droit d’avoir confiance en moi. Avant, je savais ce que je faisais, que je méritais d’être dans l’émission, mais je ressentais aussi une sorte d’humilité, disons, me faisant pensez que je n’étais peut-être pas « assez ». Je me remettais tout le temps en question. Là, le fait de voir mes passages dans « Drag Race », d’avoir les beaux retours du public, je me dis que c’est bon, je peux avoir confiance en moi, je peux être fière de mon talent. I made it (« Je l’ai fait ») ! Oui, j’en avais besoin parce que, dans la mode, j’avais eu des projets très cool. Mais le drag est le domaine qui me tient le plus à cœur, c’est le truc ultime… Etre prise dans « Drag Race France », que les gens kiffent ce que je fais, le fait qu’on soit tous dans le love, c’est la validation qui me manquait parce que je ne me sentais pas assez. En fait, c’est davantage une validation de moi-même. C’est très étrange, quand je me vois dans l’émission, je me dis que ce que je propose est vachement bien. Avant, la diffusion, je m’étais imaginé plein de scénarios en mode « Tu as flopé, tu as été éliminée en deuxième ». En réalité, j’ai fait des choses iconiques, j’ai pu dire des choses intéressantes, je représente des trucs importants dans la communauté. Cela me tenait grave à cœur. Je sais que tout le monde ne sera pas forcément d’accord, mais je pense que la représentation, c’est hyper important. C’est vrai qu’appuyer tout le temps sur l’aspect « femme cis, lesbienne, racisée » peut, pour certains, paraître a lot [beaucoup], mais on ne se rend pas compte à quel point il y a une invisibilisation des lesbiennes qui font du drag, des femmes cis qui font du drag, des personnes racisées dans les lieux drags. Je représente ces intersectionnalités. Les trois, il faut que je les dise. Je vais continuer à les dire jusqu’à ce que cela ne soit plus quelque chose de singulier. Le drag est aussi là pour casser les codes et déranger s’il faut. De ce point de vue là, je n’ai pas peur de déranger. Oui, c’est choquant, mais dans le meilleur sens possible. Des gens me soutenaient avant l’émission mais là, c’est comme si on remettait les compteurs à zéro. J’ai gagné plein de nouveaux abonnés sur Instagram, des gens qui ont grave kiffé mon univers. J’organise ma viewing party et c’est là où je prends conscience de tout ça, que j’arrive à mettre des visages sur toutes ces personnes. C’était incroyable. La prod est venue. Nicky Doll m’a appelée en FaceTime pour me féliciter. Il y avait tous mes potes, ma house ballroom, mon public queer hyper bienveillant et fashion. Tout s’est passé exactement comme je le rêvais. J’ai reçu une immensité d’amour. J’avais la boule au ventre. J’ai regardé l’épisode mais un peu en travers, de trois quarts. Je fermais les yeux à certains moments. Au final, tout s’est passé pour le mieux. Mais cela faisait des mois que je redoutais ce moment-là. J’avais surtout peur que ma légitimité soit remise en question, que le public pense que je ne suis pas talentueuse car je suis éliminée en deuxième. Et cela n’a pas du tout été le cas. Les gens me disent que j’ai un talent de ouf, qu’ils continueront à me suivre. Je suis très contente de la manière dont ça s’est passé. Je serai samedi Chez Mylène, à la viewing de Kam Hugh. La semaine prochaine, je serai à Bordeaux. La semaine d’après, à Lille pour la viewing de La Harpie et Stargirl. Je poste toutes ces prochaines dates sur Instagram. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPMالمصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes
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