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En Italie, la prime controversée de Giorgia Meloni pour encourager les expulsions volontaires

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/20 - 13:53 501 مشاهدة

Ses opposants parlent déjà d'une "prime Far West". Le gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni prévoit d'accorder des primes aux avocats italiens qui réussiraient à persuader leurs clients immigrés de retourner volontairement dans leur pays d'origine. Cette mesure, qui figure dans le dernier projet de loi sur la sécurité, est soumise cette semaine à la chambre basse du Parlement pour son approbation finale, après avoir été adoptée par la chambre haute à l’issue de débats particulièrement tendus.

La coalition au pouvoir a prévu 246 000 euros pour financer ce dispositif en 2026, avec un budget quasiment doublé pour 2027 et 2028. Les avocats impliqués dans l’accompagnement de leurs clients étrangers vers un retour volontaire toucheront une prime, mais seulement une fois que ces derniers auront effectivement regagné leur pays d’origine. Le montant exact n’est pas précisé dans la loi, mais la presse italienne l’estime à environ 615 euros. Le même texte prévoit également la suppression de l’aide juridictionnelle financée par l’État pour contester les ordres d’expulsion.

Une vive opposition

Cette initiative a relancé les tensions entre le gouvernement et les professions juridiques, un mois après l’échec du référendum sur une réforme de la justice soutenue par l’exécutif Meloni. Le Conseil national des barreaux italiens affirme n’avoir pas été consulté et demande le retrait de la mesure. L’UCPI, représentant les avocats pénalistes, juge la disposition "incompatible" avec la Constitution italienne, rappelant que les avocats ne doivent pas être rémunérés pour obtenir un résultat souhaité par l’État, mais doivent assister leurs clients "en toute liberté et indépendance". Du côté des magistrats, l’ANM s’est aussi dite "consternée", estimant que lier une incitation financière à l’issue des procédures de retour des migrants pourrait affaiblir la protection juridictionnelle effective.

L’opposition dénonce également vivement la mesure. Riccardo Magi, chef du parti de gauche Più Europa (Plus d’Europe), estime qu'avec cette prime, "les droits sont piétinés et ceux qui devraient protéger les droits des citoyens étrangers sont financièrement incités à ne pas le faire". Il compare aussi ce décret de sécurité à "un pas de plus vers l’ICE de Trump", en référence à l’agence américaine de l’immigration, connue pour ses violences. Debora Serracchiani, du Parti démocrate, dénonce elle aussi une mesure "honteuse", qui "porte atteinte à la dignité même des professionnels", surtout combinée à la suppression de l’aide juridictionnelle pour les recours contre les expulsions. Selon elle, "c’est encore un décret qui ne sert qu’à réprimer et à retirer des droits".

Ce dispositif s’inscrit dans une série de mesures de durcissement de la politique migratoire du gouvernement Meloni, fragilisé après sa défaite référendaire sur la réforme judiciaire. En février, l’exécutif avait déjà approuvé un projet autorisant des blocus navals pour empêcher l’arrivée de bateaux en Italie, lors de périodes de "pression exceptionnelle". Mais si le gouvernement revendique une baisse des arrivées depuis 2022, plusieurs de ses projets migratoires, notamment les centres en Albanie, ont été bloqués par la justice, et les retours forcés restent limités par rapport à d’autres pays européens. Selon Eurostat, 132 660 personnes ont été rapatriées depuis l’UE en 2025, dont 4 780 depuis l’Italie sur environ 21 295 ordres de départ.

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