Yvelines : « En morceaux dans une valise »… Comment une écoute téléphonique a relancé un cold case vieux de trente ans
.akst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.eicls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en UkraineLIVEliveEN DIRECT Guerre au Moyen-Orient : Les Etats-Unis optimistes sur un détroit…procèsAdultère, vengeance ? « Ma Dalton » jugée pour un crime vieux de trente ans03:55 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 16/06/2026 à 06h02 • Mis à jour le 16/06/2026 à 06h02 «Je vais leur emmener, mais en morceaux, dans une valise. » Décembre 2022. Les gendarmes de la section de recherches de Poitiers, qui écoutent le téléphone du père de Leslie Hoorelbeke, alors mystérieusement disparue avec son compagnon Kevin Trompat dans les Deux-Sèvres, interceptent une conversation lunaire. Au bout du fil, la grand-tante de la jeune femme, Marie-Thérèse Garcia, imagine des représailles contre les ravisseurs du jeune couple. Pour les enquêteurs, cette troublante formule fait immédiatement tilt. Elle résonne avec l’un des cold cases les plus effroyables des Yvelines : le meurtre de Corinne Di Dio, dont le corps décapité et démembré avait été repêché en juin 1995 dans une caisse métallique sur la Seine. Un dossier dans lequel Marie-Thérèse Garcia avait justement déjà été soupçonnée par le passé. Ces menaces formulées au téléphone constituent-elles la preuve qui manquait à la justice ? Plus de trente ans après la disparition de la victime, cette femme âgée de 79 ans prendra place ce mardi dans le box des accusés de la cour d’assises des Yvelines, à Versailles. Celle que certains membres de sa famille surnommaient « Ma Dalton », en référence au personnage de la BD Lucky Luke, est jugée pour enlèvement, séquestration et meurtre, aux côtés de son coaccusé en fuite, Antonio Marquez Gomez, un ancien braqueur de banques devenu trafiquant de stupéfiants. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le 19 juin 1995, Corinne Di Dio, une femme de 37 ans, se volatilise brutalement en sortant de son travail à Guyancourt, dans les Yvelines. Une dizaine de jours plus tard, le 28 juin, une caisse métallique dérivant sur le fleuve près de La Roquette (Eure) livre son terrible secret : son corps mutilé, lardé de quatorze coups de couteau au thorax. L’identification n’aura lieu qu’en 1997 grâce aux premières analyses ADN. Très vite, les enquêteurs de la brigade criminelle de Versailles portent leurs soupçons sur Marie-Thérèse Garcia. Corinne aurait eu, dans le passé, une aventure avec Francisco, le frère d’Antonio et conjoint de « Ma Dalton », ce que cette dernière n’aurait jamais digéré. En réalité, le véritable mobile criminel serait une vengeance de gangster sur fond de garde d’enfant. L’ex-compagnon de la victime, Antonio Marquez Gomez, qui est visé par un mandat d’arrêt international, voulait récupérer son fils Romain. « Il voulait aussi la punir car elle l’avait fait condamner, lui et ses parents, pour l’enlèvement du petit », explique à 20 Minutes Me Joseph Cohen-Sabban, l’avocat des parties civiles. « C’est un Espagnol et c’est un gangster. Quand vous mettez ça bout à bout, la fierté, l’humiliation… C’était insoutenable pour lui. » Dans ce scénario, le rôle de « Ma Dalton », qui était proche d’Antonio Marquez Gomez, aurait été capital. Mais à deux reprises, en 2000 et 2008, la justice a prononcé un non-lieu dans ce dossier. Alors, pour les proches de Corinne Di Dio, ce procès est l’aboutissement de trente ans de déceptions et de fausses pistes, comme celle menant à une figure du milieu, Jean-Jacques Maurice, qui s’est suicidé en prison en 1997. L’accusation s’appuie aujourd’hui sur une expertise des cheveux retrouvés dans la malle en 1995. Ils présentent un profil mitochondrial compatible avec celui de Marie-Thérèse Garcia. « Il y a ces traces ADN dont la défense fait tout pour les supprimer, mais elles sont terribles », tance Me Cohen-Sabban. Les proches de la victime s’appuient également sur les confidences d’une petite-fille de l’accusée, décédée depuis dans un accident de voiture. De son vivant, elle avait raconté à son petit ami qu’à l’âge de 9 ans, elle avait vu « une femme se faire découper dans le sous-sol » de sa grand-mère. Me Najwa El Haïté, l’une des avocates de Marie-Thérèse Garcia, recadre : « La justice l’avait déjà lorsqu’un non-lieu a été prononcé. La jeune fille parlait à son compagnon qui lui vendait de la drogue et la menaçait. Elle a simplement voulu lui dire qu’il ne lui faisait pas peur, sauf qu’elle n’a rien vu. » Quant aux propos tenus au père de Kevin en 2022, et qui ont relancé l’enquête, la défense insiste sur le fait qu’ils ont été prononcés dans un contexte d’extrême détresse, lié à la disparition de sa petite-nièce Leslie. « C’est sur une phrase qu’on a considéré qu’elle était peut-être coupable d’un crime. C’est le seul élément prétendument nouveau et c’est très faible », martèle l’avocate. La défense pointe également le manque d’éléments matériels indiscutables et l’absence de perquisitions fructueuses à l’époque. « Les éléments pileux existaient déjà et ont déjà fait l’objet d’analyses. Et aucune trace ADN de la victime n’a été découverte chez Marie-Thérèse Garcia », insiste Me El Haïté. Clamant son innocence avec constance, l’accusée de 79 ans se présentera aux assises très diminuée physiquement, souffrant de la maladie de Ménière et de déchaussements dentaires. « Ma cliente croit en la justice et attendait ce rendez-vous avec impatience, mais son état de santé est vulnérable », s’inquiète son conseil, redoutant également la vague de chaleur annoncée pour les débats. Face à elle, les proches de la victime attendent des réponses, sans illusions sur d’éventuels aveux de la septuagénaire dépeinte par beaucoup comme « très dure ». L’enjeu est immense pour Romain, le fils de Corinne Di Dio, doublement victime de ce drame. « Il veut comprendre pourquoi son père a tué sa mère. Pour lui, c’est une douleur incroyable, il est fracassé par la vie », conclut Me Joseph Cohen-Sabban. Le verdict est attendu le 3 juillet. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! 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