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"Viktor Orban est l'atout maître du Kremlin dans l'UE" : l'alerte du journaliste d'investigation Szabolcs Panyi

العالم
L'Express
2026/03/26 - 04:45 501 مشاهدة

Il est la bête noire du gouvernement hongrois, le poil à gratter de Viktor Orban dans la dernière ligne droite vers les législatives du 12 avril. Rédacteur en chef des enquêtes sur l'Europe centrale chez VSquare à Budapest, l’un des principaux médias d'investigation de la région, Szabolcs Panyi documente inlassablement l’influence du Kremlin dans la politique hongroise. A quelques jours du scrutin, il juge l’ingérence russe "sans précédent". Et la négligence de l’Union européenne coupable.

L’Express : Quelle est l’ampleur de l’infiltration russe dans cette campagne ?

Szabolcs Panyi : Nous faisons face à une campagne d’ingérence caractérisée. Les éléments s’accumulent, documentés par plusieurs médias. Début mars, VSquare a révélé que le Kremlin avait dépêché en Hongrie trois agents du GRU - le service de renseignement militaire - spécialisés dans la manipulation des réseaux sociaux. D'après nos informations, l'opération serait supervisée par Sergueï Kirienko, le premier chef adjoint de cabinet de Poutine, principal artisan de la stratégie d'influence russe. Il est également cité dans un récent article du Financial Times sur la Social Design Agency, une agence qui aurait orchestré la diffusion de récits favorables au gouvernement hongrois sur les réseaux sociaux, notamment via des influenceurs pro-Orbán. Enfin, les services de renseignement extérieurs russes (SVR) auraient envisagé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban afin de le présenter en victime, selon une enquête du Washington Post. Ce projet, baptisé "Gamechanger", visait à infléchir le cours de la campagne.

Cette ingérence, tous azimuts et très visible, est sans précédent dans le pays. Certains organes de propagande gouvernementaux ont diffusé des contenus générés par intelligence artificielle. Plusieurs indices suggèrent une origine russophone : on distingue par exemple des inscriptions en cyrillique sur certains visuels. Ces contenus ont ensuite été amplifiés par des réseaux de faux comptes portant des noms moldaves ou slaves. Voilà quelques-uns des éléments rendus publics, mais ce n’est probablement que la partie émergée de l'iceberg.

On apprend que le ministre des Affaires étrangères hongrois divulgue quasiment en temps réel le contenu des réunions européennes aux Russes, ce qu’il a confirmé…

C’était un secret de polichinelle ! Quasiment tout le monde était au courant, du moins dans les hautes sphères politiques européennes. Le Premier ministre polonais a déclaré que c'était la raison pour laquelle il ne s'exprimait plus qu'occasionnellement dans ces rendez-vous. On sait aussi que les Hongrois sont exclus des boucles d’informations de certaines réunions européennes et des échanges les plus sensibles en matière de renseignement, concernant notamment la Russie et l'Ukraine.

En Roumanie, le premier tour de l’élection présidentielle de novembre 2024 a été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d’accusations d’ingérence russe. La configuration semble tout autre pour la Hongrie…

Ce scénario est inconcevable dans la Hongrie d’aujourd’hui. Car l’Etat ne défend pas l'intégrité de la campagne électorale contre les influences extérieures - bien au contraire. Ces ingérences russes ont pour but de soutenir la candidature de Viktor Orban et de garantir qu'il puisse, d'une manière ou d'une autre, rester au pouvoir. Le gouvernement n’a donc aucun intérêt à lutter contre, ce qui rend ces opérations éminemment dangereuses.

Après 16 années consécutives au pouvoir de Viktor Orban, nous avons affaire à un Etat-parti, ce qui signifie qu’il n’y a aucune distinction entre le parti au pouvoir (le Fidesz) et l’appareil d’Etat. Les organes de l'Etat, tels que les fonctionnaires, les bureaucrates et les ministères, reçoivent l'ordre de faire campagne au nom du Fidesz. Par conséquent, les institutions qui devraient être indépendantes - comme les services de contre-espionnage ou de cybersécurité - sont sous contrôle politique. Si elles ne reçoivent pas l'ordre de se défendre contre de telles menaces, elles ne le feront pas.

Pourquoi la Russie et la Hongrie tiennent tant à cette relation privilégiée ?

Viktor Orban est l'atout maître du Kremlin dans l'Union européenne, en tant qu’allié le plus loyal. Tant que la Hongrie est membre de cette Union, elle peut la boycotter, la saboter et contribuer à sa désintégration. C’est ce que Viktor Orban offre à la Russie. En contrepartie, il reçoit cette aide ponctuelle apportée à la campagne par des agents russes, mais il a surtout bénéficié des circuits de corruption russes au plus haut niveau. On sait aujourd’hui que des grandes entreprises liées à la Russie profitent parfois directement à l'entourage du Premier ministre. Par exemple, le chantier de la centrale nucléaire de Paks (conçue par la Russie) a employé en sous-traitance des entreprises appartenant à des proches d'Orban.

L’influence russe en Hongrie ne date pas d’hier. Comment s'explique-t-elle, dans un pays qui a connu le joug soviétique jusqu'à l'insurrection de 1956 ?

En Hongrie, un grand malentendu persiste : nous avons connu une transition démocratique, certes, mais toutes les infrastructures utilisées par le KGB sont restées intactes. Certaines des personnes qui espionnaient déjà pour le KGB sous le régime socialiste ont occupé des postes jusqu’à récemment. Par ailleurs, après le démantèlement de l’Autriche-Hongrie en 1920, des minorités hongroises se sont retrouvées dispersées dans les pays voisins. Certains de ces "Hongrois de souche" étaient nés en Union soviétique. Plus d’une fois, les services de contre-espionnage hongrois ont découvert que des gens nés en Transcarpatie (région ouest de l'Ukraine, à la frontière avec la Hongrie) ou dans l'actuelle Russie étaient soupçonnés d'espionner pour le compte du Kremlin. Nous n'avons jamais vraiment regardé notre histoire en face. En raison de cette attitude naïve envers la diaspora hongroise, personne n’identifie ces communautés comme un risque potentiel pour la sécurité nationale.

En 2014, l’affaire "KGBela" a fait couler beaucoup d’encre…

C'est à travers cette histoire que j'ai découvert pour la première fois le programme d’espionnage russe des "illégaux", ces agents dormants vivant sous de fausses identités dans plusieurs pays occidentaux. Dans les années 2000, la Hongrie était un pays socialiste et ses services de renseignement étaient une antenne du KGB. Elle servait de lieu de transit où ces agents passaient du temps avant d’être envoyés en Europe ou aux Etats-Unis. Bela Kovacs est né d'une mère hongroise et d’un père biologique russe.

Contrairement à d’autres "clandestins", il n’a pas été sélectionné et formé pendant des années à être une autre personne. En revanche, le KGB s'est servi de ses origines pour en faire un agent. Il s’est d’abord présenté comme un homme d’affaires ayant exercé plusieurs postes en Russie. En fait, son nom n'apparaissait nulle part dans le registre des sociétés russes. Elu au Parlement européen en 2010 pour le parti d'extrême droite Jobbik, sa mission principale consistait à faciliter l'alliance des partis d'extrême droite au Parlement européen. Et il a réussi sa mission dans une certaine mesure, en créant, en 2009, l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN), un parti politique européen dont le Front national a notamment été membre.

On a l’impression que l’Union européenne est une passoire !

Absolument. Et ce qui m'effraie, en tant que Hongrois, c'est que ce genre d'influence russe, dont on entendait parler il y a une quinzaine d'années dans l'espace post-soviétique – en Géorgie, en Arménie, en Ukraine –, s'étend progressivement vers l'ouest : la Moldavie, la Roumanie, et maintenant la Hongrie, mais aussi la Slovaquie, où l'influence russe sur le gouvernement est très visible. Personne ne semble vraiment vouloir y mettre un terme, du moins pas au niveau européen. Cela montre que le système immunitaire de l’Europe n'est tout simplement pas assez solide. Si rien ne change, cette progression vers l'ouest ne s'arrêtera pas aux frontières occidentales de la Hongrie.

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