«Un simplisme désolant» : Niels Schneider, Elias Sanbar et deux Palmes d’or s’opposent au boycott de Nadav Lapid
«Un simplisme désolant» : Niels Schneider, Elias Sanbar et deux Palmes d’or s’opposent au boycott de Nadav Lapid Par Benjamin Puech Le 8 juin 2026 à 18h21 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Boycott Niels Schneider Justine Triet Israël cinéma Marseille Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp En plus de l’acteur Niels Schneider (à gauche) ou de l’essayiste Elias Sanbar (à droite), la tribune a été signée par deux Palmes d’or. REUTERS / Sarah Meyssonnier / AFP / CHRISTOPHE SIMON / ZUMA Press Wire via Reuters Connect / Ulf Andersen / Aurimages Après avoir subi des pressions, ce réalisateur israélien au regard très critique sur son pays d’origine a dû annuler sa venue au festival FID Marseille. Ses confrères Dominik Moll, Arnaud Desplechin ou Justine Triet signent une tribune dans Le Monde. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Nadav Lapid se voit « réduit à sa nationalité », se désolent les signataires de la tribune. Le lauréat de l’Ours d’or 2019 ne viendra pas, en juillet, donner son point de vue sur la sélection du FID Marseille, en tant que juré. Ni présenter de film. Il a fait l’objet de pressions, qui l’ont poussé à se décommander. Dans Le Monde, le cinéaste reçoit le soutien de personnalités qui refusent « cette volonté d’écarter un cinéaste d’un espace de discussion et de création ». À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour Dans le même journal, la directrice de l’événement, Tsveta Dobreva, évoquait des « pressions » et « appels demandant la désinvitation » de Nadav Lapid. Autrement dit, son boycott. « Des cinéastes sélectionnés ont commencé à retirer leurs films, au final une petite dizaine d’entre eux », précisait-elle. L’une des contestatrices, Narimane Mari, réalisatrice franco-algérienne, jurait ne pas « condamner un être humain » mais refuser « un modèle culturel ». À lire aussi Nastassja Kinski demande le retrait d’une scène de nu tournée à 13 ans dans un film de Wim Wenders Passer la publicité Publicité Critique sévère des dérives de son pays La tribune s’inscrit en faux et regrette « une logique d’assignation ». « En quoi la présence d’un cinéaste dans un jury ou la présentation de l’un de ses films feraient-elles de lui le représentant d’un État ? », s’étonnent les signataires. À plus forte raison, lorsque ce cinéaste juge avec tant de sévérité cet État. Domicilié en France depuis 2021, Nadav Lapid est un critique sévère de la politique de Benyamin Netanyahou. Au début des années 2010, il interrogeait les dérives militaristes et nationalistes de son pays à travers des paraboles (Le Policier, L’Institutrice). Il creuse désormais un sillon plus provocateur, mais toujours virulent contre son pays. Dans Oui, sorti en 2025, il dépeint de manière grinçante et exubérante l’après-7-Octobre. Le quinquagénaire est aussi opposé à la violence de la guerre à Gaza, mais ce scepticisme n’a pas suffi pour apaiser les redresseurs de torts. À lire aussi Notre critique de Oui : un pamphlet plus pénible que provocateur « Il ne s’agit pas d’un désaccord critique ni d’un débat artistique. Il s’agit d’une volonté d’écarter un cinéaste d’un espace de discussion et de création », regrettent les auteurs de la tribune, dont le réalisateur Arthur Harari, la productrice de Oui Judith Lou Lévy, le rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, Marcos Uzal, et Morgan Pokée, auteur de l’essai Nadav Lapid - Description d’un combat. La tribune a été signée par deux Palmes d’or, Justine Triet et Apichatpong Weerasethakul. De nombreux réalisateurs figurent à leurs côtés : Arnaud Desplechin, Stéphane Demoustier (L’Inconnu de la Grande Arche), Thierry de Peretti (À son image ), Mia Hansen-Løve, Radu Jude, Alice Diop (Saint Omer), Claire Denis ou Emmanuel Marre, dont le film Notre Salut a récemment été récompensé à Cannes. Plusieurs producteurs complètent la liste, dont Saïd Ben Saïd, ainsi qu’Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de L’UNESCO. Les acteurs se font plus rares. On note la présence de Niels Schneider, Louis Garrel et Clotilde Courau. Le «rôle» du festival en question « On voit s’imposer un langage fondé sur la menace, auquel les institutions répondent souvent par la peur, en cherchant avant tout à éviter les conflits. (...) Il faut pouvoir discuter de la Palestine et d’Israël (...) et du rôle des artistes sans que ces discussions ne débouchent systématiquement sur des mécanismes de disqualification qui confinent au simplisme le plus désolant », lit-on. Dans Le Monde, Nadav Lapid épinglait la réaction du festival : « Peut-être qu’ils auraient dû assumer un peu leur rôle dans un moment pareil ». À lire aussi Le Quai d’Orsay ouvrira « une plateforme pour les artistes iraniens en exil », en mémoire de Marjane Satrapi Passer la publicité Publicité Partenaire de la manifestation, la municipalité n’a pas répondu pour l’heure à nos questions. Fin mai, le maire socialiste Benoît Payan s’était ému d’un appel au boycott visant l’auteur de bande dessinée Joann Sfar, affirmant que la ville ne « triera pas les artistes en raison de leur origine ». Qu’en sera-t-il au FID ?المصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro
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