Tourisme : et si la Grèce était en perte de vitesse cet été ?
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Tourisme : et si la Grèce était en perte de vitesse cet été ? Par Alexia Kefalas Le 25 mai 2026 à 07h30 Suivre Sujets Tourisme vacances d'été Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Mykonos, dans les Cyclades, connaît un début de haute saison touristique relativement calme cette année. Lucian Bolca / ADOBE STOCK Tarifs en hausse, conflit au Moyen-Orient... La fréquentation stagne en ce début de saison dans certaines zones touristiques de Grèce, sans compromettre à ce stade la perspective d’une nouvelle année record. Les professionnels ne se disent pas encore inquiets mais sont vigilants. Passer la publicité Passer la publicité Publicité À Athènes, les terrasses sont pleines, les ferries du Pirée déjà complet pour certaines îles et les visiteurs se pressent au pied de l’Acropole sous la météo encore instable de mai. À première vue, rien ne semble troubler la mécanique bien huilée du tourisme grec. Pourtant, dans les agences de voyages, les hôtels ou les bureaux des professionnels du secteur, un autre climat s’installe : celui de l’attente. Cette saison 2026, la Grèce vit avec deux scénarios. Le premier, optimiste, promet une nouvelle année record, dans la continuité d’un exercice 2025 historique, marqué par 43,3 millions d’arrivées internationales et 23,6 milliards d’euros de recettes touristiques, selon les calculs de la Banque de Grèce. Le second, plus discret, se nourrit des tensions géopolitiques, de la flambée des prix aériens et d’un ralentissement perceptible des réservations de dernière minute. Passer la publicité Publicité « Les professionnels du tourisme sont toujours pessimistes », sourit Angelique Mansola, guide touristique à l’Acropole et conférencière, « le pays reçoit tout même quatre fois sa population en nombre de visiteurs! », assure-t-elle, en rappelant que la Grèce compte près de 11 millions d’habitants. Dans la capitale, l’activité reste dense et les grands sites ne désemplissent pas. La météo et Ormuz Il n’empêche, derrière cette apparente sérénité, beaucoup reconnaissent surveiller les chiffres avec davantage d’attention que les années précédentes. « Tous les matins, au réveil, je regarde la météo et la situation dans le détroit d’Ormuz. C’est fou d’en arriver là », confie Christos Panaretou, agent de voyage Yalos Tours. « Notons tout de même qu’il n’y a aucune annulation selon les chiffres officiels que je reçois tous les jours, y compris les Américains et les Français qui ne reportent pas leur voyage. La tendance est donc stable. Simplement, une petite partie des vacanciers préfèrent prendre ses décisions au dernier moment, quitte à payer le prix fort. Avec la guerre, ils sont sur leur garde » analyse Alexandre Vassilikos, président de l’Union des hôteliers de Grèce. On estime cette part à 10% du marché, au maximum. Mais le sujet est brûlant, tant le tourisme pèse lourd dans l’économie hellène. Près du quart du PIB national (25%), soit le deuxième pilier de l’économie derrière la marine marchande, dépend du bon vouloir des visiteurs. Forcément, le sujet est sur toutes les lèvres. La guerre au Proche-Orient, l’instabilité internationale et surtout le prix des billets d’avion pèse sur les arbitrages familiaux. « Les clubs et les croisières ne connaissent pas non plus d’annulations » se rassure Christos Panaretou en regardant le port de Mykonos, avant d’accueillir un bateau de croisière. Emily in Mykonos Sur la célèbre île de la mer Égée, le début de saison est calme, bien plus que d’habitude. Mais sur les plages comme dans les ruelles blanchies à la chaux de Chora, les professionnels relativisent. « Comme chaque année, tout redémarre vraiment après la Pentecôte, à savoir début juin », souligne Christos Panaretou. Les réservations sur le segment du haut de gamme restent solides et beaucoup parient sur un été particulièrement dynamique. Passer la publicité Publicité En partie grâce au cinéma peut être. Brad Pitt a séjourné deux semaines sur l’île d’Hydra cet hiver, pour le tournage du film The Riders qui doit sortir cette année. Mykonos bénéficie, elle, d’un coup de projecteur inattendu : ses moulins et ses ruelles typiques des Cyclades figureront dans plusieurs épisodes de la prochaine saison de la série américaine Emily in Paris. Un tournage est en cours. Une visibilité internationale bienvenue pour une destination qui continue de fasciner la clientèle américaine et moyen-orientale malgré des prix toujours plus élevés. «Valeur durable» La prudence du marché du tourisme n’inquiète pas le gouvernement grec, soucieux d’éviter tout signal alarmiste. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s’est voulu rassurant ces derniers jours, affirmant qu’aucune « crise systémique majeure » n’avait été constatée. Pour sa part, Olga Kefalogiannis, ministre du Tourisme insiste sur un changement de paradigme. « L’enjeu désormais n’est plus seulement d’enregistrer de hautes performances touristiques, mais de les transformer en valeur durable pour le pays, les entreprises, les travailleurs et les sociétés locales », argumente-t-elle. Il faut dire que derrière les records de fréquentation, les fragilités structurelles demeurent. Dans les Cyclades, la pression immobilière liée aux locations de courte durée continue de transformer les villages insulaires. À Santorin ou Mykonos, les habitants dénoncent une saturation chronique tandis que d’autres régions du pays restent à l’écart des flux touristiques. La question du surtourisme, longtemps taboue, s’installe au cœur du débat public. Montée en gamme Les professionnels du secteur doivent faire face à coûts énergétiques élevés et les petites structures peinent à suivre les investissements imposés par la montée en gamme du tourisme grec. Pourtant, la demande est croissante. Et la Grèce conserve un avantage précieux : son image. Entre authenticité méditerranéenne, patrimoine exceptionnel et sentiment de sécurité relatif comparé à d’autres destinations de la région, le pays continue d’incarner une valeur refuge. Passer la publicité Publicité Sur les hauteurs de l’Acropole, Angelique Mansola regarde les groupes défiler sans interruption. « Le tourisme grec a toujours vécu avec les crises », glisse-t-elle. « Et jusqu’à présent, il a toujours trouvé une manière de continuer ».



