Sur scène, le grand retour du mythe de la sirène
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Lors de la création de « Pool Party », à la piscine d’Avallon (Bourgogne - Franche-Comté), en juin 2024. LAURENCE GUILLOT/PLANBEY Le grand bassin de la piscine Saint-Merri, à Paris, est incroyablement paisible. Vendredi 8 mai, 9 heures du matin, pas une onde sur la surface de l’eau que deux maîtres-nageurs contemplent. Assises sur le bord, deux danseuses en maillots de bain attendent d’y glisser en douceur tandis qu’un peu plus loin, un homme-oiseau prend son élan sur la musique du Lac des cygnes, de Tchaïkovski. Il plonge soudain pour aller rejoindre les sirènes qui l’attendent sous les éclaboussures. Cette scène insolite est extraite du spectacle Pool Party, conçu par la chorégraphe Marine Colard et créé le 24 mai, dans le cadre du festival Jogging, à l’enseigne du Carreau du Temple, à Paris. En répétition, la jeune artiste décrit cette performance participative, qui convie les spectateurs à se baigner avec deux sirènes professionnelles, Ingrid Fabulet et Floriane Auffret, comme un rêve enfin concrétisé. Elle a découvert la nage-sirène avec queue de poisson et monopalme connue sous le nom de « mermaiding » il y a dix ans, à la piscine d’Auxerre, où elle est née. « J’ai passé mon baptême de sirène en 2025 et j’ai eu une révélation. Enfiler une nageoire d’une quinzaine de kilos et se transformer en sirène est un peu étrange mais ouvre un espace de liberté où l’on se réconcilie avec soi-même séduisante et maléfique. Cela permet aussi de questionner le genre et l’animalité en nous, explique celle qui enfant collectionnait les Barbie sirènes. Ce qui m’intéresse, c’est la métamorphose, le côté drag show. » Et d’ajouter, en mimant non sans plaisir comment se faufiler dans la monopalme : « Chacun peut trouver sa créature, sa sirène, son triton. » Il vous reste 82.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





