Suicide de Yanis : «Je regrette d’être passé par la justice qui a trahi mon fils», confie le père de l’adolescent défunt
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Suicide de Yanis : «Je regrette d’être passé par la justice qui a trahi mon fils», confie le père de l’adolescent défunt Par Augustin Moriaux et Celia Gruyere Le 21 mai 2026 à 18h55 Suivre Sujets Pédocriminalité Suicide Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp La «loi Yanis» a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 12 avril dernier. Jusqu’ici, rien n’obligeait la justice à prévenir les personnes concernées de la libération imminente de leurs agresseurs ni à empêcher que victimes et agresseurs ne se croisent. L’adolescent s’était donné la mort l’an dernier après avoir appris «par hasard» la libération anticipée de celui qui l’avait agressé sexuellement alors qu’il n’avait que douze ans. Passer la publicité Passer la publicité Publicité «Quand elle va faire ses courses ou, pire encore, quand elle vient se recueillir sur la tombe de notre fils, mon épouse croise l’agresseur de Yanis», raconte le père du défunt adolescent sur le plateau du Figaro TV. Recroiser la route de celui qui a ruiné sa vie, c’est précisément ce que redoutait Yanis et qu’il n’a pas supporté lorsqu’il a appris par hasard la libération de son agresseur sexuel. Condamné à cinq ans de prison ferme, il a été libéré après à peine deux ans et quatre mois d’incarcération. Libérer un pédocriminel multirécidiviste après deux ans et quatre mois de prison, c’est cautionner Farid Halib el Idrissi, père de Yanis Quand Yanis s’est donné la mort le 30 mars 2025, il devait fêter ses dix-huit ans trois jours plus tard. Il avait douze ans lorsqu’il a été agressé sexuellement par son voisin. Puis quinze quand il a dû faire face à son tortionnaire au tribunal. Passer la publicité Publicité «La moindre des choses aurait été de nous prévenir» Face «aux lacunes du système judiciaire», Farid en est même à «regretter d’avoir fait appel à la justice». «Oui, j’ai eu envie de tuer l’agresseur de mon fils», confie-t-il. Seul le vœu de son fils l’a retenu de commettre une vengeance irréparable. «Papa, ne fais rien, j’ai besoin d’un père à la maison, pas d’un père en prison», écrivait Yanis dans une lettre pour raconter à ses parents le drame qu’il avait subi. Yanis a été trahi par la justice, je crois que c’est ça qui l’a achevé Farid Halib el Idrissi, père de Yanis Ce dernier tient d’ailleurs à rappeler un élément important : lorsque le fils de ses propriétaires a agressé son fils, il était en période probatoire après avoir été condamné pour des faits du même ordre. «Quand on laisse sortir au bout de deux ans et quatre mois un multirécidiviste condamné à cinq ans pour agression sexuelle sur un mineur, c’est qu’on cautionne», s’insurge le père endeuillé. «Je crois que c’est ça qui l’a achevé, Yanis a été trahi par la justice», ajoute-t-il. À lire aussi «Face aux pédocriminels, la République ne peut plus trembler et doit engager un tournant brutal» «Si on avait su que Jean-Claude P. allait être libéré, on aurait pris nos dispositions. La moindre des choses aurait été de nous prévenir, Yanis et sa famille, du fait qu’il serait dans la nature et qu’il retournerait vivre à trois kilomètres de chez nous», déplore Farid Halib el Idrissi dans l’émission «Points de Vue». Même après le suicide de son enfant, Farid constate encore ces défaillances de la justice : «J’ai appris que dernièrement, il s’est rendu dans un magasin de jouets un mercredi après-midi. Dans le cadre de son suivi médico-judiciaire, son psychiatre lui aurait conseillé un exercice : faire des démonstrations de jeux aux clients. Jean-Claude P. a pourtant l’interdiction d’entrer en contact avec des enfants». Une situation scandaleuse que le père de Yanis dénonce avec force : «Comment ce système judiciaire peut-il laisser un pédocriminel aller dans un endroit où il peut croiser des enfants ?» «Un jour, Yanis m’a dit une chose : «Tu sais Papa, potentiellement trois enfants sur dix sont victimes d’agressions sexuelles en France. Ça veut dire que dans ma classe, on est neuf potentielles victimes. Et je suis le seul à avoir porté plainte», raconte le père de famille. Aujourd’hui, Farid Halib el Idrissi n’a qu’un souhait : «Que ça ne se reproduise plus».