Roland-Garros : la grogne financière des meilleurs ? Une fronde très policée et un timing qui interroge
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
Roland-Garros : la grogne financière des meilleurs ? Une fronde très policée et un timing qui interroge Par Romain Schneider Le 23 mai 2026 à 08h00 Suivre Sujets Roland-Garros Aryna Sabalenka Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Aryna Sabalenka. Zuma / Icon Sport Les meilleurs joueurs et joueuses ont exprimé vendredi leur point de vue contre les tournois du Grand Chelem vis‐à‐vis de la redistribution des revenus de ces derniers. Consultants Prime Vidéo pour la quinzaine, Arnaud Clément et Fabrice Santoro ne cachent pas leur perplexité. Passer la publicité Passer la publicité Publicité À deux jours du début du tournoi, les joueurs et joueuses se sont succédé face à la presse vendredi pour le «media day» traditionnel. Un exercice médiatique obligé qui a pris une tournure un peu inhabituelle cette année. Engagés dans un bras de fer avec les organisateurs du tournoi de Roland-Garros au sujet des dotations, joueurs et joueuses ont, comme prévu, simplement décidé de réduire leur temps de parole en le limitant à 15 minutes. Une référence directe au pourcentage des revenus des tournois du Grand Chelem actuellement reversé aux joueurs, proche de 15%. Les meilleurs réclament de toucher 22% des revenus dégagés par les tournois du Grand Chelem. Pour exprimer leur colère, pas de déclarations fracassantes. On a connu des manifestations toutefois plus bruyantes que celle-ci où les frondeurs n’ont, sans surprise, jamais évoqué le mot boycott... À découvrir Roland Garros simples messieurs Roland Garros simples dames Ils espéraient surtout faire pression sur les organisateurs. Pas certains qu’ils aient complètement accompli leur objectif. «Nous voulons juste nous faire entendre. 15 minutes, c’est mieux que zéro», a lâché la numéro un mondiale Aryna Sabalenka. L’Américain Taylor Fritz, l’un des 20 frondeurs, a résumé : «Nous voulons voir les revenus mieux répartis. Je suis impliqué avec les autres. La question n’est pas que les joueurs veulent plus d’argent, c’est à propos de ce qui est juste. Mais nous avons l’impression que ça va dans le sens inverse. Nous avons été très patients avec nos demandes. C’est irrespectueux qu’on nous ait ignorés.» Difficile donc pour le grand public de ne pas y voir un caprice de privilégiés même si Sabalenka a affirmé agir aussi pour les joueurs «plus bas dans le classement et qui souffrent». Passer la publicité Publicité La Fédération française de tennis (FFT) a rappelé vendredi que la dotation financière versée aux participants à Roland-Garros a considérablement augmenté ces dernières années. 9,5 % des prize money depuis 2025. Dans le même temps, les recettes du Grand Chelem parisien ont, elles, grimpé de 14%. « La part des joueurs dans les revenus du tournoi de Roland-Garros a diminué, passant de 15,5% en 2024 à 14,9% prévus pour 2026. Les joueurs reçoivent donc une part décroissante de la valeur qu’ils contribuent à créer», ont avancé les frondeurs dans un communiqué. Arnaud Clément Prime Vidéo Interrogé par nos soins, l’ancien numéro un français Arnaud Clément reste perplexe : «Je pense que les frondeurs ne maîtrisent pas toujours les modèles économiques des tournois du Grand Chelem, qui doivent réaliser des investissements colossaux. Ils constatent que, à un moment donné, le pourcentage attribué à Roland-Garros est inférieur à celui de l’année précédente. Mais le tournoi a bien fonctionné, il a généré davantage de recettes, ce qui se répercutera sans doute sur eux à l’avenir. Simplement, cela ne se traduit pas nécessairement d’une année sur l’autre.» Fabrice Santoro Johnny Fidelin / Icon Sport Fabrice Santoro estime que l’argument des frondeurs de dire que les joueurs veulent se rapprocher de la NBA, où les acteurs touchent 50% des revenus, relève du faux débat : «C’est une comparaison trompeuse. Je ne vais pas mettre sur le même plan un salarié et un chef d’entreprise. Les modèles économiques n’ont rien à voir. En tennis, vous êtes votre propre patron. Si Djokovic ne souhaite pas jouer sur terre battue, il n’y va pas, il fait ce qu’il veut. Ce n’est donc ni le même modèle, ni les mêmes contraintes. En tant que chef d’entreprise, le tennisman a intérêt à ce que son activité génère le meilleur chiffre d’affaires possible, afin d’investir davantage dans son staff et d’être encore plus performant. Cela n’a rien à voir avec la situation d’un basketteur, qui est salarié. Dans cette sorte d’inversion pyramidale, le tennisman est au sommet, tandis que le footballeur, même très bien payé, se situe davantage à la base et doit composer avec de multiples strates au-dessus de lui.» Et Arnaud Clément d’asséner : «Le tennis, bien sûr, il y a des joueurs, mais il y a une histoire, il y a le tournoi du Grand Chelem, il y a un circuit. Il faut aussi être conscient de l’environnement dans lequel on est et comment il s’est construit et faire attention aux équilibres. L’histoire pour moi va rester plus forte qu’une Sabalenka, notamment, qui se pense peut-être indispensable et qui fait sans doute du bien aussi au tennis. C’est très bien qu’elle soit là, qu’elle existe, c’est une super championne. Mais attention, on n’est pas plus fort que quel que soit le joueur ou la joueuse, on n’est pas plus fort que le circuit et que l’histoire de notre sport.»

