Roland-Garros 2026 : Gaël Monfils aurait-il dû renier son instinct de showman pour aller plus haut ?
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.alst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.edcls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en Ukraineà L’ABORDAGEDans la baie de Saint-Malo, une épave corsaire n’a pas livré tous ses secre…01:16 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 25/05/2026 à 07h17 • Mis à jour le 25/05/2026 à 07h17 Show. Quatre lettres d’un anglicisme dont Gaël Monfils a fait sa personnalité tout au long de sa carrière. Des courses, des sauts, parfois des plongeons et pléthore de « hotshots » sur trois décennies ont forgé l’héritage spectaculaire que le Français tâchera d’honorer contre Hugo Gaston lors de son entrée en lice dans son dernier Roland-Garros. Qu’il a déjà honoré, soyons précis, jeudi dernier à l’occasion de sa soirée Gaël & Friends, animée par Paul de Saint-Sernin et Matt Pokora, autour d’un mini-tournoi mixte. Tellement Gaël. « Il adore le petit jeu, ça doit faire partie de ses contenus d’entraînement de travail sans quoi il se lasse », en sourit son ancien entraîneur Eric Winogradsky. Par amour du beau tennis, Monfils a réussi l’exploit de reléguer au second plan sa qualité première, la défense, pour la mettre au service du spectacle. Un paradoxe à la fois source de son succès et plafond de verre sous les sommets selon une théorie de Gilles Simon dans Stade 2. « C’est un joueur qui a mis longtemps à se connaître parce qu’on ne l’a pas aidé à se connaître. Parce que jamais personne n’a voulu accepter que dans sa nature, c’est un défenseur. C’est‐à‐dire que si sa vie en dépend, il met la balle dans le terrain et il court. Et dans un moment important, si on lui demande de frapper, elle ne va pas rentrer la balle, car ce n’est pas lui. Il a accompli de grandes choses, mais quand on arrive tout en haut et qu’on joue contre des joueurs qui eux sont alignés, cela fait la différence. » S’il y a eu méprise, c’est que Gaël avait suffisamment de talent offensif pour convaincre ses entraîneurs qu’il pouvait être plus que ce défenseur à la couverture de terrain illimitée au point de dégoûter David Ferrer dans sa propre filière, pour arracher une qualif en demi-finale à Roland-Garros en 2008. « Comme la plupart des joueurs qui ont la chance de disposer d’un physique hors norme et d’une très bonne main, il aurait été dommage de ne pas le voir au moins essayer d’aller de l’avant », souligne Wino. Son coach entre 2015 et 2018 Mikael Tilstrom a eu une lecture totalement opposée à celle de Gilles Simon, car il a précisément mis le Français à l’attaque dans le but de lui « faire gagner un Grand Chelem ». Pour Olivier Delaitre, qui l’a eu entre ses mains à l’Insep entre ses 14 et 17 ans puis pour dépanner en 2013, c’était carrément le seul moyen de faire face aux Nadal, Federer, Murray et Djokovic - le seul que Monfils n’a jamais battu. « Quand il bat Federer à Bercy (en 2010), il met des coups de fusil, il va chercher les points et le match. Contre ces joueurs, il faut aller chercher le match et c’est ce qui lui a un peu manqué contre ces joueurs-là. Il aurait peut-être dû oser un peu plus contre ces joueurs-là. » Il s’agirait de se mettre d’accord, trop offensif ou trop défensif ? Va pour « pas assez tueur ». Delaître, toujours : « en Grand Chelem contre le big 4 il lui manquait surtout un peu de fraîcheur parce qu’il laissait beaucoup d’énergie dans les tours précédents, sur des matchs où il aurait pu écourter un peu le match, l’échange, les jeux parce qu’il restait dans sa filière au lieu de tuer le match pour s’économiser. Il s’est éclaté sur toutes les surfaces, il a fait le show parce qu’il avait une personnalité incroyable. » Bref, Gaël Monfils n’a pas pu faire mieux parce qu’il était Gaël Monfils. Ça se tient. Et au fond ce n’est pas plus mal. Oui, on aurait aimé voir pour en avoir le cœur net. Voir une version de Gaël Monfils suffisamment patiente pour tenir une diagonale de revers pendant 15 siècles s’il le fallait, suffisamment sage pour éviter d’envoyer des saucisses en coup droit à cinq mètres de sa ligne. Voir si ça suffisait pour gagner un Grand Chelem comme Marin Cilic ou Juan Martin Del Potro. Et si la réponse était non, tant pis, on aurait gardé notre Gaël à nous, celui qui a séduit des générations de joueurs pour l’esthétique de son jeu, celui qu’Elina Svitolina ose qualifier de « magicien » dans une lettre à leur fille Skaï publiée dans The Players Tribune. « Ton père, en un seul coup, en un seul instant, il parvenait à ce que peu d’athlètes réussissent : susciter une émotion, écrit la joueuse ukrainienne. Un peu comme à un concert, pendant une chanson parfaite, ou au cinéma, pendant une réplique parfaite, et on se dit : ''Waouh !'' C’est à couper le souffle. » Eric Winogradsky n’en pense pas moins. « On savait toujours qu’en allant voir Gael en match on allait forcément assister à des coups incroyables, ressentir des émotions différentes que ce que la plupart des joueurs peuvent partager. Il est toujours souriant, toujours respectueux même quand son adversaire le domine ou fait un coup plus spectaculaire que le sien et c’est pour ça qu’il est respecté de tous. » « Au bout du compte, conclut Delaitre, ça a plus d’impact positif que négatif ». On peut laisser un héritage sportif sans avoir tout gagné. Celui de Gaël Monfils se mesure en temps forts et en générations conquises, de la sienne à celle de Sinner en passant par Osaka. Ça valait le coup de faire le show. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM





