Renvoi de migrants vers l’Afghanistan : l'UE annonce inviter une délégation de représentants talibans à Bruxelles
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Renvoi de migrants vers l’Afghanistan : l'UE annonce inviter une délégation de représentants talibans à Bruxelles Par Le Figaro avec AFP Le 11 mai 2026 à 23h29 Sujets Union européenne Afghanistan talibans politique migratoire Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Une vue par drone montre le siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 29 avril 2026. Yves Herman / REUTERS Portés par une volonté commune de durcir leurs politiques migratoires, une vingtaine de pays de l’Union européenne (UE) cherchent des voies pour renvoyer des migrants, et particulièrement ceux condamnés par la justice, vers l’Afghanistan. Passer la publicité Passer la publicité Publicité La Commission européenne a annoncé lundi à l'AFP son intention d'inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles pour des discussions portant sur le renvoi de migrants vers l'Afghanistan. De sources proches du dossier, une lettre va être envoyée de façon «imminente» à Kaboul afin de fixer une date pour un rendez-vous dans la capitale belge. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Cette visite, coordonnée avec la Suède, fait suite à deux déplacements de responsables européens en Afghanistan, portant sur le même sujet. L'idée est désormais de «poursuivre ces discussions» au «niveau technique», à Bruxelles, a expliqué un porte-parole de l'exécutif européen. Aucune date précise n'a encore été évoquée pour leur venue. Passer la publicité Publicité Portés par une volonté commune de durcir leurs politiques migratoires, une vingtaine de pays de l'Union européenne (UE) cherchent des voies pour renvoyer des migrants, et particulièrement ceux condamnés par la justice, vers l'Afghanistan. Dans une missive en octobre, plusieurs d'entre eux ont réclamé à Bruxelles «des solutions diplomatiques et pratiques» pour avancer sur ce dossier. «C'est dans ce contexte» qu'une visite a eu lieu à Kaboul, en janvier 2026, explique un porte-parole de la Commission. Et que l'UE et la Suède préparent «un rendez-vous de suivi», à Bruxelles. Des exemptions pour les responsables talibans ? Ces visites posent toutefois une avalanche de questions pratiques, et éthiques. D'abord parce qu'elles impliquent de dialoguer avec les responsables talibans, au pouvoir depuis 2021, mais que l'UE ne reconnaît pas officiellement. Pour entrer en Belgique, pays hôte des institutions européennes, ces responsables talibans devraient donc se voir accorder des exemptions, ce que les autorités belges seraient, en théorie, prêtes à faire. Ensuite, parce que l'Afghanistan est déjà confronté à une grave crise humanitaire. Depuis 2023, plus de 5 millions d'Afghans sont rentrés d'Iran et du Pakistan, le plus souvent de manière forcée. Selon les organisations internationales, la majorité d'entre eux vit dans une grande précarité, sans logement durable ni emploi. En 2025, les Afghans étaient encore - de loin - la nationalité la plus représentée parmi les demandes d'asile dans l'UE. Mais après avoir accompagné des centaines de milliers d'entre eux durant la guerre qui a déchiré leur pays pendant des décennies, le Vieux Continent met désormais un frein à l'accueil. Et commence à parler de comment les renvoyer. Ligne migratoire plus ferme Pionnière en la matière, l'Allemagne a déjà brisé ce tabou en procédant, depuis 2024, à l'expulsion groupée d'une centaine d'Afghans, qui avaient tous été condamnés par la justice, via des vols charters facilités par le Qatar. Plusieurs attaques perpétrées par des Afghans, dont une à la voiture-bélier en 2025 ont eu un retentissement médiatique très fort dans le pays. L'Autriche, lui, a depuis emboîté le pas et a reçu mi-septembre une délégation de représentants talibans, à Vienne. Nombre d'autres États membres de l'UE, dont la Belgique ou la Suède, cherchent désormais à suivre ces exemples, vivement plébiscités par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme. Passer la publicité Publicité Ces efforts sont vivement critiqués par la gauche et les ONG. «Renvoyer des Afghans dans un pays où près de la moitié de la population ne parvient pas à se nourrir n'est pas une politique migratoire, c'est une décision qui pourrait coûter des vies», a alerté Lisa Owen du International Rescue Committee. D'autres associations de protection de migrants craignent que ce déplacement à Bruxelles permette aux responsables talibans d'identifier certaines personnes qu'ils veulent renvoyer en Afghanistan, au risque de mettre leurs droits fondamentaux en péril. Plusieurs sources diplomatiques sollicitées par l'AFP rétorquent que cette visite sert avant toute chose à régler des détails d'ordre pratique : comment, par exemple, délivrer des passeports à des personnes dont les ambassades en Europe ne sont pas reconnues par les autorités talibanes? Lors de leurs déplacements en Afghanistan, les Européens se sont ainsi renseignés sur la capacité d'accueil de l'aéroport de Kaboul, ou d'autres détails techniques, selon des sources proches des discussions.



