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"Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi" : pourquoi il faut regarder la nouvelle série d'Arte

العالم
L'Express
2026/03/25 - 05:15 501 مشاهدة

Isabel Coixet est la réalisatrice de la série de huit épisodes Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi, actuellement disponible sur Arte. Ce titre long fait référence aux Cinq heures du soir à répétition du poème de Federico Garcia Lorca, car Isabel Coixet, née à Barcelone en 1960, s’intéresse beaucoup à la littérature. Son premier film hollywoodien, Lovers, avec Penélope Cruz et Ben Kingsley, tiré d’un roman de Philip Roth, raconte l’histoire d’amour entre un vieux et célèbre professeur de littérature et une jeune immigrée cubaine. Confirmant ce tropisme, Coixet réalise en 2017 The Bookshop, histoire d’une jeune femme qui ouvre une librairie dans une petite ville d’Angleterre et rencontre beaucoup de problèmes. En 2019, Coixet tourne Foodie Love, sa première série télé, une histoire d’amour culinaire entre une éditrice et un mathématicien, disponible aussi sur Arte. Il est également question de nourriture dans Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi. Gastronomie japonaise, romans américains et cinéma d’auteur. Une vague impression de déjà-vu ? Attendez.

Une bonne vieille intrigue cornélienne

L’histoire se passe dans un appartement parisien partagé par deux amis d’enfance Charlie (Clara Bretheau) et Nelson (Théo Christine) qui acceptent une colocataire, Louise (Liv Henneguier), provinciale débarquée dans l’intention de réussir dans le cinéma en devenant réalisatrice de films. Nelson a abandonné ses études de maths pour se consacrer à la cuisine japonaise, tandis que Charlie, passablement fragile, prend trop de drogue et pas assez la vie à la légère. C’est qu’elle a de gros problèmes avec sa mère, Alix (Jeanne Balibar), riche galeriste comme on en fait plus, qui paie la rançon de sa culpabilité en entretenant sans trop barguigner sa fille Charlie inapte aux p’tits boulots les plus cool (vente de livres d’occasion). Là-dessus, débarque Louise qui croque la vie à pleines dents, et en dehors des repas. Elle prend des cours de cinéma en visio avec un réalisateur américain sur le retour (Tim Robbins). Nos trois colocataires approchent la trentaine, il serait donc temps pour eux de sortir de cet état d’adolescence prolongée et privilégiée avant que la série ne nous fasse penser à Emily in Paris, Friends et Nouvelle vague, car il y a de ça, indubitablement, mais en mieux, les mêmes ingrédients en bio, en commerce de proximité, avec les vraies saveurs d’une mise en scène qui ne se voit pas, d’une interprétation enthousiasmante, d’un suspense des plus piégeant. Et d’une bonne vieille intrigue cornélienne.

Charlie et Nelson s’aiment depuis qu’ils ont 6 ans. S’ils n’ont jamais couché ensemble, ce n’est pas seulement parce que Charlie préfère les filles, pas seulement parce que Nelson lui a promis dès le premier jour de la protéger. Ben oui, ça existe les serments d’enfants qui durent. Pourquoi ne pas se laisser un peu aller à l’eau de rose. Hein. D’ailleurs, ça n’est pas ça qui va vous faire regarder la série jusqu’au bout de la nostalgie. Le truc, c’est que Nelson, le beau Nelson, se tape la mère de Charlie. Laquelle a un peu de mal à y croire, nous aussi, mais c’est comme ça, il est amoureux d’elle et il doit le cacher à Charlie car : "Elle ne nous le pardonnera jamais", dit Alix à son jeune amant. Mais alors qu’est-ce qu’ils attendent pour arrêter, et comment Isabel Coixet va s’y prendre pour que Charlie l’apprenne, aura-t-on droit à la scène entre ce salaud de Nelson et sa protégée trahie, va-t-elle le tuer, en mourir de chagrin ? Et à quel moment Louise va-t-elle finir par comprendre que cette femme d’un certain âge que Nelson bécote à bouche que veux-tu c’est la mère de Charlie ?

Vous commencez à comprendre pourquoi je suis resté scotché tout l’après-midi devant mon ordi. En fait, je ne suis pas pour l’interdiction des dimanches après-midi d’élection, il en faut, mais ça passe mieux avec un bon vaudeville en huit épisodes de trente minutes.

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