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Prix de l'essence : de l'Allemagne à l'Italie, comment nos voisins tentent de limiter la hausse

العالم
L'Express
2026/03/27 - 06:30 501 مشاهدة

"Ce n'est pas notre guerre, nous ne l'avons pas choisie", clament en chœur les dirigeants européens depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Une position qui ne place pas notre continent à l'abri des conséquences dramatiques de ce conflit au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz. Les premiers effets se ressentent dans les stations-service, où les prix de l'essence s'envolent : en quelques semaines, ils ont augmenté de plus de 10 % en moyenne en Europe. Ce n'est qu'un début.

La première crise pétrolière de 1973 avait poussé la France à se lancer dans l'énergie nucléaire, afin de réduire sa dépendance énergétique envers le Moyen-Orient. Aujourd'hui, les autorités françaises hésitent, inquiètes de mettre à mal les finances publiques et comptant sur l'engagement informel des distributeurs à plafonner les prix. Mais certains gouvernements européens, en particulier dans les pays d'Europe centrale et orientale, se précipitent pour limiter l'impact sur les automobilistes. Tour d'horizon.

Les automobilistes français sont parmi les plus touchés par l'inflation des prix de l'essence depuis le début de la guerre en Iran.
Les automobilistes français sont parmi les plus touchés par l'inflation des prix de l'essence depuis le début de la guerre en Iran.

Slovénie : des prix bas qui attirent les voisins

En pleine campagne électorale, le gouvernement slovène a pris une décision radicale : bloquer les prix de l'essence à 1,48 euro le litre grâce à une baisse des taxes. Si la mesure est très populaire (le Premier ministre sortant, Robert Golob, l'a emporté de justesse le 22 mars), elle attire aussi les automobilistes étrangers et crée déjà des pénuries dans certaines stations-service près des frontières avec l'Autriche et l'Italie, les voisins croates et hongrois ayant eux aussi bloqué les prix à la pompe. Les autorités slovènes hésitent maintenant à piocher dans leurs réserves stratégiques.

Royaume-Uni : la grande pénurie des années 1970, une incitation à la prudence

En 1973, face au premier choc pétrolier, Londres avait mis en place un contrôle très strict des prix à la pompe. Des stations-service avaient dû fermer, faute de revenus, ce qui avait entraîné de graves pénuries nationales et une récession. Le gouvernement avait été balayé dès les élections de février 1974. Depuis, les dirigeants sont plus prudents : en 2022, le gouvernement de Boris Johnson avait réduit la taxe sur les carburants de 5 pence par litre… sans que personne n'ait réussi à la réintroduire depuis.

Face à la crise actuelle, le gouvernement travailliste patiente avant de prendre des mesures fortes mais réfléchit toutefois à mettre en place un rationnement d'urgence : les automobilistes ne pourraient pas acheter pour plus de 30 pounds (environ 35 euros) de diesel ou d'essence à la fois. La priorité serait donnée aux services d'urgence médicaux et aux forces de l'ordre. Comme un avant-goût des pénuries tant redoutées.

Hongrie : un plafonnement… avec préférence nationale

Les élections ont décidément du bon pour les automobilistes. Avant les législatives du 12 avril, le gouvernement hongrois a plafonné les prix de l'essence à 1,50 euro, accusant la guerre en Iran de faire monter la facture mais aussi "le blocage ukrainien du pétrole russe", un thème de campagne privilégié de Viktor Orban. Pour éviter des pénuries, les autorités ont ordonné une préférence nationale, seules les plaques d'immatriculation hongroises pouvant bénéficier des prix plafonnés dans les stations-service.

Depuis la crise pétrolière des années 1970, les pays européens se sont dotés d'une réserve minimale de barils pour faire face à une crise éventuelle.
Depuis la crise pétrolière des années 1970, les pays européens se sont dotés d'une réserve minimale de barils pour faire face à une crise éventuelle.

Italie : un système mal adapté aux crises

Panique à Rome : depuis 2023, le gouvernement a mis en place un mécanisme d'"accises mobiles", qui permet d'utiliser l'excédent des recettes de TVA générées par la hausse des prix à la pompe pour ensuite réduire les taxes sur les carburants. Mais le délai d’application de cette mesure s'allongeait sur deux mois, bien trop long pour avoir un impact sur les automobilistes italiens. Dans l’urgence, le gouvernement Meloni a baissé les taxes de 25 centimes d'euros par litre pendant vingt jours et envisage de dégainer un chèque énergie afin d’aider les ménages.

Allemagne : l'attentisme après les dépenses douloureuses de 2022

Le pays de la voiture reine est aussi celui où les prix à la pompe s'envolent le plus haut, dépassant largement la barre des deux euros le litre. Malgré la grogne, le gouvernement de centre droit rejette toute subvention, rappelant les 3 milliards d'euros d'argent public dépensés pour aider les automobilistes au début de la guerre en Ukraine. La TVA sur les carburants avait alors été réduite de 19 à 7%. Pour soulager le marché, Berlin vient tout de même de débloquer une partie (19 millions de barils) de ses réserves stratégiques.

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