Présidentielle 2027 : « Elle est le dernier espoir de la France »… Le soutien empoisonné de Musk à Marine Le Pen
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•À peine lancée dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen doit composer avec le parrainage hautement controversé d’Elon Musk, habitué des interventions politiques en faveur de l’extrême droite et...
•Mercredi, le patron de Tesla s’est directement immiscé dans le débat électoral français.
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À peine lancée dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen doit composer avec le parrainage hautement controversé d’Elon Musk, habitué des interventions politiques en faveur de l’extrême droite et étroitement lié au retour de Donald Trump, une figure dont la candidate du RN cherche pourtant à se détacher. Mercredi, le patron de Tesla s’est directement immiscé dans le débat électoral français. En publiant simplement « Elle est le dernier espoir de la France » sur son réseau social X, le milliardaire américain a massivement relayé et commenté les derniers sondages qui placent la candidate française largement en tête. Avec environ 35 % des intentions de vote et quinze à vingt points d’avance sur son premier concurrent (Edouard Philippe, le plus souvent, parfois Jean-Luc Mélenchon), avait-elle vraiment besoin d’un tel renfort ? Certes le tout-puissant patron de X dispose d’une influence décuplée par ses algorithmes. Une arme dont il a pris l’habitude de se servir pour diffuser ses opinions, comme quand il dénonçait l’an dernier la « persécution » visant la patronne du Rassemblement national, rendue inéligible après son premier jugement et qu’il avait malgré tout « encourag (ée) à se présenter » à l’Elysée. Vœu renouvelé, après que la cour d’appel l’a autorisée à concourir une quatrième fois, quitte à prêter le flanc aux accusations d’ingérence, du député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade à l’insoumis Antoine Léaument, en passant par l’ex-commissaire européen Thierry Breton. Au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est contenté d’un proverbial « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ». Sans aller jusqu’à évoquer « l’internationale réactionnaire » dénoncée début 2025 par Emmanuel Macron. Car avant la France, Elon Musk s’était illustré par son intervention en faveur de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, qu’il qualifiait déjà de « meilleur espoir pour l’Allemagne » juste avant les dernières législatives. Et il avait mené une virulente campagne contre le Premier ministre britannique Keir Starmer, quitte à relayer de fausses informations, avant de s’afficher au côté du populiste anti-immigration Nigel Farage. Pas vraiment le genre d’allié recherché par une Marine Le Pen qui, hasard du calendrier, s’est insurgée mercredi contre la notion d' « ingérence intérieure » dans un rapport du Sénat sur… la désinformation. Soucieuse de « garantir le pluralisme et la libre confrontation des idées à l’approche de la présidentielle », la championne du camp nationaliste sait aussi qu’elle doit toujours donner des gages d’indépendance, presque dix ans après être allée chercher l’appui de Vladimir Poutine (qui l’avait reçue au Kremlin) et celui de Donald Trump (qui l’avait laissée languir au pied de sa tour à New York). Il y a dix-huit mois encore, son dauphin Jordan Bardella se réjouissait de la réélection du président américain, incarnation à ses yeux du « vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales ». Enthousiasme à l’époque inaltérée par sa passe d’armes avec le conseiller Steve Bannon, dont le « geste nazi » l’avait conduit à annuler un discours à Washington. Jusqu’en décembre, le jeune président du RN se demandait même avec candeur où le locataire de la Maison-Blanche « trouve toute cette énergie ». La poussée belliciste des Etats-Unis, du Venezuela à l’Iran, en passant par le Groenland et la guerre tarifaire avec l’Europe, a obligé le parti à la flamme à revoir sa posture et à prôner le « rapport de force » contre la « soumission ». Rupture consommée aussi pour Marine Le Pen, qui considère que Donald Trump « a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait promis » en renouant avec « une forme d’impérialisme ». Tout le contraire d’un appel du pied à l’endroit de l’Américain et de ceux qui l’ont porté au pouvoir, à commencer par Elon Musk. La candidate n’échappe cependant pas à la comparaison avec son ex-source d’inspiration : certains voient en effet des accents trumpistes dans sa décision de briguer le mandat suprême, en dépit de deux verdicts défavorables et de la menace d’une condamnation définitive avant le scrutin, en affirmant que seuls « les électeurs seront juges ». Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! 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