Deux grands chantiers sont en cours de réalisation en Algérie. Le premier, minier, porte sur l’exploitation du projet intégré du gisement géant phosphate de Blad el Hadba dans la wilaya de Tébessa.
Le second, un projet gigantesque d’infrastructures de base, concerne la construction de lignes de chemin de fer : une liaison nord-sud s’étendant d’Alger à Tamanrasset sur plus de 2.000 km, et une voie ferrée reliant le gisement de phosphate de Tébessa vers le port d’Annaba sur 425 km.
Mines, chemins de fer : les grands projets de Tebboune
Le phosphate de Tébessa et les lignes de chemins de fer en chantier illustrent les investissements colossaux engagés par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour moderniser et développer les infrastructures de base pour connecter les régions riches du Sud à celles du Nord du pays, et allumer de nouveaux moteurs de croissance hors hydrocarbures.
En lançant l’exploitation de ses gisements miniers géants (Gara Djebilet pour le minerai de fer, Blad el Hadba pour le phosphate et les engrais, Amizour pour le zinc et le plomb), l’objet principal est de préparer l’après-pétrole.
Dans le détail, pour le projet du phosphate intégré, le groupe Sonatrach a confié le 12 août au chinois CHEC et à l’italien Saipem (filiale du groupe ENI), deux contrats stratégiques pour accélérer la réalisation du projet du phosphate intégré de Tébessa, avec l’objectif précis d’entamer l’exploitation et la production d’engrais en 2027.
Le premier porte sur la réalisation en EPC des installations portuaires à Annaba d’où l’Algérie pourra exporter son phosphate et ses engrais. Le second concerne la « réalisation en EPC des installations de transformation et de production des engrais, au niveau des sites de Bled El Hadba, wilaya de Bir El Ater et Oued El Kebrit, wilaya de Souk Ahras », a expliqué le groupe Sonatrach.
Projet phosphate intégré de Tébessa : de quoi s’agit-il exactement ?
Le Projet phosphate intégré (PPI) de Tébessa consiste en « l’extraction et l’enrichissement du gisement des phosphates de Bled El Hadba, avant leur transformation chimique ainsi que celle du gaz naturel en engrais phosphatés et azotés, au niveau du site d’Oued Keberit », explique le géant gazier et pétrolier algérien.
Le Projet phosphate intégré de Tébessa comprend deux grands complexes, un terminal portuaire à Annaba et des infrastructures (ligne ferroviaire de l’Est sur 450 km) dédiées à son transport, selon Sonatrach :
- Un complexe d’extraction et d’enrichissement de phosphate brut d’une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes/an et d’une capacité globale de production de phosphate concentré de 3,2 millions de tonnes/an, au site de Bled El Hadba.
- Un complexe composé de plusieurs unités de production de 2,4 millions de tonnes par an d’engrais phosphatés et de 570.000 de tonnes par an d’engrais azotés (Urée), avec une production préalable de produits intermédiaires tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac au site d’Oued Keberit.
- Des installations portuaires au niveau du port d’Annaba pour l’exportation de l’excédent en engrais.
- Les utilités et les infrastructures auxiliaires nécessaires à son exploitation.
« Ce projet revêt une importance stratégique pour l’économie nationale. Il permettra de répondre aux besoins croissants du secteur agricole national, tout en générant des volumes destinés à l’exportation via les infrastructures portuaires d’Annaba, contribuant ainsi à la création de valeur ajoutée », souligne Sonatrach.
Avec le PPI de Tébessa, l’Algérie va devenir un acteur de premier plan dans le domaine des engrais à l’échelle mondiale.
Avec la crise du détroit d’Ormuz, d’où transite 30 % de la consommation mondiale de gaz et de pétrole, mais aussi des engrais et d’autres produits parapétroliers comme le PET et le PEHD, ce projet prend toute son importance, et ce qui explique la décision de l’Algérie d’accélérer sa réalisation en optant pour des projets
Train Alger – Tamanrasset : le projet qui va changer le visage du Sahara algérien
Parallèlement au projet phosphate intégré de Tébessa, l’Algérie a lancé un gigantesque projet ferroviaire pour relier le nord à l’extrême sud du pays sur plus de 2.000 km. Il s’agit du train de 250 km/h pour relier Alger à Tamanrasset.
Cette ligne ferroviaire permettra le transport des marchandises et des voyageurs entre les vastes régions du Sud et le Nord où se concentrent une grande partie de la population et des infrastructures de santé, d’éducation et économiques.
Le lancement de ce projet, qui nécessite plusieurs milliards de dollars d’investissement, notamment entre El Ménéa – Ghardaïa et Laghouat, traduit la stratégie économique du président Tebboune : investir massivement pour développer les chemins de fer dont le maillage du pays reste relativement faible par rapport à l’immensité du territoire national.
Il s’agit d’El Ménéa – In Salah sur 410 km et In Salah – Tamanrasset sur 676 km, soit un total de 1.086 km. Pour ces deux tronçons, le gouvernement a procédé à l’expropriation des terrains d’assiette afin de préparer le lancement des travaux en septembre prochain, comme cela a été fixé par le président Tebboune.
Dans le même temps, l’Agence nationale des investissements ferroviaires a déjà entamé le processus d’attribution du marché de réalisation d’un tronçon de 495 kilomètres, reliant Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa. Pour ce projet évalué à trois milliards de dollars, l’Algérie a obtenu un financement de la Banque africaine de développement. Deux tranches d’un montant total de 1,72 milliard de dollars ont été déjà libérées.
Sur 2006 km, la ligne Alger-Tamanrasset traverse les wilayas de Blida, Médéa, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah.
En février dernier, le président de la République a indiqué que les investissements nécessaires pour les projets de chemins de fer qu’il a initiés s’élevaient à 20 milliards de dollars.
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