Pas-de-Calais : un homme jugé pour viols et violences dans un «harem» sur fond d’emprise et de polygamie
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Pas-de-Calais : un homme jugé pour viols et violences dans un «harem» sur fond d’emprise et de polygamie Par Le Figaro avec AFP Le 5 juin 2026 à 21h51 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Pas-de-Calais viol Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Un homme de 45 ans est jugé à partir de lundi devant la cour criminelle du Pas-de-Calais pour viols et violences sur sa compagne et des faits de maltraitance visant leurs enfants ainsi que deux autres femmes vivant sous son toit. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Il vivait avec trois femmes, dont l'une dénonce deux décennies d'emprise: un quadragénaire sera jugé à partir de lundi par la cour criminelle du Pas-de-Calais pour viols sur cette compagne et des violences sur elle, leurs enfants et les deux autres femmes. L'affaire éclate le 22 novembre 2022 quand une femme dépose plainte contre son compagnon, Jérôme P., 45 ans, à la gendarmerie d'Écuires (Pas-de-Calais), à quelques kilomètres de Montreuil-sur-Mer où ils résident. Surveillance, coups: elle décrit un climat de peur et d'emprise. Ils ont ensemble trois enfants, âgés au moment de la plainte de cinq, 13 et 22 ans. Passer la publicité Publicité Deux autres femmes vivent avec eux, également compagnes de l'accusé selon la plaignante, arrivées au sein du domicile au début des années 2000, à quelques années d'intervalle. Selon des éléments de l'enquête consultés par l'AFP, ces trois relations auraient commencé alors que ces femmes étaient encore adolescentes. «Il avait un harem. Il est le chef, il est soit dans son lit, soit dans son fauteuil», pointe à l'AFP l'avocate de la plaignante, Fabienne Roy-Nansion, dont la cliente «a vécu l'enfer, c'est une femme brisée». Selon la plaignante, Jérôme P. surveillait depuis plusieurs années le moindre geste de ses concubines. Dans la maison, des caméras de surveillance ont été placées dans plusieurs pièces dont la chambre, et à l'extérieur un logiciel de géolocalisation permet de tracer leurs téléphones. «C'est monsieur Apple», ironise Me Roy-Nansion. «En quelques années, il aura dépensé 115.000 euros de matériel informatique et de caméras». «Il dort de 7 heures à 15 heures, et quand il se lève à 15 heures, il regarde ce qu'ont fait les unes et les autres», ajoute l'avocate. «Quand quelque chose ne lui plaît pas, il frappe.» Selon des éléments de l'instruction, il aurait notamment cassé le nez de ses deux autres compagnes. L'accusé, dont le casier judiciaire est vierge, est en détention provisoire depuis fin 2022. «Secte» La plaignante rapporte que les trois compagnes de Jérôme P. étaient privées de vie sociale, n'avaient que rarement le droit de travailler et n'avaient pas accès librement à leurs cartes bancaires, conservées dans une boîte fermée à clé. Elle assure également aux gendarmes avoir été soumise, depuis 2017, à plusieurs viols, dont des sodomies et des relations sexuelles forcées avec l'une des autres compagnes de Jérôme P., sous les yeux de ce dernier. Lors d'une confrontation avec lui, elle assurera également avoir été forcée, au début des années 2000, à des relations sexuelles avec leur chien. La fille aînée de la plaignante et la fille que l'accusé aurait eue avec une autre compagne, toutes deux nées au début des années 2000, vont également dans le sens de ces accusations. Passer la publicité Publicité L’accusé dénonce un «complot» La fille de la plaignante a notamment qualifié lors de son audition la famille de «secte». En revanche, les deux plus jeunes enfants de la plaignante avec l'accusé et les deux autres femmes résidant au domicile familial contestent les faits. Ces deux femmes ont assuré au cours de l'instruction, pour l'une, s'être mise en couple avec Jérôme P. après que ce dernier s'est séparé de la plaignante, et pour l'autre, être une amie hébergée par l'accusé. Entendus par les enquêteurs, plusieurs proches de Jérôme P. ont assuré que le départ de la plaignante du foyer était dû à un manque d'argent. Jérôme P. s'est quant à lui dit victime d'un «complot». L'enquête a établi que la polygamie était courante parmi les hommes de la famille du mis en cause, de même que les violences. L'un des frères de Jérôme P. est également en détention provisoire à la suite de la plainte de l'une de ses compagnes, elle aussi représentée par Me Roy-Nansion. Cette femme est citée comme témoin dans le dossier jugé jusque jeudi à Saint-Omer. Me Roy-Nansion ne compte pas demander le huis clos, a-t-elle indiqué à l'AFP.





