Otan : Les Européens ont-ils apporté des preuves à Trump de leur investissement militaire pour la défense du continent ?
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•C’est ce que les chefs d’Etat et de gouvernement européens membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), réunis en Turquie ce mardi et mercredi, comptent démontrer, milliards de dol...
•Car, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la perspective d’un délaissement américain de l’OTAN fait, toujours, craindre le pire.
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Car, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la perspective d’un délaissement américain de l’OTAN fait, toujours, craindre le pire. Longtemps accusés par Washington de bénéficier du « parapluie américain » sans en partager suffisamment le coût, les alliés européens arrivent à Ankara avec des chiffres. Tous les membres européens atteignent ou dépassent l’objectif historique de 2 % du produit intérieur brut consacré à la défense, selon le rapport annuel 2025 de l’OTAN. Sous énorme pression américaine, l’Alliance vise désormais 5 % du PIB à l’horizon 2035, répartis entre 3,5 % de dépenses militaires et 1,5 % consacré aux investissements liés à la sécurité, aux infrastructures critiques, à la cybersécurité ou encore à l’industrie de défense. L’Europe est-elle, aujourd’hui, en train d’assumer sa propre défense ? « Les sujets de défense et les questions budgétaires qui y sont associés sont clairement redevenus une priorité en Europe, au niveau du débat politique, et avec les populations nationales », affirme Alain De Neve, chercheur à l’Institut royal supérieur de Défense, en Belgique. Autant de discussions qui font sauter « des tabous comme le nucléaire, aujourd’hui ouvertement discuté, y compris au sein de pays qui n’osaient pas franchir le pas de peur de réveiller, du côté russe, un certain nombre de velléités ». Parmi les pays qui dépensent le plus pour la défense en pourcentage du PIB, figurent des pays en première ligne face à la Russie. La Pologne, voisine de l’Ukraine et de l’enclave russe de Kaliningrad, consacre près de 4,5 % de son PIB à sa défense, soit le niveau le plus élevé de toute l’Alliance. Le pays, qui multiplie les commandes d’armements, ambitionne de devenir la première puissance militaire conventionnelle d’Europe. Situés sur le flanc oriental de la Russie, les petits États baltes suivent la même trajectoire. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont fortement augmenté leurs budgets militaires depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Ils ont l’objectif d’approcher, voire d’atteindre, le seuil des 5 % au cours de la prochaine décennie. Les grandes puissances européennes accélèrent, elles aussi, leur réarmement. Depuis l’agression russe en Ukraine, l’Allemagne a opéré un tournant stratégique qui rompt avec plusieurs décennies de ligne budgétaire militaire famélique, avec un fonds exceptionnel de plus de 100 milliards d’euros et une hausse notable des crédits de défense. Berlin prévoit d’atteindre puis de maintenir un effort supérieur à 3 % du PIB à moyen terme. La France poursuit, elle, une montée en puissance progressive. La loi de programmation militaire prévoit plus de 400 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030 afin de renforcer la dissuasion nucléaire, renouveler les capacités conventionnelles et développer les moyens dans l’espace, le renseignement et le cyber. Paris défend, en parallèle, une autonomie stratégique européenne visant à renforcer le pilier européen de l’Alliance. Quant au Royaume-Uni, Londres a annoncé vouloir porter progressivement ses dépenses de défense vers 3 % du PIB, tout en maintenant un soutien militaire important à l’Ukraine et en poursuivant le renouvellement de sa force de dissuasion nucléaire. Les Européens n’ont jamais consacré autant de ressources à leur défense depuis la fin de la guerre froide, avec 563 milliards de dollars dépensés en 2025. Ces pays du Vieux Continent sont, selon Alain De Neve, « dans une forme de rattrapage capacitaire des trente dernières années, durant lesquelles les budgets de défense, tous pays confondus, ont été utilisés comme des variables d’ajustement budgétaire ». Ils restent néanmoins loin derrière les États-Unis, première puissance militaire de l’Alliance, avec plus de 900 milliards de dollars dépensés en 2025. Reste désormais à transformer ces milliards en capacités opérationnelles, un chantier qui s’étendra sur la prochaine décennie. Sauf que, en plus du temps long que tout programme militaire demande, les stratégies des pays du Vieux Continent pêchent sur plusieurs aspects. « Il manque une coordination au niveau européen », estime Alain De Neve. La faute à des programmes et des systèmes militaires nationaux redondants, avec, par exemple, « au niveau opérationnel, six modèles d’avions de combat opérés par les Etats membres », qui empêchent notamment des économies d’échelle sur la logistique et la maintenance. Par ailleurs, des chantiers militaires communs sont, soit terminés, comme le transporteur A400M, soit abandonnés, comme le projet d’avion de combat européen SCAF, lancé en 2017 par Angela Merkel et Emmanuel Macron, miné par des désaccords industriels et politiques. En attendant que les Etats membres de l’OTAN réussissent hypothétiquement à consacrer 5 % de leur PIB à la défense, ils s’en remettront, encore, aux Etats-Unis pour assurer leur défense face à la menace russe, avance le chercheur Alain De Neve. « La force dissuasive principale reste, aujourd’hui, le parapluie nucléaire américain, et dans le fait que le Royaume-Uni et la France sont deux puissances nucléaires. » Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPMالمصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes
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