«Notre dette est à 15,6% du PIB, qu’en est-il en France ?» : quand Vladimir Poutine se moque de l’état des finances françaises
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«Notre dette est à 15,6% du PIB, qu’en est-il en France ?» : quand Vladimir Poutine se moque de l’état des finances françaises Par Thomas Engrand Le 5 juin 2026 à 10h30 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Russie Vladimir Poutine dette Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp «Nous nous sentons en confiance», a balayé Vladimir Poutine, interrogé sur la crise économique que traverse la Russie. Dmitri Lovetsky / REUTERS Alors que l’économie russe s’enfonce dans la crise, le président russe a estimé que la situation de son pays n’était pas si terrible comparée à celle de la France. Un parallèle toutefois bancal. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Pas sûr qu’à Paris la comparaison soit appréciée. Interrogé sur les difficultés économiques grandissantes auxquelles fait face la Russie, Vladimir Poutine a brandi un miroir à ses détracteurs occidentaux. «La dette publique est de 15,6% de notre PIB, qu’en est-il en France ?», a-t-il répliqué jeudi, sourire en coin, à un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), lors d’une conférence de presse. Une question à laquelle il a lui-même répondu. «Ils sont à plus de 100%, 112% pour être plus précis (en réalité plus de 115% fin 2025 NDLR).» Pour le chef d’État russe, en poste depuis 2012, la conclusion est limpide. «Tout cela nous donne des raisons de croire que nous sommes sur la bonne voie et nous nous sentons en confiance», a-t-il déclaré. De prime abord, les chiffres semblent donner raison à Vladimir Poutine. En réalité, la situation économique russe est largement plus inquiétante que celle de la France. Tous les indicateurs économiques de la Russie, prise dans une spirale négative, sont dans le rouge. L’inflation, à 5,6% l’an dernier après 9,5% en 2024, continue d’étrangler le pouvoir d’achat des ménages. Pour tenter de la juguler, la banque centrale du pays maintient des taux directeurs très élevés, qui empêchent la croissance de l’économie. Pour la première fois depuis trois ans, le PIB russe s’est contracté de 0,2% au premier trimestre 2026. À lire aussi «C’est devenu intenable» : en Russie, le financement de la guerre pousse des milliers d’entreprises au bord de la faillite Passer la publicité Publicité Un déficit public grandissant Dans le même temps, l’État continue de dépenser sans compter pour soutenir l’effort de guerre en Ukraine. Moscou a largement puisé dans son fonds souverain et vendu une partie de son or pour éponger un déficit public grandissant. Au cours des trois premiers mois de 2026, celui-ci a déjà dépassé les prévisions pour l’ensemble de l’année, atteignant l’équivalent de 60 milliards de dollars, soit 1,9% du PIB. N’ayant pas accès aux marchés financiers internationaux en raison des sanctions occidentales, la Russie ne peut que très difficilement financer sa dette. Depuis plusieurs années, le Kremlin se voit donc contraint d’augmenter les impôts, renforçant encore le déclin de son économie. Le budget voté en 2025 contient par exemple une augmentation de deux points du taux de base de TVA, de 20% à 22%. Ce tableau déjà sombre pourrait même n’être qu’une version édulcorée de la réalité. Les services de renseignement militaire et de sécurité suédois (Must) estiment que la Russie «manipule» ses données pour masquer sa véritable situation économique. Moscou est certainement en proie à «une inflation plus élevée et un déficit budgétaire plus importants» que les indicateurs officiels, selon eux. Reste que si la comparaison de Vladimir Poutine ne tient pas, la France serait tout de même bien avisée de réduire sa dette.


