«Non à l’enlaidissement de Paris» : une pétition contre le nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale atteint plus de 77.000 signatures Par Clara Hidalgo Publié le 06/08/2026 à 12h23 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Assemblée nationale Patrimoine Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 5 min 28 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Le projet du cabinet Moatti et Rivière prévoit la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil en lieu et place du pavillon XIXe qui sert d’entrée aujourd’hui. Moatti-Rivière/Assemblée nationale L’association Sites & Monuments a lancé une pétition il y a cinq mois pour s’opposer au projet architectural, condamnant son aspect visuel et affirmant qu’il contrevient à plusieurs niveaux de protection du patrimoine de la capitale. Passer la publicité Passer la publicité Publicité La bataille autour du projet architectural du nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale se poursuit. À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 77.000 personnes ont signé la pétition lancée le 25 juin 2025 par l’association française de défense du patrimoine Sites & Monuments. Elle a été relancée ces derniers jours après que le Conseil de Paris a rendu, le 18 juillet, un avis favorable à la modification des règles d’urbanisme applicables au secteur du Palais Bourbon. À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour PODCAST - Écoutez le club Le Figaro Politique avec Yves Thréard L’association dénonce la construction d’un grand bâtiment de verre de 4000 mètres carrés qui jouxterait la célèbre colonnade de l’Assemblée nationale, face à la Seine et la place de la Concorde et dont le coût a été estimé à 52,8 millions d’euros - qui seront puisés dans les réserves de l’Assemblée. Passer la publicité Publicité Sites & Monuments juge que l’aspect visuel du nouveau pavillon, qui cherche à reproduire les colonnes de l’édifice en pierre de taille érigé en 1888, jurerait avec le cadre. «Il serait, en effet, inadmissible de porter atteinte à cette composition caractérisée par sa pureté, sa minéralité, sa symétrie et son équilibre, avec une correspondance parfaite des colonnades de l’Assemblée nationale et de l’église de la Madeleine. Cet ensemble architectural emblématique offre aujourd’hui une perspective que rien ne vient entacher», défend l’association sur le site de la pétition. «Dépense somptuaire» Au-delà de l’esthétique, Sites & Monuments estime que le projet contrevient aux prescriptions du Site patrimonial remarquable (SPR) du 7e arrondissement de Paris, «en raison de sa hauteur et d’empiètements sur un espace vert protégé». L’association explique par ailleurs qu’il porte atteinte au paysage des Rives de la Seine, classées à l’Unesco, dont il dégraderait la «stratification harmonieuse». Enfin, il ne respecterait pas, toujours selon Sites & Monuments, l’avis de la Commission du Vieux Paris, qui «s’oppose fermement et unanimement à la démolition pure et simple de l’actuel pavillon d’accueil». L’association critique également le coût du projet alors que «l’usage massif du verre serait totalement inapproprié par temps de canicule». Dans un contexte où «l’État doit faire des économies», Sites & Monuments affirme que la construction de ce pavillon est une «dépense somptuaire» et «incompréhensible». Et d’ajouter : «L’institution parlementaire doit être exemplaire et rendre des comptes aux citoyens.» Vieille rengaine depuis le début des années 2000 Ce projet architectural est porté par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, depuis 2025. Mais il est en réalité une vieille rengaine : dès le début des années 2000, les couloirs sont jugés trop étroits pour laisser passer les journalistes, les écoliers ou les groupes de visiteurs, rappelle Le Monde, qui précise que les consignes Vigipirate ont rendu «l’expérience plus complexe encore». En juillet 2023, le collège des questeurs de l’Assemblée (qui regroupe les députés chargés de l’administration et de la gestion financière du Palais Bourbon) avait lancé un concours d’architecture pour imaginer un nouveau pavillon. Le jury avait retenu le projet de l’agence Moatti-Rivière en 2024, ensuite validé à l’unanimité par le bureau de l’Assemblée nationale. De nombreuses critiques n’ont cessé de s’élever en 2025, poussant Yaël Braun-Pivet, en février 2026, à suspendre les travaux qui devaient être achevés en 2028. La présidente de l’Assemblée a expliqué que le permis de construire déposé en juin 2025 devait être modifié car il n’était pas compatible avec le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) qui s’applique au très sensible quartier du Palais-Bourbon. Passer la publicité Publicité Pour débloquer la situation, la préfet d’Île-de-France a engagé une procédure de modification ciblée du PSMV, raconte Le Parisien . Dans ce cadre, la Ville de Paris est obligatoirement consultée ; elle a rendu un avis favorable à la modification des règles d’urbanisme applicables au secteur le 18 juillet. Emmanuel Grégoire a estimé que les constructions «s’inscrivent dans des gabarits proches de ceux des édifices existants» et «ont été conçues dans le respect des caractéristiques architecturales et patrimoniales du site», indique le journal local. En revanche, il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que la suspension des travaux ne soit levée. Le préfet doit encore recueillir l’avis favorable de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), celui de la Commission locale du site patrimonial remarquable, puis faire l’objet d’une enquête publique, souligne Le Parisien. «Si vous avez l’argent, utilisez-le à bon escient» Plus de 77.000 personnes ont signé la pétition de Sites & Monuments, exprimant leur désaccord avec un «enlaidissement» de la capitale. Mais surtout leur incompréhension, principalement concernant le financement du nouveau pavillon, dans l’espace commentaires du site. Élisabeth, originaire de Courtenay, s’insurge par exemple que soient dépensés «50 millions» d’euros «pour mettre en place ces "boudins" de verre», alors que cette enveloppe «serait indispensable aux équipements des pompiers» qui luttent contre les nombreux incendies partout en France. Christophe, habitant de Lyon, déplore de son côté avoir de plus en plus de difficultés à obtenir «des remboursements de soins après avoir cotisé toute une vie de labeur». «Et là, et on organise des concours, pour qui, pour quoi. La grandeur de certains ? L’opportunisme d’autres ? Si vous avez l’argent, alors utilisez-le à bon escient, dans l’intérêt de la France et non pour l’intérêt de quelques-uns», écrit-il. Ces citoyens sont soutenus par plusieurs personnalités, à l’instar de JoeyStarr et Ségolène Royal. Mercredi, Rachida Dati a appelé sur X à la «mobilisation» pour «empêcher cette destruction patrimoniale». «Ce site patrimonial protégé a été déclassé par Emmanuel Grégoire et ses alliés écologistes», a pesté l’ancienne candidate à l’élection municipale de Paris.
المصدر: Le Figaro
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