En septembre, 1,8 million d'enseignants européens vont retrouver les bancs de l'école, mais tous n'auront pas le même nombre d'élèves face à eux. En moyenne, un instituteur au sein de l'Union européenne aura 13,3 enfants sous sa supervision d'après Eurostat, un chiffre qui varie grandement d'un pays à l'autre : de 18,2 en Roumanie à 7,4 en Grèce. Toutes les études pointent l'importance de ce taux d'encadrement des élèves pour leur réussite scolaire et le maintien de leur attention.
A ce titre, la France fait figure de mauvaise élève du continent, avec un ratio de 17,9 enfants par enseignant en 2024 selon les statistiques européennes. Le gouvernement a pourtant fait des efforts sur le sujet ces dernières années, avec notamment le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones difficiles depuis 2017. Mais la pénurie d'enseignants, qui concerne toute l'Europe, reste particulièrement forte en France. Nos voisins aussi doivent adapter leurs classes aux nouvelles réalités, entre contraintes budgétaires et développement du numérique.
Luxembourg : la rémunération, nerf de la bataille scolaire
Avec 8,2 élèves par enseignant, le Grand-Duché possède l'un des meilleurs taux d'encadrement en Europe et ne connaît pas de crise de vocation chez ses instituteurs. Pour une raison simple : des rémunérations parmi les plus élevées au monde. Avec un salaire de départ estimé à plus de 80 000 euros annuels, le Luxembourg permet aux jeunes diplômés de privilégier le secteur de l'éducation. Ainsi, plus de 40% des professeurs luxembourgeois ont moins de 35 ans, contre 19,6% en moyenne dans l'UE. Un signe positif aussi pour l'avenir.

Suède : des livres et des profs pour éviter la crise
Longtemps, le système éducatif suédois a fait figure de référence mondiale, avec d'excellents résultats et une grande confiance inculquée aux élèves. Mais depuis 2010 et une chute relative dans les classements internationaux, le gouvernement multiplie les réformes. Deux axes principaux : le retour des livres papier en classe, à la place des écrans, et le recrutement de davantage d'instituteurs pour encadrer les élèves. Selon les syndicats, il manquerait encore 30% des effectifs pour atteindre les objectifs nationaux.
Estonie : l'intelligence artificielle à la rescousse
Tous les trois ans, Tallinn surprend l'Europe en dominant le classement PISA, qui suit les acquis des élèves en mathématiques, lecture et sciences. Les clés du succès : une autonomie maximale et la priorité donnée au numérique. Mais ses excellents résultats ne mettent pas le pays balte à l'abri d'une pénurie d'enseignants, due à des salaires trop bas. Le gouvernement a décidé de miser sur l'intelligence artificielle (IA), avec un accès gratuit aux outils d'IA générative et une formation complète pour tous depuis la rentrée 2025.

Italie : l'hiver démographique, une opportunité ?
Pour la première fois de leur histoire, les écoles italiennes ont accueilli moins de sept millions d'élèves en 2025. Un record négatif, symptôme de l'une des natalités les plus faibles au monde (1,18 enfant par femme) et qui a entraîné la suppression de 3800 postes d'enseignants l'année dernière. L'opposition de gauche a présenté le projet de loi "Pas de plus de 20 par classe" en début d'année afin de profiter de cet "hiver démographique" pour améliorer le taux d'encadrement des élèves et leurs résultats scolaires.
Grèce : un archipel d'enseignants pour tous
La Grèce, meilleur élève européen de l'encadrement scolaire avec 7,4 enfants par instituteur. La raison principale : ses nombreuses îles, qui obligent certaines écoles à accueillir un très faible contingent d'élèves. Sur l'île d'Arki par exemple, 44 habitants à l'année, une enseignante fait cours à un seul enfant et lui permet de recevoir la scolarité obligatoire prévue dans la Constitution grecque. Un motif de fierté nationale qui lui a valu de recevoir le prix de l'Académie d'Athènes pour son engagement éducatif.


