Mort de la réalisatrice norvégienne Anja Breien, dont les films venaient d’être redécouverts en France
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Anja Breien, à Oslo, en 1974. AAGE STORLØKKEN/BRIDGEMAN IMAGES C’est l’une des principales figures du cinéma norvégien qui disparaît avec Anja Breien, morte dimanche 10 mai à Oslo, à l’âge de 85 ans. Ironie du sort, ses films venaient à peine d’être redécouverts en France, grâce au distributeur Malavida, après une ignorance de près de 50 ans. Tel fut le destin de nombreuses femmes réalisatrices injustement passées entre les filets de l’histoire du cinéma et de la reconnaissance cinéphile. Précédée au titre de pionnière par Edith Carlmar (1911-2003), qui œuvra en Norvège dans les années 1940-1950, Anja Breien le fut tout autant, en déclenchant une « nouvelle vague » locale à la fin des années 1960, dans un pays en retard sur la modernité européenne. D’une grande liberté de ton, sans dogmatisme, son œuvre, riche d’une vingtaine de films tournés entre 1967 et 2012, attentive à l’intime, observe le poids des structures sociales sur l’individu, et plus particulièrement sur les femmes. Lire la critique : Article réservé à nos abonnés Après « Wives », trois films inédits d’Anja Breien prennent le chemin des salles Lire plus tard Fille de l’écrivain et peintre Hans Borch Breien (1904-1991), Anja Breien naît le 12 juillet 1940 à Oslo, dans un environnement artistique. Elle est d’abord tentée par des études en physique nucléaire, mais la découverte des Quatre Cents Coups (1959), de François Truffaut, la décide à se tourner vers des études de cinéma en France. Entre 1962 et 1964, elle se forme à l’Idhec (Institut des hautes études cinématographiques, l’ancêtre de la Fémis), à Paris. Elle doit même en forcer l’entrée, obtenant un concours dérogatoire puisque, à l’époque, la section réalisation ne reçoit que des garçons, les filles étant encouragées à rejoindre des formations plus « convenables » (scriptes, monteuses, etc.). Elle s’inspirera des méthodes légères de la Nouvelle Vague française pour les importer en Norvège. Avant cela, elle travaille d’abord comme scripte, puis as...





