Arrivée au Maroc pour recueillir les témoignages des familles des victimes du drame de Ceuta, une journaliste franco-algérienne de Mediapart a été refoulée après plusieurs heures d’interrogatoire et d’attente au niveau de l’aéroport marocain de Tanger.
Nejma Brahim, spécialiste des questions migratoires pour le célèbre site payant français d’investigation depuis 5 ans, a été interdite d’entrée au Maroc dans la soirée du 13 août, dévoile Médiapart. Elle a été refoulée au niveau de l’aéroport de Tanger.
Une nuit interminable pour une journaliste franco-algérienne à l’aéroport de Tanger
À son arrivée à l’aéroport marocain, la journaliste franco-algérienne a été directement conduite dans un bureau ou elle a été interrogée par plusieurs agents de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
L’interrogatoire dure plusieurs heures durant lesquelles Nejma Brahim, qui a déjà enquêté en Espagne sur l’évasion vers Ceuta, expose les raisons de sa venue au Maroc et précise qu’elle travaille pour Médiapart, le journal français d’investigation.
La journaliste a été ensuite retenue pendant cinq heures. Il lui aurait fallu attendre minuit pour qu’elle soit conduite vers une salle d’embarquement de l’aéroport. Les agents de la DGSN, qui lui ont retiré son passeport, ne l’informent pas de sa destination.
La journaliste passera la nuit dans cette salle d’embarquement. Ce n’est que le lendemain qu’on la fera embarquer dans un avion. Une fois à bord, elle se rend compte qu’elle est en partance vers Paris.
Le Maroc invente une nouvelle nationalité « Française d’origine algérienne »
C’est le commandant de bord qui lui restitue son passeport avec un document officiel de refus d’entrée qu’elle n’avait pas signé et sur lequel aucun motif n’est mentionnée selon Médiapart.
Le média français précise toutefois que dans la case nationalité, on peut lire “Française d’origine algérienne” et non simplement “Française”, soulignant que cela ne fait que traduire “le questionnement insistant” des agents de la DGSN concernant ses origines algériennes.
La journaliste n’a donc pas pu poursuivre son travail d’investigation sur le drame de Ceuta au Maroc. Un constat que les autorités consulaires françaises n’ont pas pu empêcher, bien qu’elles aient été “alertées”, précise le média français.
La journaliste franco-algérienne s’est donc finalement retrouvée, après un long interrogatoire, 5 heures de rétention, et une nuit d’attente dans la salle d’embarquement, refoulée vers Paris sans la moindre explication officielle de la part des autorités marocaines.
Cette affaire confirme encore le climat de travail difficile des journalistes au Maroc où les Franco-Algériens sont indésirables. Mediapart rappelle d’ailleurs que des journalistes de la chaîne publique espagnole TVE et de l’agence de presse EFE ont été expulsés de la ville marocaine de Fnideq, située près de Ceuta, le 15 août dernier.
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