... | 🕐 --:--
-- -- --
عاجل
⚡ عاجل: كريستيانو رونالدو يُتوّج كأفضل لاعب كرة قدم في العالم ⚡ أخبار عاجلة تتابعونها لحظة بلحظة على خبر ⚡ تابعوا آخر المستجدات والأحداث من حول العالم
⌘K
AI مباشر
26841 مقال 231 مصدر نشط 38 قناة مباشرة 5999 خبر اليوم
آخر تحديث: منذ 0 ثانية

L’irresponsabilité budgétaire des maires : la grande absente des municipales, par Kevin Brookes

العالم
L'Express
2026/03/26 - 13:53 501 مشاهدة

Les élections municipales se sont achevées comme elles avaient commencé : dans un brouhaha médiatique où l'on spécule sur des noms plutôt que sur des projets. Pendant que les commentateurs s'épuisaient à déterminer quelle écurie présidentielle "gagnait" ces quelque 35 000 scrutins locaux, ils passaient à côté de l'essentiel : le triomphe du rejet de la politique. L'abstentionnisme confirme sa position de premier "parti" de France — et de très loin.

L'abstentionniste, ce citoyen invisible

Ces élections s'inscrivent dans une tendance lourde, marquée par trois dynamiques convergentes : une désaffection croissante pour les urnes, un dégagisme plus prononcé qu'à l'ordinaire pour les sortants, et une fracture grandissante entre les choix électoraux des urbains et des ruraux.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au premier tour, seuls 57 % des électeurs inscrits ont daigné se déplacer — et encore, ce taux ne tient pas compte des 2,2 millions de Français non inscrits sur les listes électorales. Si l'on inclut ces absents structurels, c'est bien la moitié des citoyens en âge de voter qui n'a pas participé. Le phénomène atteint des proportions vertigineuses chez les 25-34 ans, à 60 % d'abstention, et chez les ménages les plus modestes — moins de 1 250 € nets par mois — à 62 %. Autrement dit : ce sont les jeunes et les classes populaires, ceux que la politique prétend servir en priorité, qui s'en détournent le plus massivement. Quand ils votaient, les Français des villes moyennes ont souvent cédé au dégagisme en choisissant l'alternance — là même où le système favorise structurellement les sortants.

Les musiciens du Titanic continuent de jouer

Ces élections constituent le dernier avatar en date d'une crise de confiance politique qui s'aggrave d'année en année, comme le mesure le baromètre du Cevipof. Elles auraient dû obliger la classe politique à remettre en cause ses méthodes : cumuls de mandats officieux, clientélisme électoral, et surtout dépense publique utilisée comme carburant électoral.

L'attention médiatique aurait mieux fait de se fixer sur ce curieux orchestre que formaient les candidats. Comme les musiciens du Titanic, ils ont tous joué la même partition, celle des promesses coûteuses et infinançables, tandis que le navire des finances publiques prend l'eau. Le procédé est rodé. A Nice, Eric Ciotti s'est solennellement engagé à ne baisser "aucune des subventions aux associations niçoises", toutes catégories confondues. Il a même proposé un "chèque vétérinaire pour les propriétaires d'animaux les plus modestes", au moment même où il promettait par ailleurs de réduire les dépenses. Promettre monts et merveilles à tout le monde reste un grand classique du genre.

A l'échelle nationale, les grandes mairies de France ont pourtant déjà contracté une dette historique. Paris affiche un encours de 9,4 milliards d'euros en 2025, en hausse de 44,6 % en quatre ans, avec une capacité de désendettement estimée à 32,4 ans, presque trois fois le seuil d'alerte de 12 ans fixé par les autorités de tutelle. Marseille dépasse quant à elle 1,3 milliard d'euros. Et tout cela dans des communes qui bénéficient de dotations généreuses de l'Etat et sont théoriquement tenues à l'équilibre de leurs budgets de fonctionnement.

Pourtant, cette irresponsabilité financière a été la grande absente des débats. Le think tank Génération Libre [NDLR think tank dont Kevin Brookes est le directeur] avait tiré la sonnette d'alarme avant le scrutin sur la gabegie des subventions municipales : pas moins de 473 millions d'euros distribués chaque année à des structures extérieures rien que pour Paris, Lyon et Marseille, souvent sans évaluation ni contrôle démocratique sérieux. Ces maires ayant été reconduits dans leurs fonctions, on peut s'attendre à ce que la pratique continue allègrement.

Ce sujet, ignoré des débats, est pourtant symptomatique de l'ethos de nos élites politiques : dépenser de l'argent qui n'est pas le leur pour financer des promesses qui servent un nombre de plus en plus restreint de clientèles électorales.

Un système opaque qui fabrique l'irresponsabilité

Le problème dépasse les simples comportements individuels des élus. Il plonge ses racines dans l'architecture même de nos finances locales. Les communes dépendent pour une part significative de dotations d'Etat, auxquelles s'ajoutent des financements croisés (régions, départements, agences nationales) dont la complexité rend impossible de savoir qui paie quoi, pour qui, et pour quoi.

Ce système fabrique structurellement l'irresponsabilité : les maires financent leurs promesses avec l'argent de contribuables qui ne résident pas dans leurs communes. L'exemple type est celui des équipements sportifs. Des maires se battent pour les construire, communiquent sur leur inauguration, et font payer la facture à de multiples échelons administratifs, et donc à des contribuables de l'ensemble du territoire qui n'utiliseront jamais ces installations. Puisque le contribuable ne sait pas où va son argent, pas plus qu'il ne sait d'où vient l'argent des services publics qu'il utilise, la dépense publique se fait sans douleur.

La solution : l’autonomie fiscale des communes

Une réforme claire permettrait pourtant de sortir de ce cycle : l'autonomie fiscale des collectivités territoriales. A chaque échelon devrait correspondre un impôt local, acquitté par les résidents de ce territoire, qui pourraient ainsi juger du bon usage de leurs contributions. Cette autonomie aurait deux vertus : assécher la source qui alimente l'irresponsabilité budgétaire, et renouer le lien entre le citoyen et son impôt. Car un habitant qui sait précisément ce que finance chaque euro de sa fiscalité locale est un citoyen qui reprend pied dans la démocratie locale — et qui, peut-être, se souviendra d'aller voter. Alors que 44 % des inscrits ont boudé les urnes le 15 mars, cette réforme n'est pas un luxe, mais une nécessité.

*Par Kevin Brookes, Directeur de Génération Libre et enseignant à Sciences Po

مشاركة:
\n

مقالات ذات صلة

// Coin System - Track article read (function() { const email = localStorage.getItem('khabr_user_email'); if (!email) return; const articleId = 48787; // Record read (+1 coin) fetch('/api/coins/read', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email, article_id: articleId}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { // Show coin earned toast const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🪙 +' + data.coins_earned + ' coin! (Balance: ' + data.balance + ')'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:20px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#f59e0b,#d97706);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(245,158,11,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 3000); } }).catch(() => {}); // Daily login check const lastLogin = localStorage.getItem('khabr_daily_login'); const today = new Date().toDateString(); if (lastLogin !== today) { fetch('/api/coins/daily-login', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { localStorage.setItem('khabr_daily_login', today); setTimeout(() => { const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🔥 Daily bonus +' + data.coins_earned + ' coins! (Streak: ' + data.streak + ' days)'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:70px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#ef4444,#dc2626);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(239,68,68,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 4000); }, 1500); } }).catch(() => {}); } })();
// Coin System - Track article read (function() { const email = localStorage.getItem('khabr_user_email'); if (!email) return; const articleId = 48787; // Record read (+1 coin) fetch('/api/coins/read', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email, article_id: articleId}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { // Show coin earned toast const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🪙 +' + data.coins_earned + ' coin! (Balance: ' + data.balance + ')'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:20px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#f59e0b,#d97706);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(245,158,11,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 3000); } }).catch(() => {}); // Daily login check const lastLogin = localStorage.getItem('khabr_daily_login'); const today = new Date().toDateString(); if (lastLogin !== today) { fetch('/api/coins/daily-login', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { localStorage.setItem('khabr_daily_login', today); setTimeout(() => { const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🔥 Daily bonus +' + data.coins_earned + ' coins! (Streak: ' + data.streak + ' days)'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:70px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#ef4444,#dc2626);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(239,68,68,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 4000); }, 1500); } }).catch(() => {}); } })();
AI
يا هلا! اسألني أي شي 🎤