Librairies en mutation : survivre au-delà du livre
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Librairies en mutation : survivre au-delà du livre Par Clara Gaume Le Bars avec AFP Le 7 juin 2026 à 09h00 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Librairies Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp La rentabilité des librairies figure parmi les plus faibles du commerce, avec une marge estimée à seulement 1 % AHMAD GHARABLI / AFP Face à la baisse des ventes de livres et à la hausse des charges, les librairies françaises multiplient les stratégies de survie. Papeterie, cafés, jeux ou espaces culturels, la diversification devient un levier économique autant qu’un enjeu d’attractivité. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Vendre des livres ne suffit plus toujours à faire vivre une librairie. Confrontés à l’érosion du marché et à l’augmentation des charges, de nombreux libraires cherchent aujourd’hui de nouvelles sources de revenus. Papeterie, jeux de société, cafés, ateliers culturels ou encore espaces d’exposition : autant d’activités qui permettent d’attirer de nouveaux publics et de compenser le recul des ventes d’ouvrage. La diversification des librairies sera d’ailleurs au cœur des débats des Rencontres nationales de la librairie, un rendez-vous biennal qui se tient dimanche et lundi à Rennes en présence de 1 200 professionnels du secteur. À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour PODCAST - Écoutez le moment des livres avec Alice Develey Si les librairies cherchent à se réinventer, c’est avant tout parce que leur situation économique se fragilise. « Elles sont victimes de l'effet ciseaux : alors que les ventes de livres neufs diminuent, les charges liées aux loyers, aux salaires et au transport augmentent fortement », explique Alexandra Charroin Spangenberg, présidente du Syndicat de la librairie française (SLF). « Beaucoup d’entre elles se retrouvent en grande difficulté». Regarder la vidéo Librairies: plus de fermetures que d’ouvertures en 2025, une première Passer la publicité Publicité La rentabilité des librairies figure parmi les plus faibles du commerce, avec une marge estimée à seulement 1 %. Cette fragilité touche désormais des acteurs majeurs du secteur. Deux des enseignes les plus importantes, Gibert et le groupe Nosoli, propriétaire du Furet du Nord et de Decitre, ont récemment été placés en redressement judiciaire. D’autres entreprises historiques rencontrent également des difficultés, à l’image de Sauramps, à Montpellier. Les chiffres publiés par le Centre National du Livre (CNL) illustrent ce ralentissement. En 2025, 83 librairies ont été ouvertes sur l'ensemble du territoire, contre 135 en 2024, tandis que 85 ont fermé, faisant apparaître pour la première fois un solde négatif. Parallèlement, les pratiques de lecture évoluent. Les Français lisent de moins en moins de livres au format papier, avec un niveau historiquement bas chez les lecteurs réguliers. À l’inverse, même si elle marque un léger recul par rapport à 2023, la lecture numérique a fortement progressé au cours de la dernière décennie : + 6% et trois livres lus de plus en moyenne par rapport à 2015, toujours selon de CNL. Les habitudes d’achat se transforment également. Les grandes surfaces culturelles séduisent davantage de consommateurs (+6 points par rapport à 2023) et devancent désormais les librairies, dont la fréquentation recule (-6 points au global). Les sites de vente en ligne, eux, poursuivent leur progression. Malgré ces évolutions, la France conserve le réseau de librairies indépendantes le plus dense au monde, avec environ 3 400 établissements répartis sur l’ensemble du territoire. Où vous procurez-vous les livres que vous achetez ? Base : Acheteurs (919) Ipsos – Les Français et la lecture – Centre National du Livre (CNL) – Janvier 2025 Comment attirer de nouveaux clients? Il n'y a pas de règle et chaque libraire tente comme il peut d'attirer des publics différents, au-delà des lecteurs. « Je cherche tous les moyens pour varier la clientèle, pour créer des passerelles entre les activités et pour enrichir l'expérience que nous offrons afin que ceux qui entrent laissent leurs soucis à la porte », témoigne Amanda Spiegel, libraire à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et vice-présidente du SLF. Passer la publicité Publicité Comme bien d'autres, sa librairie a ajouté aux rayons de livres des rayons offrant de la papeterie, des loisirs créatifs, des cartes postales et des jeux de société, aux marges plus importantes. Comme le font les grandes enseignes Cultura ou la Fnac. « Rééquilibrer l'activité entre le livre et le hors-livre » est aussi l'un des axes que s'est fixé le groupe Nosoli, tandis que Gibert parie sur le livre d'occasion pour sortir des difficultés financières. À lire aussi À New York, une librairie sans livres consacrée aux audiobook À Marseille, la librairie Maupetit a récemment «renouvelé la physionomie de sa boutique» de 850m², pour offrir une papeterie, un café et une galerie, selon Damien Bouticourt, son directeur. Cette évolution préoccupe les maisons d'édition qui craignent une contraction de l'espace dévolu aux livres, en rappelant qu'«une librairie, c'est fait pour vendre des livres». De nombreux projets existent en France, notamment dans les villes de moins de 15.000 habitants, où se sont concentrées 56% des ouvertures de librairies en 2025, selon le CNL. Café et livres, ça marche? « Oui, et c'est un modèle qui se développe en milieu rural », témoigne Gaëlle Maindron, qui tient la librairie-café Livres in Room, à Saint-Pol-de-Léon, une petite ville du Finistère. « C'est un lieu qui répond à une demande de convivialité, d'échanges et de culture », explique la présidente de la Fédération Cafés librairies de Bretagne, qui rassemble une vingtaine d'établissements. Cette association organise régulièrement des manifestations qui mêlent spectacles musicaux et contés, lectures et ateliers créatifs. Gaëlle Maindron assure que la priorité de sa librairie reste la vente de livres, qui « représente 80% » de son chiffre d'affaires, mais que la diversification lui permet de dégager une marge « un peu plus importante ». Le défi est de « bien maîtriser l'ensemble des activités », car « tenir un café et être libraire n'est pas le même métier », nuance toutefois Gaëlle Maindron.



