«Le meilleur des canadairs, c’est la vigne» : les vignes coupe-feu, cette solution pour freiner la propagation des incendies
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«Le meilleur des canadairs, c’est la vigne» : les vignes coupe-feu, cette solution pour freiner la propagation des incendies Par William Plummer Le 23 juillet 2026 à 16h10 Ajouter Le Figaro Vin à vos sources préférées Sujets vignes Collioure Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 3 min 38 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Les vignes peuvent servir de coupe-feu face aux incendies (image d’illustration). Elke Hötzel - stock.adobe.com Alors que des feux de grande ampleur ravagent des centaines d’hectares en France, la présence de vignes est souvent salutaire pour servir de «coupe-feu». Les vignerons craignent toutefois qu’avec la multiplication des campagnes d’arrachage, les incendies se renforcent dans les prochaines années. Passer la publicité Passer la publicité Publicité 400 personnes évacuées et 2500 hectares carbonisés dans le Var, où le feu est désormais fixé, 20.000 habitants et touristes délogés et plus de 3000 hectares brûlés en Gironde... Les incendies font rage, alors qu’une bonne partie du pays fait face à une sécheresse considérable. Dans les Corbières, un département particulièrement touché ces dernières années, les vignerons dénoncent l’abandon progressif de la vigne dans certains secteurs. «Le meilleur des canadairs, c’est la vigne», regrettait l’an passé sur France Info Pierre Hylari, président des Jeunes agriculteurs d’Occitanie. Et d’ajouter : «Malheureusement, vu qu’elle disparaît, les catastrophes ne feront que s’amplifier». À découvrir Espace vignerons : référencez vos domaines et vos vins sur le site du Figaro Le problème ? Les campagnes massives d’arrachage de vignes. En 2025, 5.000 hectares ont été détruits dans l’Aude, dans le cadre d’un dispositif financé par des fonds européens censé répondre à la crise du marché viticole. Sauf qu’à de rares exceptions, ces vignes n’ont pas été remplacées. Et là où l’on plantait autrefois du carignan ou du grenache, il ne reste aujourd’hui que des terrains en friche, devenus de véritables couloirs de feu. En conséquence, de nombreux vignerons plaident pour replanter des vignes. Sur cette terre catalane où souffle la tramontane, le passé a montré que les incendies peuvent détruire tout un écosystème en un rien de temps et mettre en péril des vies humaines. Romuald Péronne Passer la publicité Publicité L’intérêt des vignes «coupe-feu» «Si on ne fait rien, les drames vont se répéter. Et on aura encore une fois que nos yeux pour pleurer», lance Romuald Péronne depuis les hauteurs du majestueux cru Collioure-Banyuls à une centaine de kilomètres des incendies. Et le vigneron sait de quoi il parle. Chaque décennie, des feux de grande ampleur ravagent des centaines d’hectares de cette vallée bâtie en terrasse. Et sur cette terre catalane, le passé a montré que les incendies peuvent ici aussi détruire tout un écosystème en un rien de temps et mettre en péril des vies humaines. «On ne peut plus rester les bras croisés», tance Romuald Péronne. La solution avancée par le président de l’appellation et les vignerons du cru pour protéger ce lieu ? Planter des vignes «coupe-feu». Ou plutôt en replanter. « Il y a une quarantaine d’années, des subventions avaient été mises en place chez nous et versées pour planter en altitude, dans des secteurs comme Cerbère, Banyuls ou Cosprons. L’objectif était d’empêcher la propagation des incendies d’une vallée à une autre, et ça fonctionnait », relate le président de l’appellation. Sauf que sur ces terres difficiles à exploiter du fait de la forte pente et des maturités compliquées à obtenir en raison des conditions climatiques, les vignerons ont délaissé ces parcelles «plus fraîches» laissant la nature refaire son nid. À lire aussi Dans la région viticole la plus sèche de France, une solution miracle à base de charbon pour lutter contre la sécheresse ? Pendant des années, ces vignes stratégiques ont joué leur rôle. «Il y a 25 ans, elles étaient bien plus nombreuses et encore entretenues. Quand le feu prenait il venait s’arrêter sur ces vignes car il manquait alors de combustible. Les cinq ou six premiers rangs pouvaient griller mais les flammes ne se propageaient plus ce qui permettait de freiner la propagation de l’incendie», détaille Alexandre Trani, chef du groupement opérations du service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales. À l’image des cartes de risque d’avalanche en montagne, les pompiers ont identifié et classé les zones les plus dangereuses de la région. «On sait par exemple que sur certains secteurs on peut avoir des sauts de feu. Si on arrive à repositionner des vignes de manière intelligente ce sera très intéressant pour nous dans la lutte contre les incendies», ajoute-t-il. Ici, les vignes entretenues ont résisté aux flammes de l’incendie de 2023 Romuald Péronne Les quelques vignes coupe-feu qui habillent ce paysage méditerranéen sont aujourd’hui peu nombreuses. «Il faudrait que les pouvoirs publics nous entendent et investissent dans ce projet. L’idée serait d’introduire des vignes ornementales qui seront là uniquement pour protéger : il n’y aurait pas de question de rendements, de récolte et pas non plus besoin de vignerons derrière», précise Romuald Péronne. Une véritable nécessité à l’heure où le réchauffement climatique s’ajoute à la problématique. «Ce qui est préoccupant, c’est que la saison des feux s’étend aujourd’hui de plus en plus. Et les comportements d’incendies peuvent se montrer aussi intenses en été qu’au printemps», détaille Alexandre Trani. Les faits lui donnent raison : jamais, en 20 ans de mesures, autant de surfaces n’ont brûlé en France à la mi-juillet, selon les données satellitaires du système européen Effis.المصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro
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