La Saison Méditerranée, une opération artistico-diplomatique sous haute tension
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Saber Radhouani et Amena El Abd lors d’une résidence à Dahchour, au sud du Caire, en 2026. KHALED GOHAR/AGNÈS RENOULT COMMUNICATION D’abord un souffle qui déchire le silence de la palmeraie. Visage solaire encadré d’une cascade de boucles, l’Egyptienne Amena El Abd entonne une mélopée a cappella, à laquelle répond la voix tendue du Tunisien Saber Radhouani. Peu à peu, le rythme obsédant du oud se mêle aux notes de piano suivies par les accents jazzy du trombone. Assise droite dans son fauteuil, Marianne Khoury applaudit à tout rompre. A la mi-avril, la productrice de cinéma, qui veille avec passion sur l’héritage filmique de son oncle, le célèbre cinéaste Youssef Chahine, a transformé en laboratoire musical sa résidence d’artistes à Dahchour, oasis de fraîcheur à une heure du Caire et de son vacarme permanent. Si ses murs abritent d’ordinaire les espoirs du cinéma égyptien, Marianne Khoury n’a pas hésité à répondre à l’appel de Julie Kretzschmar, commissaire de la Saison Méditerranée, en ouvrant ses portes à cinq recrues de l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée (OJM). Durant huit jours, ce quintette a composé un morceau qui sera interprété par l’OJM, le 20 juillet, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), l’un des 200 événements accompagnés par la Saison Méditerranée. « On n’associe pas le pourtour méditerranéen à l’excellence pour la musique symphonique, déplore Pauline Chaigne, directrice adjointe de l’OJM. Pour des raisons de mobilité, d’obtention de visa, les musiciens du monde arabe n’intègrent pas les grands conservatoires qui mettent une étiquette prestigieuse sur un CV. Mais il y a là des talents extraordinaires. » Il vous reste 83.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.