« La chute d’une icône »… Sarkozy et Bardella, une relation ambiguë qui agace LR autant qu’elle ravit le RN
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Néanmoins, malgré ses déboires judiciaires, l’ancien président de la République n’a pas totalement décroché avec le monde politique. « Il est toujours influent, avec ce rôle de sage qu’on consulte », nous confiait un député LR. Il reçoit régulièrement à son bureau parisien des personnalités, notamment de droite. Mais certains profils sont parfois plus surprenants… Nicolas Sarkozy a ainsi déjeuné le 19 février dernier pendant deux heures avec Jordan Bardella, rapporte l’Express. Pas une première, puisque les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en juillet dernier pour partager des croissants à la demande du président du Rassemblement national. « Il y a une volonté chez Nicolas Sarkozy de connaître tout ce qui structure la vie politique française, ce qui l’a amené à accepter la demande de Jordan de le rencontrer », confirme Sébastien Chenu, le vice-président RN de l’Assemblée nationale. « Il y avait ce phénomène de curiosité pour comprendre le succès médiatique et électoral de Jordan, qui représente la jeunesse qu’il aime, énergique et élégante », ajoute l’ancien de l’UMP, qui côtoie régulièrement l’ancien chef de l’Etat, et lui a écrit plusieurs lettres lorsqu’il était derrière les barreaux. L’ancien président a d’ailleurs été particulièrement touché du soutien de Jordan Bardella lors du retrait de sa légion d’honneur après sa condamnation. Et distille ces derniers temps des mots doux à propos du jeune chef du Rassemblement national. « Quand j’ai rencontré Bardella, il m’a un peu fait penser au RPR au temps de Jacques Chirac. Son discours n’est pas très différent du nôtre à l’époque », dit-il dans un entretien au Point en décembre. Considérant le RN comme un « parti républicain », Nicolas Sarkozy évoque dans son livre un échange avec Marine Le Pen par téléphone, où il lui promet de ne pas s’associer à un éventuel « front républicain » contre le candidat RN en cas de second tour à la présidentielle 2027. Un changement de pied vis-à-vis du parti à la flamme qui interroge. Et une relation ambiguë avec Jordan Bardella qui agace chez LR. « Ce sujet vous excite peut-être, mais moi, ça ne m’excite pas du tout ! », balaie un sénateur LR, proche de Bruno Retailleau. « Je n’ai rien à dire sur le sujet », évacue un autre cadre du parti. « C’est la chute d’une icône », appuie un autre cador LR, qui ajoute : « Tout ce qu’il fait depuis quelques années ne vise qu’à une chose : éviter d’aller en prison ». Certains laissent ainsi entendre que Nicolas Sarkozy viserait une éventuelle grâce présidentielle en cas d’arrivée au pouvoir de Jordan Bardella en 2027. Cette relation entre les deux hommes est bien mieux accueillie au sein du Rassemblement national, et tant pis s’il s’agit d’un ancien adversaire politique. « Nicolas Sarkozy n’est pas devenu un soutien du RN, et il a fait part de ses divergences profondes avec Jordan lorsqu’ils se sont vus, sur les retraites notamment. Mais on ne perd jamais son temps à échanger avec un ancien président de la République », nuance Sébastien Chenu. « C’est un homme libre, qui accepte de recevoir ceux qui en font la demande. Et il y a du monde, quand vous le rencontrez, vous patientez en salle d’attente, comme chez le médecin, on voit la personnalité d’avant et celle d’après. Les profils sont parfois surprenants… », ironise le cadre RN. Les amabilités d’un ancien chef de l’Etat, qui reste important au sein de la droite malgré sa retraite et ses ennuis judiciaires, sont bienvenues pour le Rassemblement national, toujours en quête de normalisation. « C’est important, ça peut faire sauter des tabous. Ça crédibilise, car qu’on l’aime ou pas, il représente quelque chose dans la société », assume Chenu. Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher est plus explicite : « Sarkozy a un statut particulier, ça reste un homme populaire, précisément dans l’électorat ''Auteuil-Neuilly-Passy''. Ces gens-là, qui sont l’électorat qui nous manque, l’écoutent. Ce n’est pas parole d’Evangile, mais si l’ancien président considère que Bardella est fréquentable, que ce n’est pas le diable, ça a un impact ». » Nicolas Sarkozy pourrait-il aller plus loin dans la prochaine campagne, et appeler à voter pour Jordan Bardella au second voire au premier tour de la présidentielle ? Contacté par 20 Minutes, son entourage n’a pas répondu à nos sollicitations. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM



