« J’avais l’impression de mourir de l’intérieur »… L’émouvant témoignage de Laëtitia R., violée et torturée
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
.alst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.edcls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en Ukraine01:31 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 22/05/2026 à 17h19 • Mis à jour le 22/05/2026 à 17h19 D’un pas court qui trahit son appréhension, Laëtitia R. quitte le banc des parties civiles pour rejoindre la barre de la cour d’assises de Digne-les-Bains. Elle n’a pas un regard pour Guillaume Bucci, son ex-compagnon jugé pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme aggravé commis à son encontre entre 2015 et 2022. La mère de famille, aujourd’hui âgée de 42 ans, est déterminée à battre en brèche l’idée insufflée par la défense que ces pratiques extrêmes étaient pleinement consenties, dans le cadre de jeux sexuels sadomasos. Depuis lundi, la cour d’assises plonge chaque jour un peu plus dans les tréfonds d’une relation d’emprise extrême. « Petit à petit, j’avais l’impression de mourir à l’intérieur. À chaque pratique imposée, il y avait une partie de moi qui se brisait définitivement », explique Laëtitia R, pantalon et veste noire finement rayée de blanc, une bague chapelet à son index. Lorsqu’elle rencontre Guillaume Bucci, ce directeur d’agence bancaire à Manosque lui propose de l’initier au sadomasochisme. Elle s’imagine un scénario à la « Fifty shades of grey », des fessés ou des liens pour l’attacher. Il n’en est rien. Devant une salle d’audience archicomble, Laëtitia R. raconte l’inimaginable. La violence inouïe, les relations zoophiles, scatophiles. Les centaines d’hommes auxquels elle est livrée. L’emprise et la terreur. « Quand je lui disais non, il y avait des menaces et des violences. J’ai très vite compris qu’il mettait ses menaces à exécution », explique-t-elle à la barre. Et de décrire des strangulations jusqu’à perdre connaissance et des menaces plus qu’explicites : « Aujourd’hui tu te réveilles, mais la prochaine fois tu ne te réveilleras pas. » La mère de famille était « terrorisée » et ce, d’autant que Guillaume Bucci, amateur de chasse, détenait de nombreuses armes. A l’entendre, tout ou presque est prétexte à un déchaînement de violences. Les bêtises d’un des enfants, par exemple. « Et quand je les défendais, c’était pire. » Si bien, explique-t-elle, qu’elle finit par arrêter de s’opposer. Peut-être pour anticiper les questions de la défense, Laëtitia R. tient à s’expliquer sur les messages dans lesquelles elle donne l’impression qu’elle appréciait cette relation sadomasochiste. « J’ai pu dire "oui, j’aime ça", pour survivre. Car les moments où il voit que j’adhère, il lâche un peu la pression, j’ai moins de coups. Je me disais : "Une fois de plus, une fois de moins, ça ne changera rien" ». Des sanglots dans la gorge, elle décrit un mécanisme de survie : « je ne regardais jamais en arrière ce qui m’était arrivé. Je me répétais : "aujourd’hui je suis vivante, demain on verra". » Comme chaque jour depuis le début du procès, Guillaume Bucci ne cesse de secouer la tête d’un air désapprobateur. Il ôte ses lunettes de vue, se frotte les yeux, reprend sa concentration et lève par moments les bras, lorsqu’il pense que ses avocats mettent le doigt sur une contradiction de la victime. Laëtitia R., aujourd’hui handicapée à hauteur de 50 à 80 %, confie sa « honte » et son sentiment de culpabilité « de ne pas avoir su se défendre ». Après un peu plus d’une heure, Laëtitia R. vacille. Rester debout est désormais pour elle une épreuve. « Ça va aller ? », s’enquiert la présidente de la cour, Estelle Lassaussois, qui lui fait porter une chaise. Cette relation a, par ailleurs, conduit à la « destruction psychique » de la victime, a rapporté le psychiatre chargé de l’évaluer. Elle le confie sans détour, si elle « n’avai[t] pas ses enfants, ne serai[t] plus là aujourd’hui ». Et d’ajouter : « la nuit, je regardais à quelle heure passait le premier train du matin pour me jeter dessous. » A présent, Laëtitia tente de se reconstruire, seul avec ses quatre enfants, dont les trois plus âgés sont venus la soutenir. Surtout, elle ne veut plus entendre parler des hommes en qui elle n’a « plus confiance ». « Je peux être en train de faire des haricots verts et d’un coup j’ai des souvenirs de violences ou d’actes sexuels que j’ai subi. Et mes enfants me voient d’un coup me décomposer. J’essaie de faire bonne figure » Dans le public, on voit les yeux rougis, on entend les nez se moucher nerveusement. Le verdict est attendu ce samedi. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM





