« J’ai l’impression d’avoir perdu trois ans de ma vie » : l’adaptation permanente des jeunes tributaires des déménagements de leurs parents
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CLARA DUPRÉ Du pont d’un ferry venu d’Italie, Anita (elle ne souhaite pas donner son nom de famille) aperçoit pour la première fois la côte tunisienne : « Le soleil se levait, au milieu de la brume, et je me disais : ça y est, c’est ma nouvelle maison. » Elle a alors 13 ans et observe le rivage avec excitation. Son père, diplomate, connaît sa cinquième mutation depuis la naissance d’Anita. Une villa blanche avec piscine l’attend dans le quartier cossu de la Marsa, à Tunis. Dans cette famille franco-italienne, les départs se préparent des mois à l’avance : on emporte les mêmes meubles, les mêmes jouets. « La maison, c’est là où mes parents et ma petite sœur habitent », résume la jeune fille, aujourd’hui âgée de 19 ans. Née à Paris, elle grandit entre le Monténégro, la Macédoine et la Tunisie. A chaque nouvelle arrivée, il lui faut près d’un an pour trouver ses marques : « J’étais un peu timide étant petite, et tous ces déménagements m’ont poussée à aller vers les autres. » Ces expatriations lui donnent aussi suffisamment d’assurance pour rejoindre seule, à 18 ans, Louvain-la-Neuve, en Belgique, afin d’étudier les sciences politiques, loin de ses parents désormais installés en Albanie. Peu importe si elle n’a ni amis d’enfance, ni véritable lieu d’ancrage : « Adulte, j’ai appris à voir ça comme une liberté, plutôt qu’un fardeau », affirme-t-elle. Il vous reste 82.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





