Iran : Les funérailles de l’ayatollah Khamenei, une « démonstration de force » du régime
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•» L’Iran s’apprête à vivre les funérailles XXL du guide suprême Ali Khamenei, tué par des frappes israélo-américaines fin février.
•Les cérémonies débutent ce week-end et dureront six jours.
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Cela fait partie de son identité d’une part mais aussi de l’identité du chiisme, qui est une religion doloriste, lacrymale », explique Amélie Chelly, spécialiste de l’Iran et enseignante à l’ICP, citant les funérailles de Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods, tué en 2020. En 1989, lors de la mort de l’ayatollah Khomeyni, 10 millions de personnes étaient dans la rue. En 2026, l’évènement politique et religieux s’annonce majeur, accentué par la mort de Khamenei « en martyr ». Il est aussi pensé comme une démonstration de force inédite pour le régime, qui n’a rien laissé au hasard. « C’est le premier grand événement politique après la guerre de contre les Etats-Unis : la République islamique d’Iran va faire passer des messages », assure Thierry Coville, économiste chercheur à l’IRIS et spécialiste de l’Iran. « Les discours vont insister sur la victoire de l’Iran face aux Etats-Unis et la mise en scène de la figure du martyr victorieux », confirme Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran et chercheur associé au GRIP à Bruxelles. Jeudi, Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de l’équipe de négociation iranienne et président du Parlement, a appelé le peuple iranien « à venger » la mort du guide suprême en se rendant aux cérémonies. Le symbole des funérailles, un poing dressé, est sans équivoque : « Le régime joue la fibre patriotique pour rassembler autour de lui », ajoute le spécialiste. D’autant que la guerre a pu favoriser une certaine forme de renaissance du nationalisme. Les Iraniens sont attendus nombreux : selon les estimations, ils sont environ 15 % à soutenir les mollahs. « Ils entendent montrer qu’ils sont soutenus par la population, indique Thierry Coville. En janvier, il y avait des manifestations et une répression sévère qui a fait plusieurs milliers de morts. Depuis la guerre, les supporters du régime occupent le terrain. » Un hommage national est d’abord prévu à Téhéran, puis dans la ville sainte de Qom mardi, en Irak, avant une inhumation à Machhad, « ville religieuse historique », précise Amélie Chelly, d’où était originaire le dirigeant religieux, à la tête du pays pendant près de trente-sept ans. Les cérémonies funéraires passeront aussi en Irak - un pays clé dans le chiisme, mais aussi dans l’influence iranienne - mercredi prochain. « Il y a de l’ingérence politique : quand on parle de l’arc chiite, le premier sur la liste est l’Irak, décrypte Amélie Chelly. Bagdad a également des relations avec Téhéran et Washington, il y a donc une volonté pour l’Iran d’essayer de ramener la couverture à soi. » « Plus qu’une démonstration de patriotisme, ces funérailles vont être un étalage de résistance transnationale, poursuit-elle. L’Iran a pris le rôle de David contre Goliath dans la guerre. Il y a une volonté de montrer qu’ils sont les héros de l’asymétrie et d’en faire un soft power. » Des représentants d’une trentaine de pays sont attendus à Téhéran à partir de vendredi, dont l’ancien président russe Dmitri Medvedev, le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. « Beaucoup de pays sont vraiment dans un non-alignement et dans un esprit de compagnonnage d’infortune, conséquente aux sanctions des grands puissants occidentaux », expose-t-elle. Dans cette « résistance » à l’impérialisme américain, la République islamique se pose en maître. Outre l’image destinée à l’international, ces funérailles sont aussi le premier rendez-vous d’un nouveau pouvoir « en pleine reconfiguration », rappelle Jonathan Piron. Les personnalités présentes et les discours seront ainsi scrutés par les observateurs. « Quel rôle aura le président de la république, Masoud Pezeshkian, plutôt effacé depuis quelques mois ? Comment le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, va se positionner ? Comment les Gardiens de la révolution vont occuper la scène ? », énumère le chercheur. Un protagoniste sera central, plus encore que le défunt : Mojtaba Khamenei, fils aîné du guide suprême, qui a succédé à son père début mars. Blessé lors de frappes, il n’est pas apparu en public depuis sa désignation ne s’exprimant que par le biais de communiqués qui lui sont attribués. « S’il ne se démontre pas, c’est toute la représentation du régime qui va être fragilisée, analyse l’historien. Il n’a pas le choix, ou il y aura beaucoup de questionnements sur la réalité du pouvoir en Iran. » Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPMالمصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes
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