"Il y a 35 ans, l'Ukraine n'est pas née : elle a rétabli son indépendance et a reconquis la liberté de déterminer son propre avenir. Aujourd'hui, la Russie tente de nous priver de ce droit, mais cette lutte n'a fait que nous renforcer et a révélé plus clairement encore qui nous sommes : un État européen moderne, créatif et technologique, sans lequel il est impossible d'imaginer l'avenir d'une Europe forte et prospère. L'Ukraine s'affirme comme l'un des piliers incontournables de la nouvelle architecture européenne. Poutine a déjà perdu, et le monde entier le comprend, à l'exception de Poutine lui-même."
Ces mots de Vadym Omelchenko, l’ambassadeur d’Ukraine en France, à l’occasion de la fête nationale de son pays, ce 24 août, sont remplis d’espoir. Quatre ans et demi après le début de l’agression russe, l’Ukraine est toujours debout. Bombardée, occupée. Martyrisée par des attaques quotidiennes. Vendredi 21 août, l’ignominie russe a franchi un nouveau cap, avec cette double frappe à Kryvyï Rig, la ville natale du président Zelensky, faisant au moins 16 morts et 130 blessés, dans un enchevêtrement de tôles et de gravats éparpillés.
Les Ukrainiens enterrent leurs morts, et leur détermination force le respect. Oui, Poutine a déjà perdu cette guerre même si les appels à l’aide de Volodymyr Zelensky résonnent encore trop souvent dans le vide. Certes, depuis l’humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche en février 2025, Donald Trump semble avoir changé d’avis sur Vladimir Poutine. Mais sa promesse d’accorder une licence aux Ukrainiens pour fabriquer des missiles Patriot est restée lettre morte.
Côté européen, la mobilisation de la Coalition des volontaires - avec, notons-le, un engagement sans faille d’Emmanuel Macron -, a permis la poursuite de l’aide à Kiev. Sauf que le temps presse et les ressources manquent. Faute de munitions et surtout d’intercepteurs, les Ukrainiens subissent la guerre du ciel dictée par Moscou.
L'armée ukrainienne s'atrophie
Le mois de juillet a été pour la population civile le plus meurtrier depuis mai 2022. Quant à l’armée ukrainienne, elle s’atrophie. Depuis des années, le pays s’était pourtant préparé à une conflictualité du temps long. Mais la guerre n’en finit plus. Avec ses 1 642 jours, elle dépasse la première guerre mondiale ou la grande guerre patriotique. "La volonté du peuple ukrainien reste intacte : il y a un front uni pour ne pas accepter une capitulation. La vraie problématique, c’est la consommation des ressources humaines", relève Thibault Fouillet, directeur scientifique du Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux.
Certes, avec 125 000 morts et près d’un demi-million de soldats blessés, selon une estimation américaine, les pertes de l’armée ukrainienne demeurent inférieures à celles de la Russie. Mais la détermination ukrainienne a beau être intacte, elle passe aussi par la mobilisation de ses hommes. Indispensable pour graver dans les terres noires du pays la défaite de Poutine.


