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Guerre en Iran, Maga en colère... Donald Trump a-t-il perdu la main ?

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/21 - 15:00 502 مشاهدة

Parmi les milliers de postes publiés sur les réseaux sociaux par Donald Trump aux fils des ans, celui-ci mérite d'être encadré : "Mardi sera, en Iran, la Journée des Centrales électriques et des Ponts, le tout en un seul jour. Ce sera du jamais vu !!! Ouvrez ce putain de Détroit, bande de tarés, ou vous brûlerez en enfer ! REGARDEZ BIEN ! Loué soit Allah", explose-t-il sur son fil Truth Social le 5 avril, juste après le sauvetage miraculeux de deux aviateurs américains crashés en Iran par les forces spéciales. Deux jours plus tard, ses menaces de bombardements montent d'un cran : "Une civilisation entière va disparaître ce soir. Je ne voudrais pas que cela advienne, mais cela sera probablement le cas." Après quoi Donald Trump fait volte-face : il annonce un cessez-le-feu de deux semaines jusqu'au 22 avril.

Je ne suis pas un 'big fan' du pape

Donald Trump

Moins de huit jours s'écoulent et un nouveau scandale éclate. Cette fois, Trump bouscule les catholiques. Il juge le pape "FAIBLE" et "catastrophique en matière de politique étrangère". "Je ne suis pas un big fan", précise-t-il. Il publie aussi une image de son auguste personne le représentant en figure christique, éclairé par la lumière divine et en train d'apposer ses mains sur le front d'un malade. Se souvenant peut-être que les catholiques représentent un quart de l'électorat américain et que celui-ci a voté à 55 % pour lui contre Kamala Harris en 2024, le président efface l'image impie tout en jurant qu'il s'agissait d'une représentation de lui-même sous les traits d'un médecin de la Croix-Rouge.

"Même à l'aune des outrances trumpiennes, cette publication mise en ligne le jour la Pâque orthodoxe et les propos orduriers du président sont déraisonnables et irrationnels", s'inquiète la politologue Barbara A. Perry, qui a interviewé tous les présidents américains depuis George H. W. Bush (1988-1992). "Donald Trump me fait penser à ces vieux oncles qui s'expriment de façon aberrante lors des repas dominicaux. Il y a quelque chose qui cloche; son comportement devient erratique et bizarre", observe cette auteure de plusieurs biographies des Kennedy.

Le pape Léon XIV quitte les lieux après avoir présidé une veillée de prière et un rosaire pour la paix, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le 11 avril 2026.
Le pape Léon XIV quitte les lieux après avoir présidé une veillée de prière et un rosaire pour la paix, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le 11 avril 2026.

Depuis le début du mois d'avril, tout se passe comme si quelque chose s'était déréglé au sommet de l'Etat, qui accumule revers et déconvenues en cascade. Le 2 avril, la ministre de la Justice Pam Bondi est fired (virée). La raison ? "Elle n'a sans doute pas géré la publication des "Epstein files" d'une manière satisfaisante aux yeux de Trump", suppose Barbara A. Perry. En février, elle avait diffusé une partie de ces documents, mais sans parvenir à dissiper l'idée que la Maison-Blanche cache toujours la vérité aux Américains sur ce scandale sexuel.

Un avertissement pour la famille Trump

Le 7 avril, nouveau bad buzz : un retentissant article du New York Times relate une réunion secrète dans le bureau Ovale avec Benyamin Netanyahou en février, où il apparaît que le premier ministre israélien aurait convaincu le président d'attaquer l'Iran contre les avis de la CIA, du vice-président J.-D. Vance et du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio. Changement de registre deux jours plus tard : l'actualité de la Maison-Blanche tourne au vaudeville lorsque Melania Trump fait une apparition surprise dans la Blue Room. Sans que l'on comprenne pourquoi, la First Lady fait une stupéfiante déclaration aux caméras : elle affirme qu'elle n'est "pas la victime" ni "la complice" de Jeffrey Epstein et précise que ce dernier n'est pas celui qui l'a présentée à Donald Trump. Personne ne saisit ce qui justifie cette allocution de six minutes. S'agit-il d'un règlement de compte avec son mari ou d'un contre-feu préventif avant des révélations à venir ? Mystère.

Melania Trump lors de son allocution à la Maison-Blanche, le 9 avril 2026.
Melania Trump lors de son allocution à la Maison-Blanche, le 9 avril 2026.

Le 12 avril, voici Donald Trump à nouveau contrarié. Il apprend que Viktor Orban est battu aux élections en Hongrie après seize années de règne. Or le Premier ministre, désigné comme modèle par l'ancien conseiller de la Maison-Blanche Steve Bannon, est un proche de la sphère trumpiste : J.D. Vance et Marco Rubio se sont même déplacés à Budapest pour soutenir celui qu'ils considèrent comme le plus solide défenseur de la civilisation occidentale. "C'est un avertissement pour la famille et la machine Trump, qui commencent à lasser, commente l'ancien diplomate et ex-président du think tank Council on Foreign Relations Richard N. Haas, dans un podcast. Cette défaite prouve qu'un leader autoritaire et corrompu au pouvoir depuis de longues années n'est pas invulnérable dans les urnes."

Le clan "Maga" se déchire

Last but not least : sur le front militaire, la stratégie américaine en Iran laisse bien des observateurs perplexes. Alors que Donald Trump entendait régler cette guerre rapidement, rien ne se passe comme prévu. Le prix du gallon d'essence (1 gallon = 3,78 litres) a d'ailleurs augmenté de plus de 30 % depuis le déclenchement des opérations en Iran, passant de 3 à 4 dollars environ. Et cela, alors que l'amélioration du pouvoir d'achat constituait la principale promesse électorale de Trump. "Chaque jour de survie supplémentaire constitue une nouvelle victoire pour les 'gardiens de la révolution islamique', note l'analyste Jacob Heilbrunn qui dirige, à Washington, la prestigieuse revue de géopolitique The National Interest. Le régime iranien est plus endurant que ne se le figurait le Pentagone."

Dès lors la question est : l'Iran deviendra-t-il le Vietnam de Donald Trump ? "En un sens, c'est déjà bien pire, répond Jacob Heilbrunn. Car, si le Vietnam était un problème isolé qui ne fragilisait ni l'économie mondiale ni le leadership des Etats-Unis, les choses sont différentes avec Iran. Faisons les comptes. Au Moyen Orient, la faiblesse de notre stratégie apparaît aux yeux de tous. En Europe, notre prestige recule. En Asie, nous ne sommes actuellement pas en mesure de contrer une éventuelle attaque chinoise à Taïwan. Enfin, l'aventure militaire en Iran nous coûte des milliards alors que notre déficit budgétaire est abyssal". Et de conclure : "Ce conflit annonce peut-être le déclin de l'impérialisme américain..."

Il a survécu à tout

Mais assiste-t-on vraiment au crépuscule de Donald Trump ? Quinze mois après son retour triomphal aux commandes, est-ce déjà le début de la fin ? A bientôt 80 ans (un combat de MMA sera organisé sur la pelouse de la Maison-Blanche pour son anniversaire, le 14 juin), va-t-il connaître le sort des rois des tragédies grecques : souverains adulés, puis corrompus par le pouvoir et, enfin, abandonné par les leurs et rejetés par tous ? Ses adversaires en rêvent, bien sûr. Et croient déceler les premiers signaux qui valident ce scénario : depuis un an, les candidats républicains ont ainsi accumulé les défaites ou scores décevants lors d'une dizaine d'élections partielles, y compris dans les fiefs conservateurs de Floride, du Texas ou du Wisconsin, là où Donald Trump avait largement remporté la présidentielle il y a un an et demi. La popularité de ce dernier est d'ailleurs en recul.

Et le clan "Maga" se déchire : des figures influentes comme les posdcasteurs Tucker Carlson et Alex Jones critiquent ouvertement le président, tout comme l'avait fait, voilà déjà six mois, l'ex-élue trumpiste (et complotiste) Marjorie Taylor Greene en démissionnant du Congrès. Enfin, tout indique que les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants aux élections de midterms, en novembre. Ce qui affaiblira mécaniquement le chef de l'Etat, lequel devient traditionnellement un lame duck (canard boiteux) pendant les deux dernières années de son ultime mandat, quand s'ouvre alors la course à sa succession.

Donald Trump est loin d'être fini

Anticiper la fin de Donald Trump est allé vite en besogne. "S'il a survécu au scandale de la 'Hollywood tape' (l'enregistrement où il parle d'attraper les femmes "par la chatte"), aux émeutes du 6 janvier 2021, à l'affaire Stormy Daniels, à quatre procès, au Covid, à deux tentatives d'assassinat, à des procédures d'impeachment, à l'affaire Epstein, aux énormités prononcées lors de ses campagnes électorales ("Les immigrants mangent des chiens et des chats") ou encore à ses propos racistes (il a posté une vidéo des Obama grimés en singes), sans compter tout le reste, je ne vois pas pourquoi il ne survivrait pas à la guerre en Iran et à une polémique avec le pape", lance l'américaniste Françoise Coste, auteur d'une biographie de Ronald Reagan. Au reste, qui se souvient qu'au moment de la mort du pape François, Donald Trump avait déjà publié une image de lui, déguisé en souverain pontife ?

Dix ans après sa première élection à la fonction suprême, la plupart des analystes peinent encore à comprendre le phénomène Trump et le maelström qu'il génère. Selon l'expert en leadership Jeffrey Sonnenfeld, qui a conseillé de nombreux PDG et quatre présidents ou candidat à la présidence (Bush père, Clinton, Biden et Trump), l'impression de chaos produite par Donald Trump relève d'une stratégie délibérée. Dans son dernier ouvrage, il explique comment l'intéressé se place au centre de tout pour monopoliser l'attention, comment il divise pour mieux régner, comment il produit du bruit médiatique et des répétitions constantes pour aboutir à un "mur du son" qui rend tout le reste inaudible et, enfin, comment il transgresse volontairement les normes tout en obtenant parfois des bons résultats.

Il se tire une balle dans le pied droit pour qu'on ne regarde pas son pied gauche

Jeffrey Sonnenfeld

"Il est le seul homme politique de l'histoire qui, de sa propre initiative, choisit d'orienter un narratif négatif en créant un autre buzz encore plus négatif", écrit-il dans Trump's Ten Commandments (Les Dix commandements de Trump, non traduit). Il est capable de se tirer une balle dans le pied droit pour que les gens arrêtent de regarder son pied gauche. En matière de désorientation et d'écran de fumée, le célèbre illusionniste Harry Houdini (1874-1926) ne lui arrivait pas à la cheville." Etudier la passion de Trump pour le catch, ce spectacle où la réalité se confond avec le mensonge, est une autre manière de comprendre la manière d'agir du président américain.

Son électorat apprécie depuis longtemps ce langage et a depuis belle lurette intégré que Trump ne serait jamais un président comme les autres. "Le personnage leur est familier depuis le succès de l'émission de télé-réalité The Apprentice et ils ne s'attendent pas à ce qu'il agisse de manière policée", rappelle John McLaughlin, un stratège et sondeur trumpiste qui a conseillé le président lors de ses trois campagnes électorales de 2016, 2020 et 2024. Aussi, le président n'est pas si impopulaire qu'on voudrait le croire. Certes un récent sondage du Pew Research Center indique que seulement 37 % des Américains ont de lui une opinion favorable et 60 % un avis défavorable. Mais les sondages réalisés par John McLaughlin (qui avait prédit la victoire de Trump en 2016 et 2024) donnent un résultat plus équilibré : 49 % d'opinions favorables et 46 % défavorables. "Les sondeurs démocrates mesurent l'opinion de tous les adultes tandis que mon panel prend en compte uniquement ceux susceptibles de se rendre aux urnes, d'où l'écart entre nos chiffres", explique ce conservateur qui intervient régulièrement sur les chaînes Fox News et Newsmax.

Les "Doubles haters", premier parti politique du pays

De l'autre bord politique, le politologue Larry Sabato, qui est régulièrement invité sur CNN, confirme, à sa manière, l'évaluation de McLaughin. "Ce qui distingue Trump, c'est qu'il fait l'objet d'un culte auprès de sa base, explique-t-il. Quoi qu'il dise ou fasse, même s'il change d'avis à 180 degrés, 20 % des Américains lui restent fidèles vaille que vaille, comme dans une secte. S'ajoutent à eux 20 % de l'électorat américain composé de républicains qui n'aiment pas le style de Trump mais préfèrent encore cela à n'importe quel candidat démocrate – ils ont donc ont voté pour lui en 2016, 2020 et 2024. En additionnant ces deux électorats, on arrive à un socle de 40 % environ, ce qui est suffisant pour gouverner et pour mener des campagnes électorales victorieuses", souligne cet expert chevronné qui a étudié tous les mouvements de l'opinion depuis les présidences de Franklin D. Roosevelt (1933-1945).

Selon un autre sondage (de CNN, cette fois), en date du 2 avril, seulement 32 % des Américains ont une opinion favorable du Parti républicain... mais le soutien au Parti démocrate est plus faible encore : 28 %. "Le premier parti du pays est aujourd'hui celui des double haters, c'est-à-dire ceux qui détestent les deux camps", pointe l'analyste Heather McDonald, du think tank conservateur Manhattan Institute. Selon elle, c'est l'évolution du Parti démocrate, pas les bisbilles entre républicains, qui est en train de modifier profondément le paysage politique de l'Amérique. Le parti de Barack Obama est en effet traversé par un conflit de générations entre la vieille garde et les jeunes diplômés de la génération Z, qui sont en rupture avec le soutien traditionnel du parti à Israël et focalisé sur les questions de genre et de discrimination.

Le 25e Amendement ? Aucune chance d'aboutir !

"Incarnés par le maire de New York Zohran Mamdani qui se proclame fièrement socialiste, ces jeunes démocrates estiment que le gouvernement, les impôts, le contrôle des prix, l'immigration et la pensée woke sont la solution, déplore Heather McDonald dont les deux derniers livres critiquent certains effets indésirables de la discrimination positive. Très en vogue chez les futurs candidats de gauche à travers le pays, ce courant "woke" a de quoi remobiliser les nombreux républicains pour qui le gouvernement et l'Etat représentent le problème et non la solution."

Aujourd'hui, le président Trump se trouve en face d'un Parti démocrate toujours grandement affaibli par sa déroute électorale en 2024, sans leader naturel ni idées nouvelles, et minoritaires partout : au Sénat, à la Chambre des représentants, à la Cour suprême, et dans la majorité des 50 Etats. Pire : les démocrates n'ont à ce jour formulé aucune proposition si ce n'est de recourir au 25e Amendement afin de destituer Donald Trump... ce qui n'a aucune chance d'aboutir. "Les seuls facteurs capables d'ébranler la machine Trump sont le prix de l'essence et l'érosion du pouvoir d'achat, rappelle le politologue Larry Sabato. Si la situation actuelle perdure jusqu'en septembre, l'addition électorale sera salée pour les candidats républicains lors de midterms de novembre." Mais pas pour Donald Trump, qui restera président jusqu'au 20 janvier 2029, la fin de l'histoire est encore loin d'être écrite.

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