Espace : 5, 4, 3, 2, 1… Comment le Centre spatial guyanais à Kourou prépare les lancements d’Ariane 6 ?
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.alst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.ducls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en UkraineLIVEliveEN DIRECT Guerre en Ukraine : Charles III appelle à une « détermination san…03:02 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 29/04/2026 à 06h32 • Mis à jour le 29/04/2026 à 06h32 Ariane 6 livrera-t-elle à nouveau ses « colis » Amazon à l’heure ? ArianeGroup doit lancer jeudi une nouvelle fusée en version A64 (avec quatre boosters au lieu de deux), emportant à nouveau 32 satellites de la constellation Amazon Leo, deux mois et demi après le premier lancement d’Ariane 6 dans cette nouvelle configuration surpuissante. Le 12 février dernier, le lancement de la toute première A64 depuis le Centre spatial guyanais (CSG) à Kourou (Guyane), qui emportait déjà 32 satellites Amazon Leo, s’était déroulé à la perfection. 20 Minutes avait pu suivre sur place cette première historique. Le lendemain, nous nous étions rendus au Centre de lancement (CDL) de Kourou, depuis lequel sont effectuées toutes les opérations de mise en œuvre du lanceur. Il abrite les humains les plus proches de la fusée au moment de son décollage, à quelque 8 km du pas de tir. Le bâtiment est un véritable bunker, avec des murs de près d’un mètre d’épaisseur, capables de supporter jusqu’à dix tonnes de débris. Au cas où. « Il faut comprendre qu’une fusée, c’est une bombe, si ça explose, il n’y a plus rien, c’est pour cela qu’on est dans un bunker et que le système est bardé de capteurs – de température, de pression… – qui contrôlent tous les états, en permanence », insiste Frédéric, directeur de chronologie de lancement au CDL. Une fois le décollage effectué, les ingénieurs et techniciens du CDL doivent remettre en état au plus vite le pas de tir, pour préparer le lancement suivant. Dans cette configuration A64, la fusée développe quelque 1.500 tonnes de poussée, et les températures en sortie de tuyère atteignent les 3.000 degrés au décollage. Face à des environnements aérodynamiques doublés par rapport à une Ariane classique (avec deux boosters), de vraies interrogations subsistaient quant à la tenue du pas de tir. « En version A64, la fusée propulse notamment quatre jets ESR [Equipped Solid Rocket, autre appellation des boosters] au lieu de deux, qui viennent se percuter, et qui se déploient de manière différente, explique Frédéric. Nous avons vu des choses sur le pas de tir que nous n’avions pas vues jusqu’à présent, notamment la base du mât qui a été entièrement brûlée. Ce n’est pas très grave, c’est de l’esthétique, mais nous n’avions pas forcément identifié cela. Les fumées se sont aussi déployées de manière impressionnante. Cela n’arrivait pas jusque-là. Nous allons devoir faire quelques adaptations mineures pour corriger cela. » Après le nettoyage du site, « tous les systèmes et capteurs critiques sont recontrôlés, on change ce qui est abîmé… On appelle cela l’état de référent opérationnel, poursuit le directeur de chronologie de lancement du CDL. Et à l’issue de cette phase, on peut repartir sur un lancement. » L’objectif est de réduire de plus en plus la durée de chaque phase de lancement pour arriver, en 2027, à neuf à dix lancements par an, et dix voire plus à partir de 2028, contre cinq à sept lancements par an pour Ariane 5. Cela en maintenant une précision chirurgicale. Les équipes d’ArianeGroup relèvent qu’Ariane 6 n’a connu aucun échec pour ses six premiers lancements. Mieux, « depuis le troisième vol, on lance à l’heure, et en début de fenêtre, c’est-à-dire à la première tentative, pointe Frédéric. On n’a connu ça ni sur Ariane 5, ni sur Ariane 4. On capitalise toute l’expérience que l’on a pu acquérir sur les lanceurs précédents. » La montée en cadence pour Ariane 6, est aussi le fruit d’un process industriel optimisé. Comme pour les précédentes Ariane, les étages de la fusée sont conçus sur les sites d’ArianeGroup en Europe (Le Haillan, Saint-Médard-en-Jalles, Les Mureaux, Vernon et Brême), mais pour Ariane 6 il a été décidé de travailler à l’horizontale et non plus à la verticale, pour aller plus vite, et de réaliser tous les essais fonctionnels (étanchéité, équipement, connexion électrique) dans ces usines. Les différents éléments sont ensuite acheminés à bord du navire Canopée jusqu’au port de Pariacabo, en Guyane, point d’entrée du Centre spatial guyanais (CSG). « Ici, on n’a plus qu’à connecter les étages entre eux, ce qui se fait en deux semaines avec une trentaine d’opérateurs seulement, explique Mathurin, ingénieur intégration lanceur chez ArianeGroup. On fait d’abord entrer dans le bâtiment d’assemblage lanceur (BAL) l’étage supérieur, qu’on transporte sur des véhicules automatiques (AGV, automatic guided vehicles), puis l’étage inférieur, et on fait l’intégration en rapprochant les deux. La couture mécanique est réalisée avec des vis, via des clés connectées transmettant automatiquement le couple de serrage à des ordinateurs. » Le corps central est ensuite amené jusqu’au portique en zone de lancement, où il est placé en position verticale. Les boosters (deux ou quatre selon la configuration) sont alors ajoutés, avant d’intégrer à la toute fin les satellites et la coiffe qui les protègent. Le jour du lancement, après le retrait du portique, démarre le remplissage des réservoirs en oxygène liquide [à - 183 °C] et en hydrogène liquide [à - 253 °C], jusqu’à la dernière seconde, à travers des bras qui se déconnectent de la fusée au moment même où celle-ci décolle, dans une scène quasi cinématographique. Un spectacle à suivre jeudi entre 10h08 et 10h57 (heure de Paris), à savoir la fenêtre qui a été fixée à Ariane 6 pour son septième lancement. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPM





