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En Espagne, Sánchez bâtit une coalition anti-Trump pour se relancer politiquement

سياسة
Euronews FR
2026/04/19 - 07:22 501 مشاهدة
Pedro Sánchez a rassemblé ce week-end à Barcelone des dirigeants du monde entier lors d'une convention de deux jours présentée comme le « CPAC progressiste », alors que le chef du gouvernement espagnol tente de prendre la tête d'un mouvement anti-Trump à l'étranger tout en faisant face à des ennuis judiciaires dans son propre pays.Le dirigeant espagnol a mis en garde contre une « vague réactionnaire » mondiale qui alimente les discours de haine, le sexisme, la guerre et les divisions, sans citer explicitement le président américain Donald Trump.« Peu importe à quel point ils crient, ni combien de mensonges ils propagent », a déclaré Sánchez dans un discours samedi. « L'heure de l'extrême droite réactionnaire est révolue. »Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a abondé dans son sens, en critiquant ceux « qui se disent patriotes mais bradent leur souveraineté et réclament des sanctions ».Des slogans « Non à la guerre » ont retenti dans l'auditorium de la Fira, à Barcelone.La liste des invités comprenait le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le président colombien Gustavo Petro et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum. Tous trois se sont heurtés au président américain Donald Trump sur les questions de tarifs douaniers et de migration, tandis que l'Afrique du Sud a également été accusée de racisme « anti-blanc » – des accusations reprises par le milliardaire de la tech Elon Musk.Une délégation européenne comptait dans ses rangs le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil, le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy, la cheffe de l'opposition italienne Elly Schlein et l'homme politique belge Paul Magnette. L'économiste Gabriel Zucman, chantre de la taxation des plus riches, était également présent.Le président du Conseil européen, António Costa, a annulé sa venue à la dernière minute, invoquant des raisons personnelles, et a boudé un rassemblement jugé peut-être trop politique pour sa fonction.La Mexicaine Claudia Sheinbaum a participé à un événement consacré à la protection des démocraties, mais ne s'est pas jointe au rassemblement plus politique de samedi. Un accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada est en cours de révision par l'administration Trump et des discussions délicates sur ses modalités se poursuivent.Un « CPAC progressiste » pour contrer le MAGA mondialSánchez affirme que la conférence de Barcelone, présentée officieusement comme la réponse de la gauche au grand raout conservateur CPAC, doit permettre d'unir les « forces progressistes » sous une même bannière. Une source impliquée dans l'organisation a indiqué à Euronews que le Brésil avait demandé à l'Espagne d'avancer l'événement au printemps, le mois d'avril ayant finalement été retenu.Si aucun des dirigeants n'a nommé le président américain Donald Trump, les références au locataire de la Maison Blanche ont été nombreuses, assorties de critiques de sa politique. Des droits de douane à la guerre en Iran, les responsables ont appelé à une réponse progressiste à cette « vague réactionnaire ».Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, qui a fait campagne aux côtés de Kamala Harris lors de sa candidature présidentielle avortée face à Donald Trump, s'est adressé à une large foule samedi lors de la première Global Progressive Mobilisation, décrivant Trump comme un « va-t-en-guerre » dépourvu de véritable plan.Walz a dénoncé une dérive autoritaire apparente sous Trump, estimant « qu'il faut appeler cela par son nom. C'est du fascisme. Ou au moins, c'est fascisant, comme ils diraient ».Le président brésilien Lula a lui aussi critiqué la guerre en Iran et salué la décision de l'Espagne de refuser aux forces américaines l'accès à ses bases militaires pour frapper l'Iran.« Je veux saluer mon ami Pedro Sánchez pour avoir eu le courage de dire non », a ajouté Lula.Une semaine difficile pour Sánchez sur le front intérieurEn adoptant souvent une position indépendante, de Gaza à la guerre en Iran, le chef du gouvernement espagnol s'est taillé une audience mondiale et s'est imposé comme l'un des chefs de file d'un bloc de dirigeants de gauche.Euronews avait révélé en premier des projets d'organisation en mars d'une convention rassemblant les partis socialistes et la gauche internationale.Euronews a également rapporté que Sánchez cherchait à capitaliser sur le mécontentement de l'opinion face à la guerre en Iran et sur l'impopularité de Trump pour renforcer son profil international.Cette position lui a valu des applaudissements, mais aussi des critiques de la Maison Blanche.Trump a répété à plusieurs reprises qu'il « ne voulait rien avoir à faire avec l'Espagne » et a qualifié Sánchez de mauvais dirigeant qui « ne paie pas » sa juste part pour la protection assurée par l'OTAN. Il a également brandi la menace d'un blocus commercial total, même si aucune mesure n'a été annoncée.La convention vient clore une semaine difficile pour le chef du gouvernement espagnol, après la mise en examen de son épouse, Begoña Gómez, pour corruption et sa prochaine comparution devant la justice à l'issue de deux ans d'enquête. Le couple nie toute faute.Des sources proches de Sánchez interrogées par Euronews estiment que l'affaire est politiquement motivée et s'attendent à ce que Gómez soit acquittée.
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