« Elle n’est pas un peu orientée, votre question ? » : Gilles Lellouche rembarre un média « décolonial » au Festival de Cannes
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« Elle n’est pas un peu orientée, votre question ? » : Gilles Lellouche rembarre un média « décolonial » au Festival de Cannes Par Benjamin Puech Le 19 mai 2026 à 13h11 Suivre Sujets Festival de Cannes Gilles Lellouche Jean Moulin Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp À Cannes 2026, Gilles Lellouche n’est pas tombé dans le piège, souvent contre-productif, qui consiste pour les acteurs à s’ériger en commentateurs politiques. Sarah Meyssonnier / REUTERS Interrogé en conférence de presse par un journaliste visiblement militant, l’acteur qui prête ses traits à Jean Moulin a opté pour la dérision. Destinée à faire l’éloge de la France insoumise, la question prêtait effectivement à rire. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Que sait-on des dernières heures de Jean Moulin ? Comment représenter la brutalité de Klaus Barbie ? Entre deux interrogations sur les vrais enjeux de Moulin, le film audacieux et éprouvant de László Nemes qui brigue la palme d’or, Gilles Lellouche a eu le droit à une question d’une finesse de Panzer. De char soviétique, pour être plus exact. À découvrir TV ce soir : retrouver notre sélection du jour « Le RN, fondé par des collaborateurs de Klaus Barbie (sic), traîtres à leur nation, a une chance d’arriver au pouvoir. Pensez-vous qu’il est aujourd’hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de le combattre résolument ? », commence un journaliste de Paroles d’honneur, média lié au Parti des indigènes de la République. Il fait référence aux cofondateurs du Front national, Léon Gaultier et Pierre Bousquet. La suite se révèle plus croquignolesque encore : « Pensez-vous que la France insoumise, majoritaire à gauche, soit le meilleur rempart à l’extrême droite, son programme étant aussi inspiré du Conseil national de la Résistance ? ». Entre ici, Jean-Luc Mélenchon... À lire aussi Cannes : la pétition contre Bolloré se prend les pieds dans le tapis Passer la publicité Publicité «Pas là pour commenter la politique française» À question tortueuse, réponse directe : « Elle n’est pas un peu orientée votre question ? Je n’ai pas de réponse à ça, Monsieur ». Léger sourire aux lèvres, Gilles Lellouche n’est pas tombé dans le piège, souvent contre-productif, qui consiste pour les acteurs à s’ériger en commentateurs politiques. « Quelle bizarre coutume que de réclamer des leçons de morale aux artistes ! C’est un peu comme vouloir acheter des vis platinées chez le boucher », ironisait notre confrère Éric Neuhoff, dans une chronique en direct du grand bain cannois. Le réalisateur de Moulin, qui sortira en salle en octobre, a enfoncé le clou face aux journalistes : « Nous ne sommes vraiment pas là pour commenter la politique française. Je sens qu’on a fait ce qu’on a pu pour rendre hommage à Jean Moulin ». À Cannes, les longs-métrages de la compétition et celui d’ouverture ont le droit à une conférence de presse, durant laquelle acteurs et réalisateurs répondent au feu roulant des questions de journalistes venus du monde entier. De 90 pays, environ. C’est là que Pierre Salvadori a donné son point de vue la semaine dernière sur la place de Canal + dans le cinéma. Là encore, que le producteur du film Garance a évoqué le « formidable gâchis » de la tribune anti-Vincent Bolloré. Le texte contre « l’emprise grandissante » de l’extrême droite et la riposte promise par Canal + occupent les esprits sur la Croisette.


