Drone sur un immeuble en Roumanie: qu'est-ce que l'article 4 de l'Otan, auquel Bucarest envisage de recourir
Drone sur un immeuble en Roumanie : qu'est-ce que l'article 4 de l'Otan, auquel Bucarest envisage de recourir Par Amaury Coutansais-Pervinquière Le 29 mai 2026 à 10h35 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Suivre Sujets Ukraine OTAN Russie Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Des images montrent les dégâts causés par un drone russe qui a frappé un immeuble d’habitation à Galati, dans l’est de la Roumanie, le 29 mai 2026. STRINGER / Anadolu via AFP FOCUS - La chute d’un drone, russe selon Bucarest, a fait deux blessés légers près de la frontière avec l’Ukraine. L’article 4 du traité fondateur de l’alliance prévoit des consultations entre alliés à certaines conditions. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Ce vendredi 29 mai, un drone militaire chute sur un immeuble résidentiel et fait deux blessés légers à Galati, en Roumanie, près de la frontière ukrainienne. Dans la foulée, la Roumanie, pays membre de l’Otan, accuse la Russie et exige une réponse de ses alliés. Après avoir officiellement informé l’Otan, Bucarest a demandé des mesures pour accélérer le transfert de capacités antidrones vers la Roumanie. Deux avions de chasse F-16 ont été dépêchés. À découvrir EN DIRECT - Drone sur un immeuble en Roumanie : Bucarest envisagerait de demander le déclenchement de l’article 4 du traité de l’Otan PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Suivez les informations sur la guerre en Ukraine avec l'application du Figaro L’incident pourrait même justifier le recours à l’article 4 du traité Atlantique, selon les propos de la ministre des affaires étrangères roumaine, Oana Toiu, rapportée par la chaîne de télévision roumaine Digi24. «L’incident de la nuit dernière entre dans la catégorie des incidents qui justifient le recours à ce type d’outil», a-t-elle estimé. L’activation de cet article 4 a été évoquée à plusieurs reprises en septembre dernier. L’interception de trois MiG-31 russes entrés dans l’espace aérien de l’Estonie, avait déclenché des protestations de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne. La Pologne avait déjà fait cette demande la semaine précédente, à la suite de l’intrusion sur son territoire d’une vingtaine de drones russes. À lire aussi En cas d'attaque d'un pays de l'Otan, les autres membres de l'alliance entrent-ils automatiquement en guerre? Passer la publicité Publicité À VOIR AUSSI - Pologne: «J'ai peur, je n'ai pas dormi de la nuit», témoigne une habitante du village où le missile est tombé Des consultations entre alliés Dans le détail, l'article 4 invoqué prévoit que les membres de l'alliance se consulteront «chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée». «Tout pays membre peut formellement invoquer l'article 4 du Traité de l'Atlantique Nord. Dès qu'elle est invoquée, la question est débattue et peut éventuellement déboucher sur une forme de décision ou d'action conjointe au nom de l'Alliance», précise l'Otan. À lire aussi L'Ukraine a-t-elle les capacités militaires de résister à l'invasion russe? La consultation peut avoir plusieurs formes : un simple échange de vues et d'information, l'échange des mesures que les gouvernements alliés comptent prendre ou ont prises, ou encore des débats pour parvenir à un consensus sur une décision à prendre. Depuis la création de l’Alliance, en 1949, c’est la 8e fois qu’elle invoque l’article, dont trois fois concernant l’invasion russe en Ukraine. Il a notamment été invoqué par la Lituanie en août 2021 quand la Biélorussie amassait des clandestins aux frontières de l'Union européenne. En 2003, le Conseil de l'Atlantique Nord s'était réuni après l'activation de l'article 4 par la Turquie qui s'inquiétait de menaces contre elle en cas de conflit en Irak. L'Otan avait alors convenu d'un ensemble de mesures défensives et déclencher l'opération Display Deterrence. Un soutien militaire avait été envoyé en Ukraine. Réaction militaire Si l'article 4 prévoit des consultations entre alliés, une réaction militaire n'est pas explicitement prévue. L'article 5 dispose, quant à lui, que «les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles (…) sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, (…) assistera la partie ou les parties ainsi attaquées». Cet article a été activé qu’une seule fois lors des attentats du 11 septembre en 2001 aux États-Unis. Passer la publicité Publicité Néanmoins, il nécessite de caractériser une attaque armée ainsi qu'un consensus. «La définition de ce qu'est une attaque armée est fondamentalement une décision politique du Conseil de l'Otan. Ce n'est pas un vote, mais un débat qui doit aboutir à un consensus. Sans consensus, l'article 5 ne peut être utilisé. À l'issue du débat, le secrétaire général de l'Otan livre les conclusions du Conseil», explique le directeur adjoint de la FRS, Bruno Tertrais au Figaro . À VOIR AUSSI - Pologne: selon Moscou, le missile a été tiré par un système de défense des forces ukrainiennesالمصدر: Le Figaro | Source: Le Figaro
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