Des restes d’Amérindiens kaliña guyanais dans les limbes du Musée de l’homme
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Corinne Toka-Devilliers se recueille sur des boîtes contenant des ossements d’Amérindiens kaliña de Guyane, à l’occasion d’une cérémonie chamanique organisée au Musée de l’homme, à Paris, le 17 septembre 2024. MORGAN FACHE/DIVERGENCE POUR « LE MONDE » Le 5 mai au matin, Corinne Toka-Devilliers ira se recueillir dans les réserves du Musée de l’homme, à Paris, auprès des ossements de certains de ses ancêtres guyanais. Elle a donné le nom d’une de ses aïeules, Moliko, à l’association qu’elle a fondée en 2021, Moliko Alet+Po, qui milite pour le retour au pays des restes de Pékapé, de Couani, d’Emo-Marita, de Mibipi, de Makéré et de Miacapo. Ils faisaient partie d’un groupe d’Amérindiens kaliña de Guyane, attirés à Paris par de fausses promesses de l’explorateur François Laveau, en 1892, pour être exhibés dans le zoo humain du Jardin d’acclimatation. Si Moliko a survécu, huit des 33 personnes du groupe ont succombé aux rudesses de l’hiver. En ces temps friands de craniologie et de comparaison des « types » humains, leurs cadavres ont été déterrés peu après pour nourrir les collections anthropologiques du Musée de l’homme. Corinne Toka-Devilliers est parvenue à identifier et à localiser six d’entre eux, et œuvre sans relâche pour leur retour au pays. « Il n’y a aucun frein du côté du Musée de l’homme », constate-t-elle. Une cérémonie chamanique d’« apaisement des âmes » y a été organisée en septembre 2024. Mais la restitution concrète nécessite un texte législatif afin de lever le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Cela a déjà été fait pour les restes humains originaires d’autres pays, et morts après l’an 1500 – ce qui exclut notamment les momies égyptiennes – à travers la loi du 26 décembre 2023. Il vous reste 64.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




