« Des cafards circulent partout » : le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan « gravement dégradé » selon un rapport
✨ AI Summary
🔊 جاري الاستماع
« Des cafards circulent partout » : le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan « gravement dégradé » selon un rapport Par Le Figaro avec AFP Le 5 juin 2026 à 10h39 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets faits divers prison Logement Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp La surpopulation carcérale à la prison de Bordeaux-Gradignan atteignait 191 % en mars 2026, avec 1 188 détenus pour 633 lits. Marie-Hélène Hérouart / Le Figaro Bordeaux Gangrenée par le trafic de drogue, insalubre et surpeuplée, la prison de Bordeaux-Gradignan a fait l’objet d’un nouveau rapport inquiétant du contrôleur général, publié au journal officiel ce vendredi. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Cellules insalubres et surpeuplées, absence d'un surveillant sur quatre et « insécurité généralisée » : Madame Dominique Simonnot, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), alerte « en urgence » sur les conditions « gravement dégradées » au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, ce vendredi. Dans cette prison de 633 places, 1 188 personnes étaient détenues en mars, au moment du contrôle, soit un taux de surpopulation de 191 %, quand la moyenne nationale s'établit à 139 % - son nouveau record battu au 1er avril. L'établissement ne réfléchit plus « en capacité d'accueil » mais « en matelas au sol », pointe du doigt son rapport publié au Journal officiel. Dominique Simmonot établit des « recommandations en urgence », qui font suite à une première alerte en 2022 et à une ordonnance du tribunal administratif de Bordeaux de la même année, qui enjoignaient déjà l'administration pénitentiaire de prendre des mesures « urgentes » au regard de « conditions de détention indignes ». Sollicitée par l'AFP, l'administration n'a pas réagi. Depuis ce premier constat, la livraison en 2024 d'une première tranche de 275 places d'un nouveau bâtiment - « aussitôt suroccupé » - n'a « nullement amélioré les conditions de vie des personnes détenues ». Pire, le bâtiment historique, datant de 1967, reste « en service malgré son indignité manifeste », déplore le CGLPL. Passer la publicité Publicité « Des cafards partout » « Des cafards circulent partout s'infiltrant dans les réfrigérateurs et les affaires des détenus », certains détenus « n'osent plus aller aux douches car ils y redoutent des incidents, des bagarres et l'absence totale d'intimité », décrit-elle encore. D'autant que 25 % des effectifs de surveillants sont absents (postes vacants ou arrêts maladie), ce qui impacte les activités, les parloirs ou les entretiens avec le service d'insertion et de probation, mais aussi l'accès aux soins, souligne encore Dominique Simonnot. Dans l'ancien bâtiment, la « promiscuité et le manque d'activité » ont causé une hausse de 96 % des violences entre détenus, entre 2023 et 2025. « L'insécurité est généralisée et insuffisamment maîtrisée », résume-t-elle. En parallèle, le trafic et la consommation de drogues font la loi dans la prison ; et même ces substances tolérées par la direction ne suffisent plus à calmer les détenus. « Dans l'ancien bâtiment, vous avez cinq étages avec en théorie deux surveillants par étage, mais quand le matin il manque cinq ou six personnes, on doit se débrouiller avec les moyens qu'on a », confirme Hubert Gratraud, délégué syndical FO-Pénitentiaire à Gradignan. Dans les cellules surpeuplées, l'espace individuel varie de 0,9 m² à 1,4 m², selon le rapport. En période de canicule, « à trois personnes dans une cellule, c'est une cocotte-minute », renchérit le syndicaliste, pessimiste pour l'avenir. Le nouveau centre pénitentiaire de Gradignan sera terminé en fin d'année, pour un transfert de tous les détenus d'ici à mars. Mais il se fera « à effectifs constants » et les cellules « seront tout aussi surpeuplées », pointe du doigt Hubert Gratraud. « Si tous les personnels étaient effectivement là, ça irait, mais ce n'est pas le cas et on voit bien qu'on n'arrive pas à recruter ». En France, surveillants comme directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion. Environ 22 % des établissements ont été touchés par un mouvement de grève fin avril.


