Crash d’hélicoptère sur l'émission «Dropped» : quatre personnes et la société de production seront jugées en correctionnelle pour homicides involontaires
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Crash d’hélicoptère sur l'émission «Dropped» : quatre personnes et la société de production seront jugées en correctionnelle pour homicides involontaires Par Le Figaro avec AFP Le 22 mai 2026 à 18h44 Sujets Homicide procès Crash Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Photo d’illustration. Aerial Mike / ADOBE STOCK Trois des producteurs de l’époque et un responsable de sécurité sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Paris, à une date qui n’est pas encore fixée, onze ans après le crash d’hélicoptères qui a coûté la vie à dix personnes lors du tournage de l’émission en Argentine. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Plus de onze ans après les dix morts dans un crash d'hélicoptères lors du tournage de l'émission «Dropped« en Argentine, quatre personnes et la société de production, en tant que personne morale, seront jugées en correctionnelle pour homicides involontaires. Trois des producteurs de l'époque et un responsable de sécurité sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Paris, à une date qui n'est pas encore fixée, a appris l'AFP vendredi de sources proches du dossier. Parmi les victimes figuraient notamment trois sportifs français de haut niveau, la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat. Cinq membres français de la production et deux pilotes argentins avaient également été tués. Hubert Arthaud, frère de celle qu'on surnommait «la petite fiancée de l'Atlantique», se réjouit auprès de l'AFP qu'il n'y ait pas qu'une personne morale renvoyée en correctionnelle, mais aussi des personnes physiques. Passer la publicité Publicité «C'est tout à fait normal, parce que derrière une société, il y a des personnes physiques qui ont pris la décision de faire passer la sécurité au deuxième plan», déplore-t-il. «Le premier plan, c'était le coût financier, faire des économies», dénonce M. Arthaud, qui fustige un «amateurisme» et «une chasse à l'image, en voulant faire voler deux hélicoptères en tandem». M. Arthaud avance que le procès pourrait se tenir «au premier semestre 2027». «Totalement improvisé» Cette ordonnance de renvoi en correctionnelle «acte l'absence de contrôle et de surveillance d'ALP (société de production) et de ses dirigeants sur le choix des pilotes, la nature du vol - particulièrement dangereux et totalement improvisé - et l'incompétence de la société censée assurer la sécurité du tournage», brosse pour l'AFP Me Solenn Le Tutour, avocate de familles de victimes. «C'est une longue page d'investigations qui se tourne pour les familles qui vont enfin pouvoir faire toute la lumière sur les causes du décès de leurs proches», souligne cette avocate. Le 9 mars 2015, le tournage de «Dropped», jeu d'aventures prévu pour diffusion l'été suivant sur TF1, avait tourné au drame : deux hélicoptères Écureuil étaient entrés en collision en plein vol avant de s'écraser, dans la province argentine de la Rioja. L'accident avait eu lieu au départ de ce vol rapproché à basse altitude, visant à ce que le cameraman d'un appareil filme l'autre. Les candidats, eux, devaient être largués dans des zones isolées, puis avaient 72 heures pour retrouver la civilisation. Les mis en cause sont renvoyés en correctionnelle pour la validation d'un budget alloué aux moyens aériens au détriment de la sécurité ou encore la sélection des hélicoptères et des pilotes sur des critères ne correspondant pas aux besoins effectifs, selon des éléments dont l'AFP a eu connaissance. Erreur de pilotage Il est aussi reproché au responsable de la sécurité de ne pas avoir vérifié si les deux pilotes avaient déjà volé ensemble, entre autres. «Les équipes d'ALP (société de production) demeurent bouleversées par ce drame. Si elles respectent et comprennent la douleur des familles, elles restent déterminées à démontrer que tous les moyens matériels et humains ont été mis en place pour assurer la sécurité du tournage», commentent auprès de l'AFP Mes Mathias Chichportich et Clara Gérard Rodriguez, avocats de la production. Passer la publicité Publicité Pour ces conseils ce renvoi en correctionnelle «signifie que les magistrats estiment nécessaire la tenue d'un procès mais en aucun cas une quelconque déclaration de culpabilité». Après l'accident, deux enquêtes judiciaires avaient été ouvertes, en Argentine et en France. Vidéos et témoignages ont vite mis en cause une erreur de pilotage, hypothèse accréditée fin 2015 par la Direction d'enquête des accidents de l'aviation civile (Jiaac), l'équivalent argentin du Bureau d'enquêtes et analyses (BEA). Mais la Jiaac pointait aussi d'autres défaillances : «Lacunes dans la planification» du vol, utilisation dans un cadre commercial d'hélicoptères publics, imprudences de pilotage pour des séquences spectaculaires.


