Climat : l’administration Trump annule un rapport sur l’Arctique Par Le Figaro avec AFP Publié le 13/08/2026 à 07h39 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Etats-Unis Donald Trump Arctique Lire dans l’app Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Écouter l’article 3 min 59 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Le président américain Donald Trump regarde alors qu’il s’adresse aux membres des médias après avoir débarqué de l’Air Force One à la base conjointe Andrews, Maryland, États-Unis, le 11 août 2026. Kylie Cooper / REUTERS Ce rapport annuel sur l’Arctique, une référence dans le monde de la recherche, était publié chaque année depuis 2006, y compris jusqu’en décembre dernier, alors que l’administration Trump était déjà au pouvoir. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Le gouvernement américain de Donald Trump a reconnu cette semaine avoir annulé la publication d'un rapport de référence sur l'état de l'Arctique, un coup de plus porté à la recherche sur le climat aux États-Unis. Cette offensive contre la science environnementale s'est aussi illustrée ces derniers jours par le retrait d'un chapitre sur le changement climatique d'un ouvrage utilisé par les juges du pays, une dynamique qui inquiète la communauté scientifique. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Publié depuis 2006 Ce rapport annuel sur l'Arctique, une référence dans le monde de la recherche, était publié chaque année depuis 2006, y compris jusqu'en décembre dernier, alors que l'administration Trump était déjà au pouvoir. Mais en 2026, la branche de l'État fédéral qui pilote ce rapport, l'Agence d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), a décidé qu'elle ne le publierait pas. «La coordination du rapport sur l'Arctique 2026 ne sera pas faite par la NOAA», peut-on lire dans un communiqué qui ne donne pas de raison justifiant cet arrêt brutal. Passer la publicité Publicité «Ils imposent l'ignorance» alors que «l'Arctique est un baromètre du changement climatique», s'indigne auprès de l'AFP Rick Spinrad, un ancien patron de la NOAA. Le rapport de décembre 2025 informait que cette zone de glace autour du Pôle Nord avait vécu son année la plus chaude jamais enregistrée. «L'Arctique est la région de la planète qui se réchauffe le plus rapidement», souligne à l'AFP Twila Moon, l'une des trois auteurs du rapport ces dernières années, qui a appris la nouvelle lundi. Cette chercheuse à l'Université du Colorado à Boulder se dit «extrêmement déçue» de cette décision, «c'est une erreur de ne pas maintenir le leadership et les compétences de la science climatique américaine». Elle indique cependant qu'elle travaille, avec d'autres co-auteurs, à «trouver une voie pour parvenir à publier un rapport sur l'Arctique en 2026» sans le soutien du gouvernement fédéral. «Un passage en revue» Ceci n'est que le dernier exemple en date d'un gouvernement déterminé à s'en prendre à la recherche qui documente les impacts du changement climatique d'origine humaine. La semaine passée, les Académies nationales des Sciences, de l'Ingénierie et de la Médecine, un organisme scientifique de renom qui se veut indépendant, ont retiré de son site un chapitre sur le changement climatique d'un ouvrage de référence à destination de la justice qui avait suscité l'ire du président américain. Donald Trump avait qualifié mi-juillet ce chapitre de «biaisé et trompeur» et accusé cette institution d'être aux mains des «démocrates d'extrême gauche». Les Académies ont reconnu avoir retiré ce passage qui, selon elles, «mérite un passage en revue» qui doit s'achever «à l'automne.» C'est pourtant cette même institution qui a publié mi-juillet un rapport concluant à la fiabilité des études attribuant des événements météo extrêmes, comme les vagues de chaleur ou les pluies diluviennes, au changement climatique d'origine humaine. «Ils essayent vraiment d’enterrer la science» Le retrait du chapitre à destination du monde judiciaire inquiète Carly Phillips, de l'ONG environnementale Union of Concerned Scientists. «Les juges ont besoin d'information scientifique fiable à propos du changement climatique afin de pouvoir étudier les dossiers sur le fond», a-t-elle dit à l'AFP. Plus tôt cette année, l'administration Trump a abrogé le texte qui servait de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, lui permettant d'assouplir la régulation sur les émissions des véhicules. Passer la publicité Publicité Elle a aussi essayé de démanteler un laboratoire du Colorado qui est une référence mondiale pour la science du climat et la météo, mais a été freinée par une décision de justice. «Ils essayent vraiment d'enterrer la science», reprend auprès de l'AFP Michael Mann, climatologue à l'Université de Pennsylvanie et auteur d'un récent livre sur le sujet. «Avec l'accumulation des preuves et un été qui montre aux gens, avec les incendies et les canicules, les conséquences du changement climatique, c'est une peine perdue», tente d'espérer Michael Mann. «Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas continuer d'essayer.»
المصدر: Le Figaro
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